Mon compte
    Cannes 2016 - Park Chan-wook : "C'est grâce à deux femmes que Mademoiselle est né"
    Maximilien Pierrette
    Journaliste cinéma - Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans FanZone.

    De retour en Compétition pour la première fois depuis "Thirst", en 2009, Park Chan-wook a fait forte impression avec le très réussi "Mademoiselle", dont il nous a parlé peu après la projection.

    Bestimage

    Devancé par Michael Moore en 2004, au grand dam du Président Quentin Tarantino, Park Chan-wook pourrait faire mieux qu'Old Boy et décrocher sa première Palme d'Or, si le Jury a été aussi emballé que les spectateurs présents à la projection de Mademoiselle (The Handmaiden) ce samedi 14 mai. En attendant, le réalisateur est revenu avec nous, quelques heures après, sur ce long métrage dont les très belles scènes de sexe n'ont pas fini de faire parler.

    AlloCiné : Qu'est-ce qui vous a conduit à adapter ce roman de Sarah Waters ?

    Park Chan-wook, réalisateur : C'est la femme de mon producteur, Syd Lim, qui lui a fait découvrir le livre en lui demandant pourquoi il n'en ferait pas un film. Et il est donc venu me voir avec, de la même façon qu'il m'avait fait découvrir la bande-dessinée dont j'ai tiré Old Boy. J'ai donc lu le roman et je l'ai mis de côté, avec l'intention de l'adapter plus tard, car j'avais un autre projet à Hollywood. Mais celui-ci n'a pas abouti car nous ne trouvions pas d'investisseurs, et c'est ma femme qui m'a suggéré de revenir vers ce livre. C'est grâce à deux femmes que ce projet est né.

    Jusqu'à Old Boy, les femmes étaient plus discrètes, plus secondaires (...) Depuis, les femmes de mes films prennent plus d'initiatives.

    D'où cette envie de montrer des femmes fortes à l'écran...

    Bien sûr ! Jusqu'à Old Boy, les femmes étaient plus discrètes, plus secondaires. Et c'est au moment de réaliser un troisième film sur la vengeance que j'ai eu l'idée de mettre une femme en scène, et de là est né Lady Vengeance. Depuis, les femmes de mes films sont plus dynamiques et prennent plus d'initiatives. Ce sont des héroïnes.

    Vous a-t-il été difficile de trouver celles de votre film, et notamment l'interprète de Sookee dont c'est le premier rôle au cinéma, à cause des scènes de sexe ?

    Kim Tae-Ri, qui joue Sookee, avait fait des pièces de théâtre auparavant, donc elle avait une certaine connaissance du métier d'actrice. Et je l'ai choisie au terme d'une audition, parmi 1500 candidates. Donc je n'ai pas vraiment eu de difficulté à trouver l'interprète du personnage. Et dès le début, je les ai prévenues de ce que je voulais faire, et j'ai discuté avec les actrices pour qu'elles comprennent mon intention et le scénario, que je leur ai détaillé du début à la fin. Grâce à cela, je n'ai pas rencontré de difficultés avec elles pendant le tournage.

    La bande-annonce de Mademoiselle de Park Chan-Wook, en lice pour la Palme d'or

    Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Cannes le 14 mai 2016

    FBwhatsapp facebook Tweet
    Sur le même sujet
    Commentaires
    Back to Top