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    Un sac de billes, Au revoir les enfants, La Traversée de Paris... Portrait de la France en guerre en 9 films
    17 janv. 2017 à 19:00
    Olivier Pallaruelo
    Olivier Pallaruelo
    -Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
    Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

    La défaite, l'Occupation, la Collaboration, la Résistance, survivre au quotidien... Portrait de la France à travers huit thèmes et neuf films, à l'heure où "Un sac de billes" sort sur nos écrans.

    D.R.

    La Traversée de Paris

    L'histoire du film

    Sous l'Occupation, Martin, brave homme au chômage, doit convoyer à l'autre bout de Paris quatre valises pleines de porc. Son acolyte habituel ayant été arrêté, il fait appel à un inconnu, Grandgil. Mais celui-ci se révèle vite incontrôlable et le trajet périlleux. Au terme de leur périple, Martin découvrira que Grandgil est un peintre connu qui s'est offert le luxe d'une petite aventure. Ils finiront par se faire arrêter et Martin paiera seul le prix de cette traversée.

    De la fiction à la réalité

    Adapté de l'oeuvre de Marcel Aymé, La Traversée de Paris de Claude Autant-Lara (qui signera un autre film sur le même thème avec l'injustement méconnu Les Patates en 1969) dresse un portrait acerbe de français prêt à tout pour trouver de quoi subsister, tandis que d'autres s'enrichissent en vendant à prix d'or les denrées alimentaires sur le marché noir. On les connaîtra plus tard sous l'appelation péjorative de B.O.F., acronyme de "Beurre Oeuf Fromage", parce c'est ce qui était le plus demandé.

    Pendant l'Occupation, les ressources et la nourriture étaient limitées pour les français, qui devaient subir le rationnement. La ration alimentaire était définie selon les besoins minimums de chacun, mais elle était souvent insuffisante, surtout dans les villes. Entre 1940 et 1941, la liste des denrées rationnées s'est allongée. Après le pain, c'est le sucre, puis le beurre, la viande, le café, la charcuterie, les oeufs, l'huile, le chocolat, le poisson frais, le lait et, enfin, les pommes de terre. Au cours du premier hiver les Français sont relativement favorisés pour les rations. Ils ont, par mois, 450 g de beurre et 1 kilo de viande, et par jour 350 g de pain. Mais ils sont peu à peu amenés à la portion congrue au cours des années suivantes : 150 g de beurre en 1943 et 50 g en 1944; 400 g de viande ; 275 g de pain ensuite.

    Les possesseurs de cartes d'alimentation, soit 40 millions de Français (dont le plus connu, le maréchal Pétain, qui avait la carte n° 50 084 T), devaient tenir une vraie comptabilité de leur consommation. Entre le moment de l'inscription pour une denrée et celui de la distribution, il s'écoulait souvent des semaines, parfois des mois. Il fallait donc veiller à ne pas perdre ces tickets de rationnement. Leurs pertes, surtout dans les foyers modestes, était un véritable drame. Les français devaient donc se tenir régulièrement au courant des déblocages de rations alimentaires, annoncés par la Presse ou l'épicier de quartier; mais aussi tenir à jour leurs inscriptions, réfléchir à l'heure à laquelle commencait la queue favorable, ou parfois marchander une fausse carte de pain moins chère qu'une vraie, mais difficile à faire passer...Survivre au quotidien.

    La bande-annonce de La Traversée de Paris :

     

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