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    Oscars 2018 : le Women Media Center dénonce le "peu de progrès" pour la cause des femmes
    3 mars 2018 à 10:00
    Olivier Pallaruelo
    Olivier Pallaruelo
    -Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
    Biberonné par la VHS et les films de genres, Olivier Pallaruelo délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

    Une nouvelle étude menée par le Women’s Media Center, organisme à but non lucratif fondé en 2005, révèle le peu de progrès faits concernant la cause des femmes dans l'industrie du cinéma.

    Organisme à but non lucratif fondé en 2005 par Jane FondaRobin Morgan et Gloria Steinem, le Woman Media Center (WMC) s'est donné pour but de rendre les femmes davantage visibles au sein de la sphère des Médias au sens large, que ce soit sur les chaînes de TV, dans les séries TV, au cinéma, dans les jeux vidéo, le journalisme... En 2015, dans la foulée de la dénonciation du sexisme à Hollywood, l'organisme avait pointé des chiffres éloquents sur les énormes disparités entre hommes et femmes. En 2013 par exemple, à peine 25,3% des femmes tenaient le premier rôle d'un film, contre 74,7% pour les hommes. Chez les scénaristes, les femmes ne représentaient que 12,9% en 2013, contre un écrasant 87,1% d'hommes. La réalisation ? Pas mieux, sinon pire : en 2013, 6,3% des réalisateurs étaient des femmes. Deux ans auparavant, elles étaient 4,1%; soit une progression d'à peine 2,2% en deux ans. A ce rythme là, il faudrait attendre des décennies pour voir un rééquilibrage...

    Qu'à cela ne tienne : à quelques jours de la vitrine médiatique que représentent les Oscars, doublé de toutes les polémiques / scandales qui ont secoué Hollywood ces derniers mois et plus largement l'industrie de l'Entertainment, le WMC profite logiquement de cette énorme caisse de résonnance pour dévoiler une nouvelle étude, expliquant le "peu de progrès" effectué pour la cause des femmes, notammment sur les nominations cette année aux Oscars, pointant que "77% des nominations concernent les hommes".

    "En dépit des efforts menés par les femmes et leurs soutiens pour tendre vers une plus grande représentativité dans tous les secteurs d'activité de l'industrie de l'Entertainment, les femmes n'occupent que 23% des nominations sur les 19 catégories autres que l'Acting, contre 77% pour les hommes" précise le rapport, consultable ici. Les femmes sont totalement exclues de trois catégories cette année : musique originale, montage sonore et effets visuels. Dans toute l'histoire des Oscars, cinq femmes à peine ont été nominées dans la catégorie "musique originale", et, ces dix dernières années, il n'y a eu qu'une seule nomination : celle de Mica Levi pour son travail sur Jackie.

    "Une fois de plus cette année, aucune femme n'est nominée dans la catégorie des effets visuels. Les femmes chargées de superviser les SFX n'ont travaillé que sur à peine 5% des 250 plus gros films en 2014, et ce chiffre ne progresse pas. Aucune femme n'est nominée cette année pour le montage sonore et, ces dix dernières années, seules huit personnes sur les 99 nominées dans cette catégorie étaient des femmes, dont trois l'année dernière".

    Le rapport poursuit un peu plus loin : "Rachel Morrison a brisé le plafond de verre en ce qui concerne la direction de la photographie [NDR : elle est nominée cette année pour la Meilleure photo pour le film Mudbound; elle est aussi la directrice de la photo sur Black Panther], et nous applaudissons sa performance historique. Nous sommes aussi très fières de tous les efforts faits par ces femmes qui continuent de se battre pour faire sauter ces barrières dans l'industrie du film, en dépit de pratiques culturelles systémiques". Avant de tirer un coup de chapeau à Greta Gerwig, la réalisatrice de Lady Bird, qui devient la 5e réalisatrice nominée dans la catégorie "Meilleur réalisateur / trice", succédant ainsi à Kathryn Bigelow qui avait remporté l'Oscar pour son brillant Démineurs. Et c'est déjà loin : 2010...

    L'étude, très intéressante d'ailleurs, est consultable en intégralité ici.

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    Commentaires
    • Chocasse
      Des chiffres qui ne sont pas parlant, on ne prend pas en compte le nombre de candidats, le mérite, la volonté des réalisateurs de vouloir tel choix de scénario et non pas en fonction du sexe du scénariste ...
    • Nicolas R.
      Le problème ce n'est pas qu'elles sont moins nombreuses à être nominées mais sûrement beaucoup moins nombreuses à exercer dans les domaines évoqués. D'un autre côté, sur combien d'hommes travaillant sur des films, combien ont la chance d'être nommés aux Oscars ?
    • Housecoat
      Techniquement, quand on franchit des portes qui sont ouvertes et qui ne constituent de facto aucun obstacle, on va trop loin ^^
    • Wingnut7
      Une nouvelle statistique aussi, sur 3 commentaires pour l'instant de l'article, il semble que ce soit des hommes seulement. Pourtant, on parle de femmes, non?
    • Cuderoy
      23% des nominations sur les 19 catégories autres que l'Acting, contre 77% pour les hommesJ'espère que vous vous êtes pas trop fait mal au crâne pour le calcul...Une fois de plus cette année, aucune femme n'est nominée dans la catégorie des effets visuels. Les femmes chargées de superviser les SFX n'ont travaillé que sur à peine 5% des 250 plus gros films en 2014, et ce chiffre ne progresse pas. Aucune femme n'est nominée cette année pour le montage sonore et, ces dix dernières années, seules huit personnes sur les 99 nominées dans cette catégorie étaient des femmes, dont trois l'année dernière.Ok, vous auriez pas le pourcentage homme/femme travaillant dans le HMC par hasard qu'on rigole ? Ah bah si, ils l'ont, en Costume Design on est à 50% cette année contre des nominations intégralement féminines l'année dernière, ce qui est souligné dans l'étude en rouge. Pour des gens qui crient à la parité, ne devraient-elles pas se réjouir de voir une catégorie perdre son monopole ? Apparemment non...Et puis avant d'avancer des chiffres pareils, regardez peut-être quel sexe se trouve sur les bancs des écoles d'animatronique ou de son aux US qui n'ont aucune raison de préférer les hommes aux femmes. Peut-être qu'il va dans votre sens mais en l'absence du dit chiffre, ce qui est énoncé ici n'a aucune valeur.L'étude vient quand même dire que malgré de bon accueils critiques, Patty Jenkins pour Wonder Woman n'arrive pas à avoir sa nomination... Sans rire, on est où là ? Vous voulez qu'on nomine selon les scores Rotten Tomatoes en fait c'est ça ? Niveau crédibilité, tout de suite, ça passe moins bien.Par ailleurs, l'étude n'essaie jamais dans ses 11 pages de trouver l'origine du problème. Elle constate, c'est bien mais insuffisant. Je note 2-3 choses très intéressantes quand même :- La disparité sur le documentaire semble bien moindre que sur la fiction, il y a peut-être quelque chose à creuser de ce coté.- La répartition sur l'écriture entre un scénario adapté et original est trop grande pour être anodine. Il est précisé par ailleurs que ce sont des premières écritures pour toutes les femmes. A voir si dans les années futures la tendance se tient ou si cette année est une exception.- Les chiffres sur les compositions originales font quand même peur. Quand on voit le nombre de musiciennes incroyablement douées, le fait qu'aucune femme ne semble vraiment se diriger vers la composition est étrange.
    • Ha'Otep
      Donc elles font des études pour nous montrer un truc qu'on est capable de voir en regardant la liste des nominés ?Et après elles se demandent pourquoi il y a pas plus de femmes ? forcément si elles ont l'habitude d'enfoncer des porte ouverte elles iront pas bien loin :D
    • Wingnut7
      Il existe un sexisme latent bien sûr, par contre vouloir un équilibre parfait c'est pas possible à mes yeux. La liberté de choix, de choisir la voie de scénariste, réalisation...est aussi dépendant du voeux des gens. Et si y'a moins de femmes dans ces catégories, peut être que c'est aussi car il y a moins de candidates.Le sait-on ça? Y'a -t-il une parité parfaite dans les écoles de cinéma américaines? Avant que de générations de gamines découvrent une passion pour le cinéma dans un monde où elles sont entrain de se libérer dans leurs choix ne prend-il pas du temps?C'est facile de faire les stats sur le machisme ambiant, mais que les rôles soient tenues par des hommes en majorité quand c'est des hommes qui racontent des histoires, je comprend bien qu'on est des hommes en majorité dans les films. Après, il y a encore de l'amélioration mais arrêtons de crier au scandale.Je vois de plus en plus de films avec des rôles féminins intéressants, bad-ass, drôles, touchants, poignants et bien d'autres. On kiffe autant les héroïnes que les héros, en tout cas pour moi. C'est le personnage qui fait le succès et la qualité du travail.C. Fisher était de ces actrices qui ont fait beaucoup et qui ont montré qu'elles pouvaient avoir un vrai rôle. Les mondes des hommes est assez impitoyable déjà entre eux, et il faudrait déroulé le tapis rouge et les pass VIP pour les femmes?
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