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    Chien, Le Sens de la Fête, Pour le réconfort… 1 an avec Vincent Macaigne
    Par Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Paris le 1er mars 2018 — 14 mars 2018 à 19:30

    De "Chien" au "Sens de la fête", en passant par son premier long métrage en tant que réalisateur "Pour le réconfort", Vincent Macaigne fait le point sur son année 2017, à l'occasion de la sortie du film de Samuel Benchetrit.

    POUR LE RÉCONFORT
    UFO Distribution

    Vincent Macaigne réalisateur, c'est ce que le Festival de Cannes et l'ACID ont découvert en mai dernier, lorsque l'acteur est venu présenter Pour le réconfort, long métrage mis en scène par ses soins mais dans lequel il ne joue pas. Quelques mois après la présentation sur la Croisette, il est l'heure de faire le bilan pour ce film sorti fin octobre sur les écrans français.

    Quel bilan tirez-vous du parcours du film en salles ?
    Le parcours était un peu fou. C'est un tout petit film né à l'ACID, puis distribué dans très peu de salles. Mais il a fait un beau parcours car pas mal de gens sont allés le voir [32 665 spectateurs en tout, avec un pic à 49 copies entre le 22 et le 28 novembre, ndlr]. On ne s'y attendait pas. Il n'y a pas non plus eu un million de personnes, mais beaucoup plus que ce qui était prévu par le distributeur.

    Est-ce qu'il y avait un objectif précis d'entrées à atteindre ?
    Oui et non : comme les distributeurs sortent le film et mettent de l'argent dedans, ils investissent en fonction de ce qu'ils prévoient. Et je pense que nous avons fait plus d'entrées que ce qui était prévu.

    Vous avez beaucoup soutenu et accompagné ce film lors de sa carrière en salles, en allant à la rencontre des spectateurs pour des sessions de questions/réponses à l'issue des séances. Qu'est-ce qui vous a marqué dans leur accueil et ce qui ressortait de ces discussions ?
    C'était très beau, et les gens se mettaient souvent à débattre entre eux. C'était pour moi le but du film et je trouve qu'il a vraiment réuni des générations et des gens d'origines sociales très différentes. Je ne pensais pas que ça pourrait autant rassembler. Et c'est un film sur les classes sociales, donc les gens évoquaient leurs situations personnelles, débattaient ensemble et on finissait par aller boire des verres après. Il y a eu des recontres, mais pas forcément entre les gens et moi. Il a aussi permis aux spectateurs de se rencontrer entre eux. Et je trouve ça beau.

    Vous vous attendiez à ce que le film parle autant aux gens ?
    Non. Je ne pensais pas qu'il parlerait à autant de gens différents.

    Le fait d'avoir présenté "Pour le réconfort" à Cannes vous a-t-il rendu plus confiant par rapport au film et votre façon d'en parler, et incité à participer à ces séances ?
    Oui car c'est un film qui n'avait vraiment pas d'argent. Et encore : on parle de ces films qui n'ont pas d'argent, mais moi je n'avais vraiment pas un sou. Je l'ai fait avec un caméscope, avec rien. Il était compliqué sur le plan économique et nous avions plein de doutes dessus. Le fait qu'il aille à Cannes a permis d'enlever les doutes de plein de gens, et aussi de ceux qui devaient le porter. Ça a cautionné quelque chose et amené le film dans une autre dimension. Il reste bien évidemment un film d'auteur, mais ça l'a poussé et rendu, bizarrement, regardable. Ce qui est dommage, c'est qu'il n'y ait pas d'autre équivalent du Festival de Cannes. Même en termes de planning, car les films se précipitent pour y être.

    Il faudrait aussi plus qu'équivalents de l'ACID, pour permettre aux petits films mis en avant de ne pas être noyés entre deux longs métrages de la Compétition.
    C'est vrai et c'est très important le travail que fait l'ACID. C'est primordial même, mais ils sont les seuls à le faire, ce qui est fou. Ils sélectionnent neuf films par an, c'est rien. Et je remarque que deux des cinéastes avec lesquels j'ai travaillé, Justine Triet pour La Bataille de Solférino ou Sébastien Betbeder pour 2 automnes 3 hivers, sont nés là-bas. On retrouve là-bas la vigueur qui devait être celle de la Quinzaine des Réalisateurs il y a longtemps, quand il y avait Fassbinder.

    Ce bilan vous a-t-il donné envie de travailler sur un second long métrage ?
    Oui mais là je sors de plein de choses. J'ai aussi fait trois mises en scène de théâtre ["Idiot !", "Je suis un pays" et "En manque", ndlr], donc j'ai été un peu pris, et je dois finir de retranscrire la pièce "Je suis un pays" pour une publication. Et c'est ensuite que je m'attaquerai à l'écriture d'un nouveau film.

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