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    Sexisme à Hollywood : "Les femmes n’ont pas le droit à l’erreur" dénonce la réalisatrice Penelope Spheeris
    15 mars 2019 à 12:45
    Clément Cusseau
    Clément Cusseau
    -Rédacteur
    Après des études en école de cinéma, Clément Cusseau intègre la rédaction d’AlloCiné en 2011. Il est actuellement spécialisé dans les contenus streaming et l’actualité des plateformes SVOD.

    La réalisatrice Penelope Spheeris ("Wayne’s World") est revenue au micro de nos confrères américains du A.V. Club sur les raisons qui l’ont poussée à quitter définitivement le milieu hollywoodien.

    Valerie Macon/Getty Images North America

    "A Hollywood, les femmes n’ont pas le droit à l’erreur." Au cours d’un entretien accordé au média américain The A.V. Club, la réalisatrice Penelope Spheeris est revenue avec véhémence sur les raisons de son départ définitif du milieu hollywoodien. "Hollywood s’est changé en quelque chose dont je ne voulais pas faire partie. C’est beaucoup trop laid. Personne n'a d'ami à Hollywood, c'est un monde solitaire, en particulier pour les femmes."

    Usée par le sexisme et par la pression constante mise sur les femmes, la cinéaste a donc décidé de mettre sa carrière entre parenthèses, sans une once de regret : "Oliver Stone peut être impliqué dans un accident de voitures et être arrêté pour consommation de drogues, puis réaliser Alexandre. Mais nous ne pouvons pas faire ça, nous. Les femmes n’ont pas le droit à l’erreur. (…) On ne peut pas se planter lorsque l’on est une femme. A la moindre erreur, notre carrière est finie."

    Très active dans les années 90, on lui doit notamment la comédie culte Wayne’s World, Penelope Spheeris s’est également remémorée sa collaboration houleuse avec les frères Weinstein lors du tournage de son film Supersens : "Ils n’ont cessé de réécrire le scénario, encore et et encore. Je leur ai dit 'Les gars, cela ne fonctionne pas. Arrêtez de réécrire le film. Laissez-moi faire le film pour lequel j’ai signé.' Mais ils ont continué, et j’étais contractuellement obligée de leur obéir. A un moment donné, je me suis opposée à Bob Weinstein qui m’a répondu 'C’est mon putain d’argent, donc je le dépense comme j’en ai envie.' Que répondre à cela ?"

    Quant à un éventuel sur le chemin des plateaux de tournage, la cinéaste est aussi claire que catégorique : "Travailler pendant un an sur un film pour gagner 50 000$ ? Qu’ils aillent se faire foutre !"

    La bande-annonce de la comédie culte Wayne's World avec Mike Myers :

    Wayne's World Bande-annonce VO
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    Commentaires
    • ServalReturns
      Ouin ouin snif snif c tro dur d'ètre une réalisatrice à hollywood
    • David D.
      Pour commencer, merci madame pour wane's world qui m'a bien fait rire pendant mes jeunes années.Par contre, ils me semble que ce qui est reproché dans ces propos est certe une hantise pour un/une cinéaste, mais ne s'applique pas seulement aux femmes et pas non plus juste à Hollywood.Certains sont tellement bankable qu'ils ont la chance d'avoir le contrôle complet sur leurs projets (et d'ailleurs les produisent eux même pour être tranquille) mais la grande majorité doit plier sous l'avis des producteurs constamment.C'est la raison pour laquelle le cinéma indépendant existe je suppose non?
    • srechm
      Ce qui me choque c'est qu'elle dise d'aller ce faire f..tre pour un salaire de 50 000$ pour 1 an de travail !! comme si les réalisateurs bossaient juste pour 1 film !ça fait quand même plus de 4100 $ par mois !! qui peut prétendre à ce genre de salaire à part des stars dans l'univers du film, par-ce que dans nos vies à nous on serait bien comptant de les avoir ces 4100 € part mois....
    • MickDenfer
      Ce n'est pas mieux maintenant ?
    • Hunnam29
      Oui, globalement le public a un entonnoir dans la bouche et ingurgite toute la soupe qui sort d'Hollywood. Ces derniers temps c'est flagrant, les recettes explosent de plus en plus. Jamais les producteurs comme Disney n'ont été aussi heureux je pense, de constater que la demande est de ce niveau. Ils peuvent proposer une offre simple, sans sortir des sentiers battus, jusqu'à même leur catalogue de dessin animé passé en film live bourré de CGI. Et tout ça est en train de leur rapporter vraiment de plus en plus de sous. Et les sites comme Allociné suivent la démarche, en jouant le jeu à 300% (en touchant des sous certainement aussi). Villeneuve fait en effet parti des quelques réalisateurs qui ne nous font pas perdre espoir dans le blockbuster.
    • Sicyons
      C'est une pratique qui n'a rien de nouveau. La différence est qu'auparavant on prenait un yes-man pour réaliser un film sans grande créativité, uniquement destiné à faire des brouzoufs, pour faire la suite d'un film à succès si le réal original ne voulait pas rempiler, ou un obscure spin-off destiné à profiter d'une oeuvre à succès. Maintenant on fait ça pour les plus gros blockbusters. Les films de super-héros en sont une preuve éclatante. Pour un de ces films profitant d'un Nolan ou d'un Bryan Singer, combien de film réalisés par des yes-men interchangeables sans aucun style ni aucune volonté de prise de risques.Et le public en redemande. Au point que quand certains essaient de sortir des sentiers battus ils sont ignorés ou pire, on leur crache dessus. J'en viens à me dire que c'est le public qui a changé, en fin de compte. Un Spielberg ou un Zemeckis, ça se mérite. On en a pratiquement plus (même si Denis Villeneuve m'enthousiasme beaucoup).
    • Hunnam29
      Ils n’ont cessé de réécrire le scénario, encore et et encore. Je leur ai dit 'Les gars, cela ne fonctionne pas. Arrêtez de réécrire le film. Laissez-moi faire le film pour lequel j’ai signé.' Mais ils ont continué, et j’étais contractuellement obligée de leur obéir.C'est ce qui s'passe dans pas mal de blockbuster du moment pour ne pas les citer, et ce n'est pas pour rien qu'ils prennent de plus en plus des réalisateurs inconnus qui font office de Yes Man pour les producteurs.
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