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    The L Word sur Canal+ séries : que vaut le reboot Generation Q ?
    Par Jean-Maxime RENAULT (@J_M_Renault) — 8 déc. 2019 à 18:15
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    10 ans après la fin de "The L Word', "The L Word : Generation Q" propose une relecture moderne des aventures d'un groupe de lesbiennes à Los Angeles, plus inclusive mais toujours pas parfaite. Ce reboot était-il nécessaire ?

    De quoi ça parle ?

    Elles ont la quarantaine ou pas encore trente ans. Elles sont lesbiennes et fières de l’être, même si ce n’est pas toujours facile. Amours, déconvenues, épreuves et réussites, leur vie dans la Cité des Anges n’a décidément rien d’un long fleuve tranquille...

    A l'heure US sur Canal+ Séries à partir du 9 décembre. 3 épisodes vus sur 8.

    A quoi ça ressemble ?
    The L Word: Generation Q - saison 1 Teaser VO

     

    ça vaut le coup d'oeil ?

    Entre la fin de The L Word et son reboot Generation Q, 10 ans ont passé et aucune autre série sur un groupe de lesbiennes n'a émergé, aux Etats-Unis ou ailleurs. Les britanniques ont eu Lip Service, qui n'a pas duré et n'a pas marqué les esprits; et c'est bien tout. En revanche, plusieurs personnages lesbiens ont réussi à se faire une place dans le coeur des téléspectateurs dans des programmes destinés à un public plus large, de Callie et Arizona dans Grey's Anatomy à Alex, Nicky, Piper et Poussey dans Orange is the new black, en passant par Nomi et Amanita dans Sense8 ou encore Andréa et Colette dans Dix Pour Cent chez nous. Une belle avancée donc, même si du chemin reste à parcourir. C'est dans ce contexte que The L Word, révolutionnaire en son temps et marquante pour toute une génération de lesbiennes en mal de représentation, fait son retour sur le petit écran, presque comme un aveu de défaite puisqu'aucune autre proposition n'a marché dans son sillage. Mais à une époque où tout est rebooté, pour le meilleur et pour le pire, on peut difficilement feindre la surprise. A noter que ceux qui ne sont pas familiers avec la série originale peuvent tout à fait se lancer.

    Plusieurs choix s'offraient aux producteurs, notamment, pourquoi pas, de délocaliser la série dans une autre ville, plus petite, mais c'est finalement bien à Los Angeles que la suite se déroule, et toujours dans les quartiers chics, dans de belles villas et avec des femmes aux physiques (très) avantageux. L'identification est d'emblée limitée. En revanche, un grand effort a été fait pour offrir plus de diversité, qui elle aussi a beaucoup évolué à l'écran en 10 ans. Generation Q inclut notamment des personnages transgenres, encore sous représentés à la télévision, et des femmes non-blanches, dont l'identité est explorée au-delà de leur genre. Côté coulisses, la showrunneuse historique Ilene Chaiken a passé le flambeau à la jeune scénariste Marja-Lewis Ryan, entourée de nombreuses femmes à la réalisation. Avec ses 30 ans de moins, elle insuffle une nouvelle énergie à la marque, et assure un changement dans la continuité en misant à la fois sur trois personnages emblématiques -Bette (Jennifer Beals), Shane (Katherine Moennig), Alice (Leisha Hailey)- et  trois nouvelles héroïnes dans la vingtaine, qui ne sont pas sans rappeler celles qu'elles étaient au même âge. 

    Derrière ce rajeunissement primordial et réussi, ce qui ne fonctionnait pas dans la série lancée en 2004 ne marche pas tellement plus en 2019, mais cela se voit encore plus. D'un point de vue scénaristique, elle est toujours aussi peu ambitieuse, et se complaît la plupart du temps dans du soap facile, pas fin, très hétéro-normé : tout le monde cherche à se caser, se marier, avoir des enfants. La seule intrigue qui se distingue réellement du lot est celle de Bette, qui se lance dans une campagne politique pour devenir la nouvelle maire de Los Angeles. Pas toujours bien exécutée, elle a le mérite d'offrir un enjeu fort à la saison, plus fort que la reconstruction de Shane après son divorce, la nouvelle vie d'Alice, désormais maman via les enfants de sa nouvelle compagne, nés d'une union précédente, ou le mariage pas encore célébré mais déjà tumultueux de Dani (Arienne Mandi). Des petites histoires sympathiques à suivre, certes, avec des personnages plutôt attachants, certes, mais la communauté LGBTQIA+ ne mériterait-elle pas des séries un peu plus complexes et originales sur le fond comme sur la forme ? Il faudra vraisemblablement s'en contenter. 

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    Commentaires
    • shimizu
      La vraie question est : est-ce qu'on saura enfin ce qui est réellement arrivé au personnage de Jenny Shecter, incarné par Mia Kirshner?
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