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    La Plateforme sur Netflix : que comprendre de la fin ?
    Par Mégane Choquet — 20 mars 2020 à 18:30

    Disponible sur Netflix ce 20 mars, La Plateforme est un thriller espagnol fantastique et angoissant qui pose beaucoup de questions. Alors que comprendre de la fin du film ?

    Festival Films

    Attention, spoilers. Les paragraphes suivants révèlent des éléments d’intrigue du film La Plateforme. Si vous ne voulez rien savoir, ne lisez pas ce qui suit.

    Après avoir fait sensation au TIFF (Toronto Internation Film Festival) en 2019, La Plateforme (El Hoyo, en espagnol), de Galder Gaztelu-Urrutia est disponible sur Netflix ce 20 mars. Entre Cube et Snowpiercer, le film nous plonge dans une sombre prison-tour, appelé "La Fosse", traversée en son centre par une dalle transportant des plats d’exception préparés par des chefs cuisiniers et descendant d’étage en étage pour nourrir les détenus. Ce système favorise les premiers servis et affame les derniers. Chaque prisonnier a le droit de prendre un objet pour sa détention et a 2 minutes pour manger ce qu’il peut sur la plateforme mais ne peut conserver aucune nourriture dans sa cellule qu’il partage avec un autre détenu.

    Dans La Plateforme, on suit l’histoire de Goreng (Iván Massagué), qui a volontairement intégré la prison-tour afin d’obtenir à sa sortie un brevet lui permettant de s’élever socialement. Il se réveille à l’étage 48 avec le livre et son co-détenu Trimagasi (Zorion Eguileor), un vieil homme enfermé pour meurtre. Pendant des mois, Goreng va tenter de survivre dans la Fosse où la seule loi qui domine est "manger ou être mangé" face à des prisonniers cannibales, violents, déviants et pervers. Mais l’homme va aussi rencontrer d’autres détenus à d'autres étages espérant un échappatoire ou un futur meilleur à l’image d’Imogiri (Antonia San Juan) et Baharat (Emilio Buale Coka), tout en cherchant l’enfant de Miharu (Alexandra Masangkay), caché dans la prison.

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    UNE FIN RÊVÉE OU RÉELLE ?

    Si La Plateforme est une satire sociale sur le comportement humain, le renversement de l’ordre établi et la lutte des classes, le film est aussi intimement lié à Don Quichotte, célèbre roman de Miguel de Cervantes, que Goreng choisit d’emmener avec lui comme seul objet dans sa cellule. En plus d’être semblable physiquement, Goreng et Don Quichotte se ressemblent dans leur combat de justice sociale contre une société espagnole dure. Il rencontre son Sancho Panza (Baharat) avec qui il se mue dans une posture de chevalier idéaliste lorsqu’ils descendent jusqu’au fond de la Fosse avec leurs barres de fer. Par ailleurs, les métaphores sur les faux-semblants et les faux espoirs de Goreng font penser à ceux de Quichotte entre la fille de Miharu qui rappelle les géants et la panna cotta qui rappelle les moulins.

    Là où le film peut nous perdre et amener sur différentes interprétations c’est sa temporalité et sa vérité. Est-ce que la petite fille de Miharu que Goreng et Baharat trouvent au tout dernier étage (le 333ème) est réelle ? Si c’est le cas, cela veut dire qu’Imogiri, ancienne employée de l’Administration (qui contrôle la Fosse) s’est elle aussi fait berner et ne savait pas que les enfants pouvaient être incarcérés comme elle l’explique à Goreng. Cela expliquerait aussi l’importance accordée à Miharu dans le récit et le fait qu’elle descende à chaque descente du plateau repas pour tuer des détenus et nourrir sa fille qui est devenue cannibale. On voit bien que la petite se nourrit de chair humaine lorsqu’elle en donne à Goreng. Cette vision optimiste voudrait dire que le message à l’Administration est bien passé : la petite fille, l’être le plus fragile de la prison a réussi à survivre au dernier étage en étant intacte, propre et en bonne santé.

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    Pourtant, une scène au milieu de film fait réfléchir sur la véracité de ce que vit Goreng à la fin. Une séquence dans la cuisine où l’un des hommes en charge des repas sermonne son équipe de cuisiniers sur un cheveu retrouvé sur la fameuse panna cotta. Puisque le film est composé de quelques flashbacks, l’entretien de Goreng notamment pour intégrer la prison-tour, il ne serait pas impossible que cette scène soit la fin du film et que la deuxième moitié du long-métrage soit l’acheminement vers cette séquence. Comme si les cuisiniers voyaient un plat être retourné par des clients de luxe pour un cheveu, ce qui serait encore plus cruel comme message et reviendrait une nouvelle fois à briser les barrières entre les pauvres et les riches, à l’image du système qui veut que chaque mois les détenus changent d’étage et soient riches de nourriture ou pauvres de nourriture à tour de rôle.

    Cela voudrait donc dire que Goreng, déjà bien amoché à voir les fantômes des morts, et Baharat auraient halluciné la présence de la petite fille et qu’ils auraient laissé la panna cotta et un de leurs cheveux dessus avant de mourir. La force du film La Plateforme, au-delà de ses divers messages sur la lutte des classes et la conscience humaine, est aussi un pamphlet sur un thème universel qu’on pourrait résumer à "l’enfer, c’est les autres". Le long-métrage aussi absurde qu’angoissant ouvre à différentes interprétations et réflexions sur notre état d’esprit face à cette histoire sordide dans un huis clos anxiogène et mortel.

    Et vous qu’avez-vous compris du film ?

    La Plateforme
    La Plateforme
    Sortie le 20 mars 2020 | 1h 34min
    De Galder Gaztelu-Urrutia
    Avec Ivan Massagué, Zorion Eguileor, Antonia San Juan, Alexandra Masangkay, Emilio Buale
    Presse
    3,4
    Spectateurs
    3,3
    Voir sur Netflix

    La bande-annonce de La Plateforme :

    La Plateforme Bande-annonce VO

     

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    Commentaires
    • prost k
      Bonjour, voici la version que j’ai compris : je pense que le réalisateur a voulu donner une image globale du monde d’aujourd’hui.Pour commencer l’administration ( pourquoi l’appeler l’administration ?) Je pense que ça fait référence à l’État il on le pouvoir de mettre des personnes en prison de donner des certificats pour s’élever socialement etc.Les cuisiner à mon avis font référence aux personnes haut placées de l’état qui règle des problèmes futiles ( comme un poil sur un pana cota) et qui ne voit pas la misère de ce monde.La femme employée qui fait référence au personnes qui travaille pour l’État (comme les policiers ou militaires) qui effectue des taches pour l’État sans forcément comprendre les vraies raisons de leurs missions à grande échelle.Ensuite les prisonniers qui font référence aux peuples où les pays riches qui sur-consomme pendant que les pays (ou personnes )pauvres meurt de faim alors qu’il y a suffisamment pour tout le monde.Le personnage principal montre qu’il y a des personnes bien dans ce monde et que tout le monde peut l’être.La petite fille montre qu’il faut forcément que des enfants soit touché pour que les personnes prenne vraiment conscience des choses horribles.Et enfin il n’y a pas de fin car il n’y en à pas non plus dans la vraie vie. Tout se répète génération après génération.
    • Benjamin D
      Bonjour à tous , je suis surpris que ma théorie ne soit pas déjà présentée. De ce fait, je m'en vais vous l'expliquer.Dans le film, il est bien répété qu'il n'y a pas de mineur depuis 25 ans de service de Imogiri afin que le spectateur intègre bien cette info.Miharu a donc accouchée ( enceinte avant incarcération ou viol sur place ) elle a cachée son enfant au seul endroit que personne ne souhaite aller, le 333 ème étage.Chaque jour, elle prend l'ascenseur pour descendre, nourrir son enfant cannibale en tuant sur le trajet des détenus.Et le message à la fin du film, en remontant la pana cotta, l'organisation serait alertée mais en renvoyant un enfant, ils serait encore plus frappé par le message, le symbole d'un enfant étant toujours associé à la paix, l'innocence & l'espoir.
    • Super S
      Cela peut certainement varier entre pays, les pays n'ont pas les mêmes catalogues. Alors je m'avance, peut-être que dans son pays, le film est retiré, censuré par le pays etc..
    • Zewil Avis Cine Express
      Film assez complexe et au concept très accrocheur! J'ai décidé de tenter d'expliquer la fin et les éléments les plus complexes du film, et ça se passe ICI 👉https://youtu.be/34dlVjn-VkU
    • cocolapinfr
      Tarantino disait il y a ceux qui aiment les films, et ceux qui aiment les films qu'ils aiment. Dommage pour toi que les films ambigus se résument à un block buster (film du pauvre par excellence soit dit en passant) qui n'a rien d'exceptionnel dans ce genre. Je t'invite à regarder Barton Fink ou Donnie Darko.
    • Asmosama
      De quoi tu parles? Il est toujours sur Netflix... Il fait même TOP 2/10 France ^^
    • Laurent P.
      bien mais faut aimer les films prise de tete avec une fin façon nolan mais en tellement moins bien..apres on aime ou on aime pas mais clairement c est pas le moment de matter ce genre de films lol on a pas tellement de fin ou si justement on peut en voir plusieurs donc aucunes au final...on saisi certe le propos du film et ce qu il essaie de denoncer avec ce rationnement par etage et dont comment fonctionne la nature humainemais ceux qui veulent une fin pour un film passer votre chemin sauf si encore une fois une fin façon nolan du pauvre vous convient
    • Yusuke Kun
      Je suis d'accord avec vous, son raisonnement sur la fin n'est pas bon. Je pense que l'auteur a mit cette scène du cheveu sur la pâtisserie, pour juste montrer à quel point le chef est exigeant sur les plats qu'on sert aux prisonniers de la fosse.En effet, des désaccords subsistent. La petite illusion ou pas illusion? Je suis donc amené à me demander : Pourquoi l'ancienne employée aurait menti sur le fait que la mère soit venue seule en espérant devenir actrice avec un youkoulélé, alors qu'elle a un cancer et qu'elle essayait de sauver la fosse en créant un mouvement de solidarité avant de mourir? De plus la mère de la petite cherchait à tous les étages et ne l'a pas trouvé, elle a réussi à rester en vie plusieurs mois, donc techniquement elle a réussi à traverser tous les étages à la recherche de sa fille. On pourrait donc conclure qu'elle n'était qu'illusion, à part si la petite était à chaque fois au dessus de la mère, ce qui expliquerai pourquoi elle ne l'a pas trouvé. Après j'me suis dis peut-être encore que la petite venait juste d'arrivée à cette période,ce qui expliquerai pourquoi son visage est si propre,mais si elle n'était pas là avant, sa mère ne passerai pas son temps à la rechercher. La mère avait l'air d'avoir un raisonnement rationnel, car elle a sauvé le personnage principal qui s'est montré gentil avec elle, donc je ne pense pas qu'elle soit folle.De plus je ne pense pas que c'est une illusion, car l'a plateforme ne s'arrête pas à un étage si il y a personne en vie, or elle s'est arrêté donc il y avait bien la petite.Je me permet donc d'émettre l'hypothèse que la petite était à chaque fois au dessus de la mère et que l'ancienne employée était dans l'ignorance que lorsque la mère a été envoyé elle ne savait pas que la petite fille a été envoyée avec. S'ajoute à cette idée que l'ancienne employé promet qu'elle ne savait rien de la fosse et y envoyait des gens à l'intérieur malgré tout. De plus, elle était persuadée qu'il y avait 200 étages, mais il y en avait 333 ce qui vient soutenir cette hypothèse d'ignorance.On peut donc penser que la fin avec la fillette à pour but de montrer qu'il y a une enfant de moins de 16 ans dans la fosse (l'ancienne employée avait dit que l'administration était très stricte à ce sujet) et de montrer à quel point cette fosse n'est pas ce que l'on croit, qu'elle est particulièrement horrible et a plein de terribles secrets. En effet, les employés ne savent pas réellement ce qu'est la fosse, comme l'ancienne employée à pu nous le montrer.Ce message permettra d'envoyé la fillette à l'étage 0 et de montrer aux employés qui y travaille la réelle image de cet endroit et de peut-être mettre fin à cet horrible lieu. (En effet, ce film n'a aucun sens comme mon commentaire)
    • DirtyHarry80
      retiré ? lol je l'ai regardé ce soir
    • crexius
      film retiré de netflix, dommage car je l'avais beaucoup aimé
    • Damien Wilquin
      Effectivement une bonne critique de notre société actuelle mais je ne suis pas entièrement d'accord avec votre analyse, notamment sur la fin. Je pense que la fillette est belle et bien réelle. Imogiri n'est qu'une employé comme tellement d'autres dans notre société. Elle n'a en sa possession que les informations qui lui sont nécessaires pour faire son travail et s'investir sans culpabiliser. Quant à la toute fin, Goreng reste seul dans le noir, au fond du trou et laisse la fillette remonter avec l'espoir qu'elle change les choses, bien qu'il ne saura jamais si elle a réussi. N'est-ce pas ce que nous faisons avec nos propres enfants ?
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