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    Robocop sur France 4 : pourquoi ce remake a été un enfer pour le réalisateur
    Par Vincent Formica — 3 mai 2020 à 18:00
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    S'attaquer au mythe Robocop de 1988 n'était pas chose aisée... surtout quand on doit composer avec le système hollywoodien. Le metteur en scène, José Padilha, en a fait les frais. Explications.

    Sorti en février 2014, Robocop de José Padilha a été un véritable naufrage, autant artistique que commercial. La chose était prévisible tant le matériau d'origine était un pur produit de son époque, réalisé par un cinéaste visionnaire et subversif, Paul Verhoeven.

    Fort d'un budget de 100 millions de dollars, le film n'en a rapporté que 242 à travers le monde. La production du film a une nouvelle fois été le centre d'une bataille entre un cinéaste qui tente d'imprimer sa patte et les désirs d'un studio soucieux d'édulcorer la violence inhérente à la franchise pour avoir un classement PG-13 (comme quasiment tous les blockbusters des grosses Majors).

    Pour rappel, le Robocop original a été classé NC-17 dans un premier temps (strictement interdit au moins de 17 ans, même accompagné, ce qui signait l'arrêt de mort du film). Finalement, l'oeuvre a été ramenée à un classement R (les mineurs de 17 ans et moins doivent être accompagnés d'un adulte) après quelques coupes de Verhoeven.

    RoboCop
    RoboCop
    Sortie le 5 février 2014 | 1h 57min
    De José Padilha
    Avec Joel Kinnaman, Gary Oldman, Michael Keaton, Abbie Cornish, Jackie Earle Haley
    Presse
    2,6
    Spectateurs
    3,0

    Le studio MGM, derrière ce remake de Robocop, a donc été sur le dos de José Padilha afin de vérifier que son film reste dans les clous. Pourtant, cette prise de position allait à l'encontre de l'essence même du long-métrage original, d'une redoutable efficacité dans son propos politique, le tout saupoudré d'un humour corrosif. Selon Paul Verhoven, pas tendre avec ce remake, c'est justement ce qui peut expliquer l'échec de Robocop (et celui d'un remake d'un autre de ses films, Total Recall) : Ces deux films [Robocop et Total Recall] avaient besoin de satire ou de comédie pour se faire une place auprès du public. Le fait de les raconter sans humour est un problème, et pas une amélioration", explique le cinéaste.

    José Padilha, talentueux metteur en scène, auteur notamment de l'excellent Tropa de Elite ou de la série Narcos, s'est donc brûlé les ailes à Hollywood. Très lucide, ce dernier est revenu sur cette douloureuse expérience. "Je n'ai pas eu la liberté créatrice que je voulais. J'ai passé 90% de mon temps à me battre. Ca m'a fait réaliser à quel point travailler pour un studio n'est pas la même chose que de réaliser un film. Désormais, je réfléchirai un million de fois avant d'accepter une telle offre et de me lancer à nouveau dans une production d'une telle envergure. Je suis arrivé dans l'industrie hollywoodienne pensant que je pouvais faire le film que je voulais, avec mes normes cinématographiques. Quelle erreur ! Je préfère me confronter à la réalité plutôt que de faire un film de super-héros !"

    Robocop
    Robocop
    Sortie le 20 janvier 1988 | 1h 42min
    De Paul Verhoeven
    Avec Peter Weller, Nancy Allen, Dan O'Herlihy, Ronny Cox, Miguel Ferrer
    Spectateurs
    3,6

    Le réalisateur Fernando Meirelles, ami de Padilha, avait également révélé que la MGM refusait 9 idées sur 10 venant du metteur en scène. On comprend mieux pourquoi ce dernier parlait d'une bataille constante entre lui et le studio. Quoi qu'il en soit, ce fiasco n'a pas convaincu MGM d'enterrer définitivement la licence Robocop ; Neill Blomkamp (District 9) devait en effet se charger d'une nouvel opus, Robocop Returns. Il a finalement claqué la porte du projet en août dernier. C'est Abe Forsythe (Little Monsters) qui a repris les rênes de cette suite directe du Robocop de Verhoeven, toujours en production (elle ne tiendra pas compte des épisodes 2 et 3 ni du remake). Bonne ou mauvaise idée ? Si c'est pour en faire un produit aseptisé et sans vision d'auteur, l'entreprise pourrait bien connaître le même sort que le film de Padilha.

    Robocop, 30 ans après : que sont devenus les acteurs du film ? 

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    Commentaires
    • Buckaroo Banzai
      Oui c'est le même scénariste si je ne dis pas de bêtises.J'ai trouvé aussi sur le net le script de ce qui aurait dû être la suite de Buckaroo Banzai (against the world crime league).Kevin Smith devait en faire une série.Et Jack Burton fait parti aussi de mes références.Merci pour le +1
    • Alfred N.
      Rob Schneider a un don pour gacher tous les films dans lesquels il apparait. C'est le Jai Courtney des années 90.
    • Alfred N.
      Karl Urban était excellent en juge Dredd.Si seulement une suite pouvait sortir avec un peu plus de la Juge Anderson.
    • Alfred N.
      +1 pour le pseudo.Savais-tu que Les Aventures de Jack Burton était à l'origine la suite de Buckaroo Banzai ?
    • tueurnain
      Mais charcuté et réécrit par le studio...Mais oui, le 2 est bien je trouve, le 3 par contre, pas grand chose à sauver...
    • tueurnain
      Alors on a pas du lire les mêmes comics, moi je parle des tout premiers sorties dans les années 80 (et qui ont pris un coup de vieux), tout les éléments visuel et scénaristiques du comics sont dans le film avec Stallone (le méchant, le plan pour se débarrasser de Dredd en le faisant accuser, le robot, le combat au sommet d'une statue, les mutants du désert, les guerres de gang entre immeuble rivaux etc), mais ce film souffre de 3 défauts majeurs (qui eux ne sont pas dans les comics) :_1 Dredd qui enlève son casque pendant les 3/4 du film (ben ouais, on paie Sly faut voir son visage...)_2 L'histoire d'amour totalement inutile et en contradiction avec le personnage de Dredd._3 L'insupportable faire valoir comique de Dredd.En fait il ont voulut reprendre la formule de Démolition man (sortit juste avant) en reprenant les mêmes éléments (y compris le même acteur comique faire valoir), mais les univers ne sont pas les mêmes, là ça ne prend pas...Après tu parle peut être du ton du film, là effectivement la dernière version est plus sombre mais il faut rappeler que les comics d'origines contenaient beaucoup d'humour, mais de l'humour noir...
    • demencia
      Je suis d'accord , malheureusement , le public en général ( pas en totalité , heureusement) n'est pas très regardant s'il s'agit d'une adaptation d'un livre , que la plus part n'a jamais lu !
    • Justice Prime
      QUOI ? On a pas lu les même comics ce n'est pas possible 0o Ou pas la même compréhension ? :/ .
    • tueurnain
      L'idée serait de faire quelque chose de différent du film de Verhoeven pour éviter l'inévitable comparaison avec le film d'origine...Pour Judge Dredd désolé mais j'ai lut les comics d'origine et le film avec Stallone est plus proche des comics que le film avec Karl Urban (qui est un bon film).
    • andiran23
      Pareil, j'en attends absolument rien non plus, je m'en fiche complètement. Mais bon, je jetterai un coup d'oeil de loin dans le cas improbable où ça se ferait vraiment, et on verra, on sait jamais
    • Justice Prime
      Ce n'est pas dit du tout, car en bon exemple Total Recall celui de 1990 à fait son succès alors que lui aussi niveau adaptation fidèle ce n’était pas glorieux et celui avec Colin Farrell s'en rapprochait un peu plus ( sans pour autant être parfait non plus ) a été boudé par le publique . Beaucoup aussi préfèrent Judge Dredd Stallone que le bien mieux adapté avec karl Urban . La nostalgie à l'air de mieux marcher qu'une meilleure adaptation j'ai bien l'impression .
    • Justice Prime
      Le truc que je trouve marrant pour Starship c'est qu'il était vachement en avance sur le temps de maintenant dans un sens avec les hommes et les femmes au même niveau en temps que Soldat ou dans des postes prestigieux et la mixité sans allusion déplacé ou réducteur pour la scène des douches par exemple ^^ (Maintenant bien souvent on te force le truc avec écœurement dans la bien pensance comme si c'était nouveau - -' )
    • damien V.
      Oui, c'est clair, si le réalisateur ne peut imposer sa vision du sujet c'est dommage
    • Alfred N.
      Je ne comprends pas que les réalisateurs étrangers soient surpris de l'attitude des studios américains. Ça fait des dizaines d'années qu'ils embauchent des techniciens pour mettre en images un scénario. Les réalisateurs croient encore qu'ils ont leur mot à dire.
    • Alfred N.
      Scénario de Frank Miller si je ne m'abuse.
    • Le commandant Sean Ramius
      Exactement !L'investissement avant tout, surfer sur les modes du moment, tenter de manger a tout les rateliers en ferrant le public le plus large possible, surtout les teenagers, et on se retrouve a la fin avec des film édulcoré oubliable et oublié... Le casting ne peut sauver un film mal parti dans la plupart des cas. Il y a des dizaines d'exemples récents de film qui se sont grave plantés en recyclant maladroitement un succès passé, un peu a cause du réal mais souvent a cause du cahier des charges imposés par le studio.
    • damien V.
      Je suis d'accord avec toi. C'est ça qui est dommage avec les studio, dès qu'ils sont un bon filon.Des remakes etc... Les studio voit plus que du fric, du fric, du fric.. Dommage parce que le film vu le casting terrible, il aurai pu être large mieux, tout comme total recall le remake bien pourri.
    • Le commandant Sean Ramius
      Oula, ce film avait disparu de ma mémoire tellement il était ... oubliable.Au final, les studio ont tout pouvoir, le réal n'est qu’exécutant et c'est là que ca coince...Ils tuent le cinéma eux même, tant pis pour eux.
    • Pierre C.
      « Ah ! Ah ! Morts de rire ! »
    • tueurnain
      La meilleur chose à faire serait d'être plus proche du roman d'origine, car avec starship troopers (le film) on est trrrrrès éloigné du roman d'origine, d'ailleurs, le film s'inspire plus de la guerre éternelle pour de nombreux points...
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