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    Emily in Paris (Netflix) : ces clichés sur la France qui enflamment les réseaux sociaux
    6 oct. 2020 à 18:30
    Jérémie Dunand
    Jérémie Dunand
    -Chef de rubrique télé / Journaliste
    Passionné de séries en tous genres, mais aussi d'horreur et de teen movies, Jérémie Dunand a été biberonné aux séries ados et aux slashers des années 90, de Buffy à Scream, en passant par Dawson. Chef de rubrique télé, il écrit aujourd'hui principalement sur les séries et unitaires français.

    Disponible depuis le 2 octobre sur Netflix, la série "Emily in Paris", emmenée par Lily Collins, fait beaucoup parler pour sa vision fantasmée de Paris. Avec des clichés à la pelle sur les Français qui n'ont pas manqué d'agacer les internautes.

    Netflix

    Disponible depuis le 2 octobre sur Netflix, Emily in Paris suit les aventures d'une jeune Américaine d'une vingtaine d'années, originaire du Midwest, qui part s'installer à Paris dans le but d'apporter un point de vue américain à une agence de marketing française en difficulté. Avec, à la clé, un bon choc des cultures et des clichés à la pelle dans cette nouvelle série signée Darren Star, à qui l'on doit, entre autres, Beverly Hills, Sex & the City, et Younger. Car bien qu'il fasse rêver, le Paris dans lequel atterri l'héroïne campée par Lily Collins ne ressemble pas vraiment à celui dans lequel évoluent au quotidien un peu plus de 2 millions d'habitants.

    Et si cette vision fantasmée de Paris, plus proche de Moulin Rouge, de Minuit à Paris, ou de l'épisode de Gossip Girl tourné dans nos contrées en 2010, en a amusé certains, elle a également agacé bon nombre d'internautes qui n'ont pas manqué de s'enflammer (souvent avec humour) sur les réseaux sociaux depuis la mise en ligne de la série.

    Dès les premières minutes d'Emily in Paris, le ton est donné avec un Paris de carte postale qui, scène après scène, semble avoir été photoshopé pour être le plus insagramable possible (se prendre en photo dans les rues de la capitale étant le passe-temps préféré d'Emily qui gagne des followers à la minute sans que l'on ne comprenne trop pourquoi). Les rues sont désertes de tout déchet, Emily ne prend jamais le métro et ne s'aventure jamais dans les quartiers plus populaires de Paris, ni même en dehors de la petite couronne, et tous les lieux qui sont montrés à l'écran respirent bon le luxe et la volupté. Et lorsqu'on veut nous faire croire qu'Emily va devoir vivre "simplement", dans une petite chambre de bonne, le minuscule appartement en question fait tout de même au final au moins 30 mètres carrés. Avec, en prime, on vous le donne en mille, une vue à couper le souffle sur la Tour Eiffel. Heureusement, les scénaristes ont visé juste avec le "5ème étage sans ascenseur", mais pour le reste, on repassera.

    Les nombreux internautes ayant déjà dévoré Emily in Paris, toujours numéro 1 des programmes les plus regardés sur Netflix aujourd'hui, ont également été rapidement agacés par sa vision assez négative des Français et des Parisiens. Amateurs de vin à toute heure et de viande saignante, accros à la cigarette (visiblement dans le Paris de Darren Star on fume encore au bureau), arrogants et désagréables, nuls en anglais, naturistes (à l'image du père de Camille), ou encore toujours habillés sur leur 31... tout y passe et aucun cliché ne nous est épargné ! Pas même celui du Français fainéant (ou "flâneur" selon Mindy) qui arrive au bureau à 10h30 et prend tout le temps des pauses.

    Du côté de Sylvie (Philippine Leroy-Beaulieu) et des collègues d'Emily, un rejet certainement un peu réel mais bien trop exagéré de l'Amérique transpire de la plupart des séquences, durant lesquelles l'héroïne de la série est qualifiée de "plouc" et de "ringarde". Et les personnages masculins de la série, évidemment tous sous le charme d'Emily, semblent tout droit sortis d'un catalogue Abercrombie & Fitch, et sont présentés comme des amants incroyables. Mais aussi comme des êtres extrêmement infidèles, qui trompent leurs compagnes à tout-va. À croire que l'adultère est notre sport national ! Évidemment, on ne va pas se plaindre de pouvoir admirer le physique avantageux de Lucas Bravo tout au long des 10 épisodes de cette première saison, mais malheureusement, il faut rétablir une dure vérité : nous n'avons pas tous un voisin comme Gabriel. On aimerait bien. Mais non. Vraiment pas.

    Malgré tous ces clichés et stéréotypes, Emily in Paris semble avoir convaincu les amateurs de comédies romantiques et les fans de Sex & the City ou de Gossip Girl, qui cherchent simplement à s'évader et à rêver devant leur petit écran. D'autant plus qu'après tout, Gossip Girl ne brillait pas non plus spécialement par sa représentation ultra réaliste de New York. Et puis, soyons honnête, tout n'est pas complètement faux dans la France décrite par Darren Star et ses scénaristes dans Emily in Paris. Car les Français ne sont pas spécialement connus pour être les personnes les plus aimables du monde (les touristes peuvent certainement en témoigner), ni les plus douées en langues étrangères. Mais personne n'est parfait...

    La bande-annonce d'Emily in Paris, disponible sur Netflix :

     

    Emily in Paris
    Emily in Paris
    Sortie : 2 octobre 2020 | 26 min
    Série : Emily in Paris
    Avec Lily Collins, Philippine Leroy-Beaulieu, Ashley Park, Lucas Bravo, Camille Razat
    Presse
    2,9
    Spectateurs
    2,6
    Voir sur Netflix

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    Commentaires
    • Alpha W
      arrogants et désagréables, nuls en anglais, je valide
    • Sirus
      arrogants et désagréablesben ça c'est totalement vrai!
    • meiyo
      J'y ai passé un peu moins de deux mois à la fin de mes études. La ville est plus chère que Paris mais les Londoniens sont aussi plus civilisés en moyenne que la capitale française.
    • Ma R.
      J'ai une amie qui a vécu à Londres, la vie de tout les jours n'est pas plus tendre qu'à Paris.
    • Ryo H
      Pourtant, remis dans le contexte du cinéma de Jeunet, c'est assez évident. Il met toujours un décorum qui frôle le surréalisme; Dans son cinéma, ses protagonistes sont vu comme anormaux, en décalage avec leur environnement et le monde. Comme il chois une aproche subjective et impressioniste de la mise en scène, on voit des mondes bizarre car c'est la vision qu'en ont les protagonistes principaux. Et c'est le cas depuis Délicatessen.En ce sens, il fait de la comédie dans la plus pure tradition (puisque l'impressionnisme est ce qui va grandement contribuer à la création du genre) même quand ses films sont plus dramatiques dans leur thématique. Il utilise un formalisme plus souvent associé a la comédie qu'au drame, au départ en tout cas.Et si on fera vite le raccourci avec Lynch ou Gilliam, il est plutôt mal venu car Lynch et Gilliam montrent un monde fou ou le personnage central est toujours plus normal que l'univers dépeint alors que chez Jeunet, le surréalisme donne a voir (en premier lieu) un personnage principal qui est étrange (ou perçu comme tel par le spectateur).A mon sens, Gilliam et Lynch nous disent que le monde est horrible et fou alors que Jeunet nous dit que la folie est un bienfait, ce qui est très différent. Et c'est assez explicite dans Amélie (peut-être trop, la subtilité n'étant pas le fort de Jeunet). C'est d'ailleurs pour ça que ce sont tous les personnages bizarre qui sont vu comme des modèles positifs dans le film (du voisin avec l'ostéoporose, a l'employé simplet, au poète solitaire etc).Finalement, c'est la normalité du quotidien qui est anormal pour Jeunet (on pourrait le résumé a la fameuse phrase de Krishnamurti Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être adapté à une société malade) D'ailleurs, dans son film (oubliable) sur les trafiquant d'arme, il utilise les mêmes mécanismes mais les inverses. Les protagonistes sont tout a fait normaux et considérés comme tel, et c'est ce qu'il critique. Qu'on accepte si facilement l'ignominie de certains êtres.Peut-être que ça te fera reconsidéré Amélie Poulain, film que j'adore (mon préféré de Jeunet) alors qu'il m'avait laissé totalement froid a sa premiere vision. Ca arrive parfois.
    • Housecoat
      Moi qui doit être une des rares personnes à détester ce film et éviter les analyses dessus comme la peste, j'avoue que ça ne m'avait pas traversé l'esprit. Même si je me doute que je suis sûrement loin d'être le seul à y avoir retenu un Paris caricaturale.En revanche, ça fait plaisir de voir un joueur de Bioshock. :D
    • negeil
      J'ai voulu regarder le premier épisode pour tester et résultat.. j'ai fini toute la saison en quelques heures ! Très addictif. Un peu de légèreté sans prise de tête, ça fait grandement du bien ! Je conseille vivement cette série. Comme moi, on rigole des clichés dès le départ et finalement on s'attache vite aux personnages.
    • Ryo H
      Et surtout beaucoup plus grande. D'ailleurs les clichés sur Paris, en réalité, ils sont universels. Il y a les mêmes sur Londres chez les Anglais ou sur New-York chez les américain, ou Madrid chez les espagnols (et sans doute dans beaucoup d'autres cas).Parce ces stéréotypes (parfois très largement exagéré, et hautement lié au biais de confirmation) sont lié aux grandes villes, qui conditionnent largement les comportement, notamment du au nombre de Dunbar (notre incapacité a tisser des liens sociaux avec plus de 150 personnes, et donc la grande difficulté de créer des tissus sociaux fort dans des zones, les grandes villes, ou on multiplie les contacts, l'effet grandissant proportionnellement à la taille de la ville, modulo les spécificités culturelles des différents pays).
    • Ryo H
      Hollywood est de très loin le plus gros promoteur du tourisme à Paris. Par contre, dans Amélie Poulain, c'est pas un Paris cliché, c'est un Paris fantasmatique, puisqu'on y est représenté comme dans les années 50 alors que le film se passe aujourd'hui (enfin en 2001, à sa sortie quoi). C'est une démarche artistique, c'est très différent.Les personnages ne sont pas des clichés, et d'ailleurs Jeunet aime bien jouer a faire entrer du réel dans son film justement (le sex shop, Amélie qui court parce que deux caille-ra sont derrière elle) pour briser les murs de son Paris factice.Donc la comparaison me semble aussi absurde que de reprocher le Londres victorien de Bloodborne ou l'europe méditerranéenne de Porco Rosso. Je n'ai pas vu la série mais très souvent le Paris filmé par les américain se veut être représentatif, dans leur imaginaire, de la réalité. Voir par exemple la brillante utilisation de ce trope dans l'extension de Bioshock Infinite.
    • Julien Montgomery
      Excusez moi mais dans l'article vous dites Et puis, soyons honnête, tout n'est pas complètement faux dans la France décrite par Darren Star et ses scénaristes dans Emily in Paris. Car les Français ne sont pas spécialement connus pour être les personnes les plus aimables du monde (les touristes peuvent certainement en témoigner)Vous parlez des parisiens et non des français en général j'espère car il ne faut quand même pas généraliser.
    • Housecoat
      On a attendu une série Netflix pour gueuler ? ça fait genre combien de décennies que la France est caricaturée en pays du Channel levant ? Sinon. On en reparle du Paris de Anastasia, Ratatouille ou de Drôle de frimousse ? Vous savez, l'époque où ça nous flattait. Et curieusement, quand c'est un Français qui nous sert la caricature la plus goldée qui soit de Paris avec Amélie Poulain, on se plaint pas, au contraire. xDD'ailleurs, je me demande pourquoi on gueule alors que c'est valorisant que certains continue d'imaginer une France fantasmée et idéale. Faut croire que les Français ne veulent juste plus croire en la magie de leur propre pays à un point tel qu'ils viennent cracher sur les gens qui osent encore voir chez eux un attrait touristique. Déprimant.
    • Damdamduma
      ça dépend où tu vas^^ Les endroits touristiques généralement sont nettoyés tous les jours. Alors que certains quartiers c'est peine perdue.
    • Damdamduma
      Qu'est-ce qu'ils croyaient? Ils pensent aussi que New-York dans les séries c'est New-York en vrai? N'importe quoi ces tweets.
    • Hoy
      Je n'ai pas regardé la bande-annonce en entier tellement je sentais le truc venir... Eh ben j'avais raison dites-donc ! Je suis désolée pour les touristes américains qui seraient inspirés de se payer le voyage par ce genre de clichés.
    • meiyo
      Je comprends mais il y a une différence entre passer dans une ville et y vivre, d'autant que Londres est encore plus chère que Paris, ce qui n'est pas peu dire !
    • meiyo
      Et polluée et avec plein de gens désagréables qui se croient tout permis. Je parle en connaissance de cause après plus de 18 ans de vie parisienne.
    • Ha'Otep
      Ce serait pas Paris sans l'odeur de pisse entrecoupé de l'odeur du pain devant chaque boulangerie le matin :D
    • PENN-AR-BED (COMMS)
      Pour avoir passer quelques jours a Paris et ensuite a Londres (été 2019), j'avoue que la capitale du Royaume-Uni me manque cruellement ! Là-bas respect dans les rues, a Paris on t'écrase les pieds avec une trottinette électrique 😠
    • Jimmy C
      Alors que c'est l'une des villes les plus sale qui soient, c'est vraiment cocasse.
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