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    Le Grand Bleu sur 6Ter : du naufrage critique au succès générationnel
    Par Brigitte Baronnet (@bbaronnet) — 24 janv. 2021 à 18:05
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    Grand succès de l'année 1988 (avec plus de 9 millions d'entrées), la carrière du Grand Bleu avait très mal démarré auprès de la presse, au Festival de Cannes. Retour sur ce mauvais départ, sauvé par le bouche à oreille lors de la sortie en salles.

    Immense succès en salles, avec près de 9,2 millions d'entrées enregistrées en 1988, Le Grand Bleu s'est imposé comme le plus gros succès cinéma en France cette année-là. Porté par un très bon bouche à oreille des spectateurs, le film a conquis le grand public, et a acquis le statut de film culte auprès de toute une génération.

    Succès incontesté grâce au public, mais démarrage houleux face à la critique. Présenté en ouverture au Festival de Cannes 1988, Le Grand bleu a en effet reçu un accueil glacial de la presse, à propos duquel Luc Besson s'est épanché dans son livre de mémoires, Enfant terrible, paru aux éditions X.O. en 2019. 

    Le Grand Bleu
    Le Grand Bleu
    Sortie le 11 mai 1988 | 2h 43min
    De Luc Besson
    Avec Jean-Marc Barr, Jean Reno, Rosanna Arquette, Jean Bouise, Paul Shenar
    Presse
    4,6
    Spectateurs
    3,5
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    Le cinéaste ne cache pas son amertume et la violence avec laquelle il a vécu ce moment : "9h30 du matin. Première projection de presse. Au grand palais. Je suis en face, assis au fond du bar du Majestic à me bouffer les ongles. Pas question de m'approcher du palais. (...) Les premiers retours m'arrivent. Le film s'est fait siffler. Huer. La rumeur d'un désastre envahit la Croisette, comme une brume annonçant la mort. Déjà, j'aperçois des gens qui ricanent, d'autres qui n'osent plus croiser mon regard, d'autres encore qui s'éloignent. Un flop à Cannes, c'est comme avoir la peste.", écrit-il.

    Et d'ajouter : "C'est tout ce qu'il me reste de ces années de travail ? De ces centaines d'heures passées sous l'eau ? Mon corps se vide. Ma base s'écroule. Même mes proches s'éloignent, comme si j'étais radioactif. Le moment est d'une violence incroyable. Jamais je ne pourrai l'oublier." Luc Besson raconte également en détails la façon dont il a vécu la traditionnelle conférence de presse du film à Cannes, ainsi que les premières interviews. Le réalisateur décrit le scénario du pire, avec beaucoup de tension entre son équipe et les journalistes.

    Tel un pied de nez à ce mauvais accueil critique, l'affiche du Grand Bleu arborera comme slogan : "N'y allez pas, ça dure trois heures !" Comme on le sait aujourd'hui, le succès sera finalement au rendez-vous. Le film restera 60 semaines à l'affiche. "Le Grand Bleu devient un phénomène de société et sera considéré comme le film de la décennie", écrit Luc Besson, fier et heureux d'avoir rempli les salles, en dépit d'une "presse horrible". "J'ai 29 ans. Rien ne sera plus pareil dorénavant. Le succès et l'argent sont des facteurs qui me sont encore inconnus et que je vais devoir apprendre à gérer. Le monde va être plus grand, mais les amis plus rares et les ennemis plus nombreux."

    Le Grand Bleu est le plus grand succès de la carrière de Luc Besson en France, devant Le Cinquième élément (7,7 M) et Arthur et les minimoys (6,4 M).

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    Commentaires
    • Awshit
      c'est vrai, je connais même pas le nom de l'acteur principal tant il etait transparent
    • Last Action Zero
      Peaky Blinders has spoken ^^
    • Tommy Shelby
      La question est en partie, dans ta réponse.Les compo d'Eric Serra ont largement contribué au succès de Besson à cette période.Toute proportion gardée, leur façon de bosser pouvait être comparer à du Léone/Morricone dans le sens où la musique faisait partie intégrante d'une mise en scène, et non pas juste pour faire du remplissage. Le Grand bleu, c'est le meilleur exemple. Ceci peut expliquer cela.D'ailleurs c'est pas pour rien que Serra fait encore des ciné-concerts à guichets fermés de ce film.
    • Hunnam29
      C'est peut être tout simplement que c'est pas le genre de film qui a sa place à Cannes. J'adore le festival de Cannes mais parfois il y a un snobisme énorme envers les films grands publics. Et Le Grand Bleu était ce genre de film à l'époque. Un beau film, peut être naïf sur certains points, mais voué à cartonner au Box Office, peut être un peu insolent aussi de la part d'un jeune réalisateur ambitieux. Ce qui n'a pas du tout dû plaire aux journalistes de l'époque. Mais bon il a réussi à trouver sa place, c'est le principal : avec les spectateurs et aux Césars. Dommage qu'aujourd'hui Besson ne soit plus que l'ombre de lui-même.
    • Plaza13
      Mais je préfère de loin Subway. De très loin, même: complètementSubway, Nikita, Léon demeureront sa meilleure période (les seule que j'ai vu en salle...qui m'ont donné envie d'y aller)J'ai jamais compris l'engouement pour Le grand bleu, mais comme le spectateur a toujours raison, on va dire que ça vient de moi et que c'est un film générationnel ....Perso, c'était la bo de Nikita que j'écoutais en boucle, mon tout premier cd ;)
    • Last Action Zero
      De très belles image. un bon nombre de séquence passé à la postérité. Rosanna Arquette est superbe. Jean Reno au sommet de la truculence. Une bande son légendaire d'Eric Serra, que j'ai écouté en boucle dans mon baladeur k7 pendant des années. Mais je préfère de loin Subway. De très loin, même.
    • Last Action Zero
      Certes. Mais il le fait très bien. L'outrance théâtrale, ça aussi c'est un art. Perso, heureusement qu'il est là, Jean Reno. Sinon pour moi, le film ne tient pas. Et l'ennui serait profond.
    • Melnibonéen
      On peut quand même féliciter les critiques professionnelles pour leur constance d'avoir toujours tort.En plus, cela permet de se servir d'elles comme d'une boussole qui indique toujours le sud. Une fois qu'on a compris le truc, elle est aussi utile que celles qui indiquent le nord.
    • Awshit
      jean reno est mauvais dans celui la, il en fait des caisses, il cabotine ...
    • tueurnain
      Le tournant des années 2000 (et la volonté de Besson de faire tout tout seul) ont été mortifère pour sa carrière...
    • MGM-ranger
      Luc Besson est vraiment arrivé avec une nouvelle façon de faire du cinéma et une incroyable maturité à l'époque. Il n'avait même pas 30 ans qu'il est arrivé en météore dans le cinéma français avec Le Dernier Combat (science fiction post-apocalyptique), Subway (polar) et Le Grand Bleu (drame contemplatif). C'est dommage qu'il est abandonné sa pâte visuelle et esthétique si particulière depuis quelques décennies.
    • meiyo
      La lointaine époque où Luc Besson faisait de bons films ...
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