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    Ken le survivant sur ADN : pourquoi il faut (re)voir l’anime culte
    Par Clément Cusseau — 30 mars 2021 à 16:15
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    La plateforme ADN a annoncé ce 29 mars la mise en ligne de l’anime culte "Hokuto no Ken", mieux connu dans nos contrées sous le titre de "Ken le survivant". Pourquoi s’agit-il d’un classique incontournable ?

    Shueisha / Kazé

    Au royaume des anime culte, rares sont les séries à pouvoir prétendre s’asseoir à la même table que Ken le survivant. L’adaptation du manga Hokuto no Ken (par Buronson et Tetsuo Hara) reste à ce jour encore considérée comme l’une des franchises japonaises les plus populaires, malgré une histoire compliquée avec le public français.

    Ken le survivant
    Ken le survivant
    Sortie le 4 octobre 1984 | 25min
    Série : Ken le survivant
    Avec Akira Kamiya, Akira Kamiya, Philippe Ogouz, Philippe Ogouz, Philippe Ogouz
    Spectateurs
    2,9

    Longtemps, la série a en effet été la cible favorite des associations de famille critiquant le contenu violent et subversif des anime japonais. Dans les années 80 notamment, le célèbre ouvrage de Ségolène Royal Le ras-le-bol des bébés zappeurs tirait à boulets rouges sur les "japoniaiseries" (le surnom donné à l'époque par Télérama aux anime) :

    Dans les dessins animés et les séries japonaises (du moins ceux que l’on voit sur les chaînes commerciales françaises), ou dans certaines séries américaines, tout le monde se tape dessus. (...) Le raffinement et la diversité dans les façons de tuer (...) se sont accompagnés d’un appauvrissement des caractères, d’une uniformisation des héros, dont la seule personnalité se réduit à la quantité de cadavres alignés.

    La réputation sulfureuse de Ken le survivant naît pourtant d’un malentendu. A l’époque, les responsables de programmation des chaînes françaises achètent des catalogues entiers de séries japonaises, productions à faible coût qui permettent de remplir leurs grilles jeunesses. Destinée à un public d’adolescents, voire de jeunes adultes, Ken le survivant est pourtant proposée chez nous dans une émission pour enfants.

    La faute à une idée reçue qui veut que les dessins animés s’adressent exclusivement aux spectateurs les plus jeunes."Quand nous avons créé la série avec le scénariste Buronson, le public que nous avions en tête était composé de jeunes adultes et d'adolescents matures, certainement pas de collégiens" confirmait d’ailleurs l’auteur Tetsuo Hara, lors de sa venue en France à la Japan Expo 2013 (via Le Monde).

    Sous la pression des associations en colère, notamment Familles de France, l’anime disparaît du Club Dorothée, obligeant même son animatrice à présenter des excuses publiques au journal télévisé. 

    Doublage : mort de Philippe Ogouz, voix de Dustin Hoffman et Ken le Survivant

    L’autre particularité française de Ken le survivant est son doublage. Horrifiés à l’idée de prêter leur voix à un anime sanglant (et parfois mal interprété), les comédiens n’ont accepté d’enregistrer les dialogues de la série qu'à la condition qu’ils soient réécrits.

    Les studios japonais n’étant à l’époque pas très regardant quant aux adaptations de leur œuvres, les répliques de la série ont ainsi été entièrement retravaillées pour apporter humour et légèreté à l'intrigue. Problème : Hokuto no Ken n’est pas une série humoristique !

    Toho Animation

    Le doublage français est ainsi devenu légendaire, et la série a été tellement réécrite qu’elle s'est totalement démarquée de la version originale. Ainsi, Ken le survivant - telle que nous l'avons découverte en France - tient davantage lieu de comédie d’action parodique que du drame post-apocalyptique qu'elle est au Japon.

    Parmi les pépites de cette VF rendue culte, quelques répliques restées célèbres : "Le moment est venu de payer tes factures, et elles sont chères !", "Couteau de cuisine et petit canif", "Attaque couteau à pain, la fureur du dragon".

    De nos jours, il existe deux types de spectateurs : ceux qui rejettent en bloc cette version française, et ceux qui apprécient ce ton décalé qui évoque peut-être un certain sentiment de nostalgie. Par chance, la série nous est proposée par ADN dans les deux langues. Au spectateur de faire son choix donc !

    C’est le générique japonais, l’extraordinaire "You wa Shock" du groupe Crystal Band, qui est proposé en VO comme en VF par la plateforme. Rappelons néanmoins que le générique français, d’assez bonne facture, était interprété par Bernard Denimal (Dr. Slump, Galaxy Express…).

    Le générique japonais de la série Ken le survivant (Hokuto no Ken) :

     

    Malgré sa réputation qui lui colle encore à la peau, Ken le survivant reste encore à ce jour un anime incontournable. L’influence de la série sur les autres shônen de l’époque, mais également sur ceux d’aujourd’hui, est considérable. Nourri par le cinéma d’action américain d’alors, le physique bodybuildé de son héros mutique a en effet grandement contribué à faire évoluer l’image du héros des shônen japonais.

    Par sa vision tirée à l’extrême du combat du bien contre le mal, et le charisme de son héros tout en muscles, Ken le survivant mérite amplement son rang de série culte, et son arrivée dans le catalogue ADN sera l’occasion idéale pour réhabiliter pour de bon cet anime incontournable.

    Les 32 premiers épisodes de la série Ken le survivant sont disponibles dès à présent sur ADN ; la fabuleuse édition deluxe (14 tomes) est à retrouver chez l'éditeur Kazé Manga.

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