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    The Underground Railroad sur Prime Video : que vaut la série choc de Barry Jenkins sur l’esclavage américain ?
    14 mai 2021 à 09:00
    Chaïma Tounsi-Chaïbdraa
    Chaïma Tounsi-Chaïbdraa
    -Journaliste streaming
    Experte en binge-watching et plateformes de streaming, Chaïma Tounsi s’amuse tous les soirs à zapper sa télécommande sur Netflix, Disney+, Canal+...

    Les abonnés Prime Video peuvent découvrir dès aujourd’hui The Underground Railroad, la première série de Barry Jenkins.

    De quoi ça parle ? 

    Cora Randall, une jeune esclave à la conquête de sa liberté dans le Sud des Etats-Unis avant la guerre de Sécession. Après s’être échappée d’une plantation de Géorgie, Cora découvre l’existence du légendaire « Chemin de fer clandestin », un réseau souterrain secret bien réel et rempli de chemins de fer et tunnels créés par des ingénieurs.

    The Underground Railroad de Barry Jenkins, avec Thuso Mbedu, Chase W. Dillon, William Jackson Harper, Joel Edgerton. Épisodes vus : 2/10

    The Underground Railroad
    The Underground Railroad
    Sortie : 14 mai 2021 | 60 min
    Série : The Underground Railroad
    Avec Thuso Mbedu, Chase W. Dillon, William Jackson Harper
    Presse
    4,0
    Spectateurs
    3,8
    Voir sur Prime Video

    C'est avec qui ? 

    Barry Jenkins et son équipe ont fait le tour du monde pour trouver leurs pépites car ils ne souhaitaient pas forcément des acteurs afro-américains mais des personnes pouvant raconter l'expérience noire. C'est en Afrique du Sud qu'ils ont trouvé leur héroïne, la jeune Thuso Mbedu dont c'est là le premier grand rôle. Certains reconnaîtront aussi les visages de Joel Edgerton, William Jacksoon Harper (The Good Place), Aaron Pierre (Krypton) ou encore Damon Herriman (Justified).

    Ça vaut le coup d'œil ?

    Dans les notes de production de la série The Underground Railroad, Barry Jenkins explique avoir eu trois objectifs dans sa vie de réalisateur : raconter un peu de sa jeunesse et son quartier dans l’oscarisé Moonlight, adapter les écrits de James Baldwin dans Si Beale Street pouvait parler, et transposer à l’écran le roman Pulitzer de Colson Whitehead

    Le cinéaste récupère les droits du livre en 2016, mais il a attendu 4 ans avant de se rendre sur un champ de coton en Géorgie pour lancer officiellement le tournage. Jenkins le confesse : il a eu peur de se plonger dans l’histoire de l’esclavage américain. "Mais si on ne le fait pas maintenant, quand alors ?" répète-t-il tout le long de sa lettre d’intention. Dans une société où "on regarde plus qu’on ne lit", le réalisateur utilise sa caméra pour demander justice et réparation, tout en tentant de montrer l'ineffable. Et c’est un pari réussi.

    Barry Jenkins confirme avec The Underground Railroad qu’il est un virtuose de l’image : la scène d'ouverture en elle-même ressemble à un tableau en mouvement d’une beauté sans pareil. On y voit les esclaves tentant d’échapper à leur condition, mais obligés de faire marche arrière. Le tout servi par une musique intense et qui montre bien l’urgence de la situation.

    Il faut saluer au passage tout le travail réalisé sur le son, ainsi que les compositions remarquables de Nicholas Britell. Le moindre coup de fouet résonne, le moindre sanglot fait vibrer. Si l’image vous déplaît et que vous détournez votre regard, impossible de ne pas ressentir toute l’intensité de la scène grâce au son.

    Le spectateur n’est pas épargné et c’est ce que voulait précisément Barry Jenkins : "Il y a des images dures à voir dans la série, qui montrent toutes les injustices commises à l’égard de mes ancêtres. Et pourtant, elles ne seront jamais à la hauteur de ce qu’était vraiment l’esclavage américain. Et malgré le fait que j’ai tout donné pour les représenter fidèlement, l’existence même de ces images est dure à supporter. C’est pour cela que j’ai aussi glissé des choses plus légères.".  

    Amazon Prime Video

    Qu’on se le dise : The Underground Railroad n’est pas une série facile à voir, autant qu’elle est difficile à juger. Les scènes sont d’une violence pure, esthétique, insoutenable. Les ralentis, le jeu de lumière et le tourbillon de son et d’images font d’elle une expérience à vivre. Mais la série est traversée par quelques moments d'espoir et de liberté, et une touche fantastique.

    Si la forme est remarquable, la direction d’acteur l’est tout autant. L’actrice sud-africaine Thuso Mbedu, qui prête ses traits à la combative Cora, est une véritable découverte. Sa présence et son jeu devraient mettre tout le monde d’accord. Mention spéciale aussi au jeune Chase Dillon, dont le rôle devrait vous glacer le sang, et à Joel Edgerton qui campe un chasseur d’esclaves déterminé. Tous les membres de la production ont en tout cas pu bénéficier des conseils d’une thérapeute sur le tournage, afin de partager ce qu’ils ressentaient. 

    A travers ses 10 épisodes d'une heure, la série met l'Amérique face à son passé et lui demande de l'affronter, même s'il est dur à accepter, afin de mieux accueillir l'avenir. Un message qui résonne encore plus fort aujourd'hui.

    The Underground Railroad, à découvrir sur Amazon Prime Video.

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