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    Tintin et Lucky Luke sur ADN : "L’objectif est de faire une plateforme entièrement dédiée à l'animation"
    16 juin 2021 à 18:00
    Clément Cusseau
    Clément Cusseau
    -Rédacteur
    Après des études en école de cinéma, Clément Cusseau intègre la rédaction d’AlloCiné en 2011. Il est actuellement spécialisé dans les contenus streaming et l’actualité des plateformes SVOD.

    Avec l’arrivée de séries franco-belges comme Tintin et Lucky Luke, la plateforme Anime Digital Network se lance dans une ouverture massive de son catalogue pour s’affirmer comme le spécialiste de l’animation en France.

    Média-Participations / ADN

    AlloCiné : Le 16 juin va marquer le début d'une nouvelle ère pour la plateforme ADN. Concrètement, quelles sont les nouveautés attendues aujourd’hui ?

    Julien Lemoine (administrateur de la plateforme Anime Digital Network) : Ce qui nous attend le 16 juin, c'est l'ouverture du catalogue, ce qui a d’ailleurs déjà commencé avec de premières séries ajoutées en octobre dernier qui s’apparentent à de l'animation japonaise, comme par exemple Valérian et Laureline qui est une coproduction japonaise.

    Peu à peu, nous avons élargi notre catalogue avec des titres de Média-Participations, coactionnaire de la plateforme ADN, comme Kid Paddle et Les malheurs de Sophie, qui marchent très bien chez nous. Cela a été l’occasion pour nous de tester l’affinité du public sur les différentes animations.

    Ensuite en mars dernier, on a lancé l’option multi-profil pour anticiper cette grosse arrivée du 16 juin : concrètement à cette date, mille épisodes supplémentaires vont rejoindre la plateforme dans lesquels on va retrouver de nombreuses séries cultes : Lucky Luke, Les Aventures de Tintin, Titeuf...

    Mais cela ne va pas s’arrêter là. On a déjà tout un planning avec quatre ou cinq séries qui vont intégrer le catalogue chaque mois pour alimenter cette section qu’on peut qualifier d'animation franco-belge, puisque ce sont pour la plupart des adaptations de BD franco-belges.

    Les Aventures de Tintin
    Les Aventures de Tintin
    Sortie le 1 janvier 1991 | 45min
    Série : Les Aventures de Tintin
    Avec Thierry Wermuth, Christian Pelissier, Marie Vincent, Henri Labussière, Yves Barsacq
    Spectateurs
    3,8
    Streaming

    Avec l’arrivée de séries plus classiques, la ligne directrice de la plateforme ADN – jusqu’ici essentiellement consacrée au public ado/jeune adulte – va-t-elle évoluer ?

    L'idée est vraiment d’étendre notre cible. Je travaille chez VIZ Media Europe depuis 2012, je suis arrivé sur la chaîne Kazé TV et ensuite j'ai fondé ADN avec Citel et Media-Participations via le label Kana. Notre mission depuis le début, en tant que plateforme de simulcast, a été de démocratiser l'animation japonaise.

    Aujourd'hui, on peut dire que nous y avons contribué, au même titre que d’autres plateformes spécialisées comme Crunchyroll et Wakanim. Et puis, il y a des plateformes généralistes comme Netflix qui y contribuent d'autant plus que nous, du fait de leur puissance économique.

    Notre positionnement n’est désormais plus sur la démocratisation pure et simple, mais vraiment d'aller encore plus loin. Aujourd'hui l'animation japonaise représente un énorme pan de l'animation, c’est même un des plus gros acteurs de l’industrie, mais il ne faut pas oublier que l’animation est avant tout un médium.

    Nous estimons chez ADN qu’il manque une plateforme entièrement dédiée au médium de l'animation. Donc notre nouvel objectif, c'est de nous diriger vers un modèle de plateforme complémentaire d'un généraliste. Avec nos moyens, nous ne pourrons pas concurrencer Amazon ni Netflix, ce n'est pas l'objectif et de toute façon, cela n'aurait aucun intérêt pour le consommateur.

    Média-Participations

    Les trois plateformes spécialisées que constituent ADN, Crunchyroll et Wakanim ont su développer chacune une identité propre, pour s’adresser à un public différent. Désormais, on peut dire que ADN va également se démarquer par la mise en place de cette nouvelle stratégie.

    Il y a un élément contextuel qui est super important, c'est la mise en place aujourd'hui de la directive SMA (service de médias audiovisuels). Elle implique deux éléments majeurs : quand la plateforme a atteint un certain chiffre d'affaires notamment, elle tombe sous le coup d’obligations.

    La première, c'est la participation à la production de contenus français et également la réglementation sur les quotas de diffusion, un peu comme une chaîne de télévision mais pas dans les mêmes proportions. Et heureusement, parce qu’on a répondu au CSA que nous sommes un service spécialisé et que cela serait très compliqué pour nous de sortir une production originale d’animation du jour au lendemain.

    En prenant en compte cette réglementation, on peut décider d’en faire soit une contrainte, soit une opportunité. Et on s'est donnés les moyens d’en faire une opportunité. Aujourd'hui, je reste convaincu qu'il manque en France une plateforme spécialisée dans les animations et c'est donc vers ce modèle que l’on souhaite se diriger, étape par étape.

    Et la première étape, c'est celle-là, d'ouvrir le catalogue et de récupérer de l’animation franco-belge dans un premier temps. Mais ça n’exclut absolument pas l’arrivée d'autres animations, des productions américaines comme Batman : la série animée qui sont à mon sens des séries qui pourraient très bien fonctionner, même sur une audience d'animation japonaise.

    Média-Participations

    Une refonte de la plateforme est-elle prévue, par exemple pour démarquer les différents univers d’ADN comme l’a fait Disney+ avec Marvel, Star Wars… ?

    On aura un truc un peu similaire mais pas pour l'instant. On bosse dessus mais cela va prendre du temps. On avance plus lentement, car nous n’avons pas les mêmes moyens qu’eux. Mais oui, c'est sûr qu'à terme, il va vraiment falloir réussir à mieux compartimenter. L'objectif du projet était déjà de créer un petit peu ça avec un espace "Kids". Il faut vraiment faire attention à ne pas rendre n’importe quelle série violente accessible à un enfant qui vient sur ADN pour regarder Tintin.

    Après les axes nostalgie et famille, est-ce que l’animation pour adulte pourrait également faire l’objet d’un développement sur ADN ?

    Carrément ! C’est presque une priorité pour nous. La problématique de l’animation pour adultes c’est qu’il en existe très peu. Notre axe de développement c’est celui-ci. Netflix et Amazon se développent via l’acquisition de studios mais nous on veut anticiper cette nouvelle vague d’animation.

    Titeuf
    Titeuf
    Sortie le 4 avril 2001 | 8min
    Série : Titeuf
    Spectateurs
    2,4
    Voir sur ADN

    Quel est le process d’achat d’une série ? Peut-on cibler un titre spécifique, ou les transactions se font-elles par achats groupés ?

    L’avantage d’ADN c’est que l’on peut choisir dans le catalogue. Nous ne sommes pas dans un système d’acquisition classique. Généralement, quand on veut acheter une série, le détenteur des droits n’accepte de nous la céder qu’à la condition de lui prendre d’autres séries moins connues.

    On se doit donc parfois d’ajouter des titres qu’on ne choisit pas, pour pouvoir diffuser la série de notre choix. L’avantage pour nous, c’est qu’on peut choisir à moindre coût puisqu’il s’agit de productions "maison", pas d’ADN directement, mais de Média-Participations.

    Pour les séries japonaises, c’est plus compliqué, il y a un système d’enchère entre nous, Crunchyroll et Wakanim pour chaque titre. Il faut aller à la rencontre de chaque studio, faire monter les prix et voir ce qu’il est possible de faire. Le facteur économique n’est d’ailleurs pas le seul à entrer en compte, puisque les studios sont très vigilants quant au traitement de leurs licences.

    Quel intérêt pour un ayant-droit de laisser les droits à une plateforme plus modeste que Netflix, puisque sa série sera à priori beaucoup moins regardée ? La différence de notre société c’est la gestion de droits : il y a certes une activité de streaming mais également cette gestion qui nous permet notamment de pouvoir revendre les droits.

    Par exemple Bleach, dont on ne revend qu’une partie de la série. Cela permet de faire connaître la série, même si elle est très connue il y a toujours un public à qui la faire découvrir.

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    Commentaires
    • meiyo
      Ce n'était pas déjà le cas ?
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