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    Eux sur Prime Video : que vaut cette série d'horreur qui a fait polémique ?
    23 juil. 2021 à 10:00
    Emilie Semiramoth
    Emilie Semiramoth
    Cheffe du pôle streaming, elle a été biberonnée aux séries et au cinéma d'auteur. Elle ne cache pas son penchant pour la pop culture dans toutes ses excentricités. De la bromance entre Spock et Kirk dans Star Trek aux désillusions de Mulholland Drive de Lynch, elle ignore les frontières des genres.

    Diffusée dans un premier temps en version originale sous-titrée, sous le titre "Them", la série horrifique et politique "Eux" revient sur Prime Video dans une version multilingue. L'occasion de revenir sur une œuvre tout sauf consensuelle...

    De quoi ça parle ?

    THEM est une série horrifique anthologique traitant du racisme à travers une nouvelle histoire chaque saison.

    THEM : Covenant - en 1953, Henry et Lucky Emory, un couple d'Afro-Américains, décident de déménager avec leur petite famille de la Caroline du Nord à un quartier résidentiel entièrement blanc de Los Angeles. La maison située dans une rue idyllique devient le théâtre de phénomènes surnaturels inquiétants alors que des forces maléfiques se mettent peu à peu à les détruire...

    Eux
    Eux
    Sortie : 9 avril 2021 | 52 min
    Série : Eux
    Avec Deborah Ayorinde, Ashley Thomas, Alison Pill, Shahadi Wright Joseph, Melody Hurd
    Presse
    2,8
    Spectateurs
    3,6
    Voir sur Prime Video
    C’est avec qui ?

    Drame d’horreur anthologique, Eux est une série produite par Lena Waithe (Master of None, The Chi) et créée par Little Marvin. Dans le rôle de la mère, Lucky, on retrouve l’actrice britannique Deborah Ayorinde. On a pu la voir dans plusieurs petits rôles dans Sleepy Hollow, True Detective mais aussi dans Luke Cage.

    Le britannique Ashley Thomas joue son mari, Henry. On a pu le voir dans les saisons 2 et 3 de Top Boys. Plus récemment, il a interprété le frère de Luca Quinn (Cush Jumbo) dans The Good Fight. Pour les amateurs de musique, il est connu sous le nom de Bashy, son alias musical.

    Face à eux, l’actrice canadienne Alison Pill (Star Trek : Picard, Devs) joue une voisine hostile qui voit d’un mauvais œil l’installation de ces nouveaux voisins en face de chez elle.

    Ça vaut le coup d’œil ?

    Eux se présente d’emblée comme un thriller social d’horreur. La série s’inscrit ainsi dans la même veine que les films de Jordan Peele (Get OutUs) ou encore la série Lovecraft Country.

    L’action se situe pendant la grande migration afro-américaine, ce mouvement qui a conduit quelque six millions d’Afro-Américains du Sud des Etats-Unis vers le Midwest, le Nord-Est et l’Ouest du pays. Ils fuyaient le racisme du Sud pour une vie meilleure, en espérant trouver du travail dans les grandes villes industrielles.

    Malheureusement pour la famille Emery, le rêve américain tarde à se concrétiser. La maison idyllique qu’ils ont achetée à Compton est l’épicentre de forces malveillantes, qui viennent aussi bien des voisins qui ne supportent pas de voir une famille noire s’installer dans leur quartier que d'un autre monde, des entités obscures et menaçantes qui rappellent celles de The Haunting of Hill House.

    La narration de la série se développe sur dix jours d’horreur et d’angoisse au sein de la famille Emery. Et dès le premier jour, de mauvais augures font leur apparition. Cela commence lorsque l’agent immobilier qui leur a vendu la maison cherche à les rassurer en affirmant que la clause qui interdit de vendre à des acheteurs noirs ou d’ascendance noire n’a pas de valeur légale…

    Le même jour, leur voisine Betty (Alison Pill) et ses copines du quartier affichent ostensiblement leur hostilité à leurs nouveaux voisins en s’installant sur des chaises face à la maison des Emery au beau milieu de la rue avec la radio au volume maximum. Et bien sûr, l’animosité va aller crescendo.

    Amazon Prime Video

    Une menace permanente

    Jusque dans ses séquences les plus anecdotiques, Eux se veut un témoignage de l’étouffement permanent auquel la famille Emery est contrainte. La moindre saynète devient objet d’angoisse.

    C’est le silence pesant lorsque Henry entre dans son nouveau bureau où tous les employés sont blancs. C’est le sourire inquiétant d’une voisine qui agite son bras comme un robot au passage de leur voiture. Le moindre geste cache peut-être une menace.

    Si la narration se construit comme un étau qui se resserre inexorablement, les prestations de chaque membre de la distribution sont tout aussi angoissantes et n'offrent aucune bulle d'oxygène. Les visages crispés de part et d’autre expriment la haine et la terreur et entretiennent l’inconfort du spectateur.

    Pourquoi l'épisode 5 est-il autant controversé ?

    Tout ceci contraste drastiquement avec la réalisation, très réussie, de la série. L’image est habillée de couleurs vives, de contrastes forts. Les costumes et coiffures semblent tout droit inspirés des magazines de mode de l’époque.

    Tout y est un peu trop clinquant pour être honnête. C’est alors dans les cadrages que la fausse note (volontaire) s’insinue. Décentrages et contre-plongées viennent signifier au spectateur que quelque chose cloche.

    On n’évoquera pas ici les créatures cauchemardesques qui refusent de rester bien longtemps dans le noir. L’artifice est presque superflu quand on voit les antagonismes s’exprimer si librement. Eprouvant, le visionnage s'apparente à une expérience sensorielle et saisissante où l’horreur sert à s’identifier au vécu des protagonistes, métaphore du racisme qui agite les Etats-Unis.

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