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    Ici tout commence : l'intrigue du Cercle, le 500e épisode, les nouveaux personnages... Le directeur de collection nous dit tout
    2 oct. 2022 à 18:00
    Jérémie Dunand
    Jérémie Dunand
    -Chef de rubrique télé / Journaliste
    Bercé dès l’enfance au rythme de Sous le soleil, de P.J., ou des sagas de l’été, il se passionne de plus en plus pour les séries françaises au fil du temps. Et les dévore aujourd’hui (presque) toutes, de Balthazar à Scènes de ménages, en passant par Hippocrate, Candice Renoir, Ici tout commence.

    "Ici tout commence" fête son 500e épisode ce lundi sur TF1. À cette occasion, Othman Mahfoud, le directeur de collection du feuilleton, revient pour nous sur son travail, les nouveaux personnages de la saison 3, et les grosses intrigues à venir.

    AlloCiné : Vous travaillez sur Ici tout commence depuis le début, vous avez co-créé le feuilleton avec Eric Fuhrer et Coline Assous. La cuisine, c’est un univers qui vous intéressait beaucoup de base ?

    Othman Mahfoud (créateur et directeur de collection d'Ici tout commence) : Ça m’intéressait, oui, parce que je trouve que c’est profondément français. Du coup ça nous permettait de faire une arène avec laquelle on ne singeait pas ce que font les Américains. Je trouvais ça intéressant de partir d’une arène assez proche de la culture française, il y avait un truc qui fonctionnait bien.

    Après, en soi, je ne suis pas un spécialiste de la cuisine. Mais le parti pris de départ me plaisait, je sentais qu’on allait pouvoir faire des choses dedans. C’est toujours dangereux de s'amuser à copier un truc que les Américains font mieux que nous. Là, il n'y avait pas de modèle, je trouvais ça pas mal.

    Dans la plupart des autres séries, l'action se déroule plutôt dans des écoles de danse ou de chant. Et là on avait ce concept de l’école de cuisine qui nous enthousiasmait beaucoup et on est parti d’une page blanche pour construire la série durant un an.

    Vous vous êtes vite arrêtés sur l’univers de la cuisine ? Car on imagine que l’idée de départ c’était de construire un spin-off de Demain nous appartient autour du personnage de Maxime (Clément Rémiens)…

    Ça ne s’est pas fait comme ça. En fait, au départ, l'idée était vraiment d'imaginer un deuxième feuilleton quotidien pour TF1. Il y a donc eu plusieurs discussions au sujet de l’arène de cette nouvelle série et on s'est assez vite arrêté sur l'école de cuisine. Et à partir de là, en fait, on a construit le feuilleton. Et c'est TF1 qui a, dans un second temps, demandé une passerelle avec une Demain nous appartient.

    Mais quand on regarde Demain nous appartient et Ici tout commence, on voit bien que les deux séries sont très différentes. On voit que ça a été construit complètement différemment. J'ai travaillé sur Demain nous appartient avant donc je sais à quel point c'est différent. Il n’y a pas de polar dans Ici tout commence.

    Ça va rester ainsi ?

    Oui, le polar n'est pas du tout dans l'ADN d’Ici tout commence.

    Ici Tout Commence
    Ici Tout Commence
    Sortie : 2 novembre 2020 | 26 min
    Série : Ici Tout Commence
    Avec Vanessa Demouy, Frédéric Diefenthal, Elsa Lunghini
    Presse
    3,1
    Spectateurs
    3,0
    Voir sur Salto

    Vous êtes récemment devenu le nouveau directeur de collection du feuilleton. Vous succédez à Eric Fuhrer, qui tenait ce poste sur les deux premières saisons et a également été directeur de collection de Demain nous appartient pendant plusieurs années. A-t-il quitté Ici tout commence ?

    Oui, il est parti se consacrer à d'autres projets. C’est lui qui a voulu partir faire autre chose. Et comme j’étais quelque part le numéro deux, les choses se sont faites un peu dans la continuité. Auparavant, j’étais directeur des séquenciers. On a travaillé sur la bible avec Coline Assous et Eric Fuhrer, et quand on a vraiment commencé à écrire la série je suis devenu directeur de l'atelier séquenciers. Ce que j'ai fait jusqu'à mon passage au poste de directeur de collection, il y a quatre ou cinq mois.

    Le travail de directeur de collection est encore assez méconnu. Est ce que vous pouvez expliquer un peu en quoi cela consiste ?

    C’est très très vaste. En gros, le premier poste, c'est d’être le chef des auteurs quelque part, des trois départements d'écriture : les arches, les séquenciers, et les dialogues. Mais il y aussi toute la partie plateau, donc la gestion des textes une fois qu'ils passent au plateau. C’est un travail sur lequel on est un peu partout. Si on rassemblait le producteur et le directeur de collection, ça ferait un showrunner. Mais c’est impossible sur un feuilleton quotidien. C’est impossible d'avoir quelqu'un qui manage tout parce que le truc est colossal.

    Après, en soi, on doit avoir la vision à moyen et long terme de la série. Et on doit aussi arriver à tirer le meilleur des auteurs, à les faire travailler ensemble, à essayer de construire les choses les plus intéressantes possibles. C’est vraiment un travail sur le moyen et le long terme. C'est ce qui me change par rapport au travail de directeur des séquenciers, où mon travail était de livrer les cinq épisodes de la semaine. Là, la question c'est plutôt : qu’est ce qu’on fait dans cinq mois ? Qu'est ce qu'on fait dans six mois ? Où on emmène tel personnage ?

    Avec combien d'auteurs travaillez-vous au total ?

    Il y en a trente en tout. Il y a à peu près treize ou quatorze personnes en séquenciers, treize ou quatorze dialoguistes. Il y a trois personnes sur les arches narratives. Et chaque équipe a son chef de poste, tout est très hiérarchisé. J’ai une chef des dialogues, Claire Kanny, un directeur des arches, Mohamed Benyekhlef, deux directeurs des séquenciers, Geoffrey Bidaut et Chemsa Dahmane.

    Ce sont des gens avec qui je travaille depuis longtemps, c’est la même équipe depuis le début. C'est une famille en fait, personne n’est parti, on est ensemble dans cette aventure depuis le début. Donc en réalité c'est assez simple. Les gens sont contents de bosser sur cette série, c’est vraiment le côté gratifiant. Heureusement, car c’est beaucoup de travail.

    Et vous travaillez en étroite collaboration avec Sarah Farahmand, la productrice d'Ici tout commence, et Eglantine Sofianos, la productrice artistique ?

    Bien sûr, je suis en contact permanent avec Sarah et Eglantine. C’est quasiment heure par heure (rires). Ce sont des productrices assez incroyables. La somme de travail qu’elles abattent, c'est colossal. Et puis elles ont un vrai goût artistique. C’est une équipe assez jeune et je trouve qu’on ressent cette modernité dans la série et au quotidien dans notre travail.

    Et puis elles peuvent tout faire : lire les textes, faire du casting, choisir les costumes, elles sont hyper complètes, et c’est assez rare. J'ai vraiment accepté le poste parce que je connaissais l’équipe. Il y a tellement de défis, je n’y serais pas allé sans savoir qu’il y avait telle ou telle personne à tel poste et que je pouvais me reposer sur ces personnes. Et notamment sur Sarah et Eglantine.

    ITC/TF1

    La rentrée et le lancement de la saison 3 ont été marqués par l'arrivée de la nouvelle promo, composée de cinq nouveaux élèves : Samia, Vic, Billie, Ethan, et David. Comment s'est passé le processus de création de ces nouveaux personnages ?

    Comme on est dans une série chorale, la question c’est "comment amener des personnages qui vont permettre de déclencher des histoires ?". La plus grosse erreur, c'est quand on ramène un personnage et qu’il se balade tout seul et n’est relié à personne. On a tendance à relier nos personnages à d'autres parce que ça nous permet réellement de construire des trajectoires avec les gens de l’institut.

    Donc on voulait imaginer des personnages qui puissent s'imbriquer avec ceux qui existaient déjà afin de garder ce côté choral. Et du coup, après, sur le processus en lui même, on part d'archétypes, on l'a toujours fait. On part d'archétypes et, ensuite, on commence à les complexifier au fur et à mesure de l’écriture.

    Sur Ici tout commence, puisqu’on est la seule quotidienne en huis clos, si on a des personnages faibles, on est foutu (rires). Il nous faut des personnages très, très complexes. Il y a des personnages que les gens ne connaissent pas encore complètement. Mais nous, à l'écriture, on les a vraiment construits de manière très complexe. Et au fur et à mesure, on va les révéler. Il va y avoir des gros chocs chez les téléspectateurs. On est obligé de travailler comme ça.

    Si les gens n'étaient pas fascinés par les personnages, ça ne fonctionnerait pas. Ils ne reviendraient pas le lendemain pour regarder la suite de la série. C’est assez dur à faire, c’est très long, très pensé. Les nouveaux personnages c’est plusieurs mois de travail, pour trouver leur connexion avec les autres. On a fait un travail qui est sur vraiment sur le long terme.

    Vous vous êtes vite arrêtés sur l'idée d'avoir le fils de Cardone parmi les nouveaux élèves ?

    Oui, on y est assez vite arrivé. Quand on l’a évoqué lors du brainstorming, ça a vite paru évident pour tout le monde. Après, il fallait le construire. Quelle histoire on allait raconter avec lui ? Mais oui, je pense que c’est le premier personnage qu’on a défini. Car pour cinq personnages qui arrivent dans la série, on en a sûrement imaginé trente. On brainstorm beaucoup et finalement on garde ceux qui s’imbriquent le mieux dans la série et dans l’institut.

    Certains sont des antagonistes, d'autres sont des catalyseurs d'histoires. Ça demande de bien connaître la série pour le faire. C’est toujours le danger. Heureusement, toute l'équipe était là depuis le début. Même les choses qu’on n’a pas encore révélées sur les uns et les autres, nous on les connaît. On se dit "Tiens, ça va nous permettre enfin de parler de ça".

    Pour l'instant, Alexandra Vandernoot, qui incarne la cheffe Cardone, continue d'apparaître épisodiquement dans la série. Il n'y pas de volonté de faire de son personnage un personnage récurrent ? Elle vous paraît plus intéressante de cette manière ?

    Oui, pour l'instant l'idée est de garder les apparitions de Cardone épisodiques. C’est intéressant parce qu'elle a un rapport avec Teyssier qui est trouble. Ça nous permet d'explorer pas mal de choses sur son passé. Et Teyssier se voit un peu dans Ethan, je trouvais ça intéressant. Même Teyssier prend un peu en affection ce gamin.

    Et c’est très archétypal, le côté "Mes parents veulent que je réussisse. Je dois être le premier". Je pense que ça va parler à plein de gens. Je pense qu'il y a plein de téléspectateurs qui ont vécu ça quand ils étaient gosses.

    ITC/TF1

    Au départ, on pouvait penser que l'arrivée d'Ethan allait permettre de développer une intrigue dans laquelle il servirait de cheval de Troie à sa mère, d'espion au sein de l'institut. Finalement on ne se dirige pas du tout vers ça ?

    Non. De toute façon, si les idées sont évidentes, on ne les fait (rires). On essaye de surprendre les téléspectateurs au maximum.

    Il y a un duo qu’on adore déjà, c’est Ethan et Axel. C’est un peu la "bromance" qui manquait à la série…

    Exactement. Toute la première arche de la saison, depuis le concours d’entrée, a été construite autour de cette amitié. On voulait vraiment construire une amitié masculine un peu différente de ce qu'on voit d’habitude. C’est quelque chose qu'on n'avait jamais fait. Et ça marche bien entre eux. Il y a quelque chose de vachement touchant dans cette amitié.

    Souvent, les amitiés masculines sont un peu brutes, ou un peu toxiques, pas très subtiles. Mais cette amitié apporte beaucoup à la série et le jeu entre Thomas Da Costa et Rik Kleve est super.

    Il y a aussi une belle amitié et une belle sororité qui est tout de suite née entre les trois filles, Samia, Billie, et Vic. On sentait un peu moins cet effet de bande l'an dernier, avec les nouveaux personnages de la saison 2, qui marchaient davantage individuellement. Est-ce qu'il y avait une volonté de la part des auteurs de "corriger" cela en saison 3 ?

    C'est vrai qu'on a construit cette nouvelle promo de manière un peu différente. Les personnages de la saison 2 ont apporté un truc super à la série, que ce soit Kelly, Ambre... Mais ces personnages ont mis plus de temps à se révéler, c'est vrai. Au début de la saison 2, on était encore beaucoup sur Greg et Eliott par exemple, en lien avec Jasmine et le bébé. Les nouveaux personnages ont pris de la place et de l'ampleur au fil du temps.

    Là, cette année, on voulait quelque chose de différent. On est tout de suite sur les nouveaux. Avec les filles, avec Ethan par rapport à sa mère et Samia, avec David qui est au cœur de l'arche sur Anaïs. On a voulu retrouver un peu la force de la première saison, qui reposait sur des amitiés très fortes. Et puis on a aussi de vrais antagonistes, ce qui était un peu moins le cas l'an dernier.

    Depuis quelques jours, une intrigue s'intéressant au passé de l'institut commence à se développer. Que pouvez-vous dire sur ce que nous réserve cette arche autour du Cercle ?

    C'est une grande intrigue, plus grande même que les gens l’imaginent, et qui démarre de manière un peu marrante quelque part. Mais ça ne va pas être aussi marrant tout le temps (rires). C’est plus réaliste que ce qu’on peut penser. Au départ, on a l’impression qu’on fait Harry Potter, mais ce n’est pas du tout Harry Potter.

    C'est une intrigue qui est reliée au château, à l'institut, à son passé. C’est une intrigue qu’on voulait faire à un moment, qu'on a laissé un peu de côté. Et maintenant, en troisième saison, c'est l'occasion d'y revenir. Donc les gens vont avoir de grosses, grosses surprises.

    ITC/TF1

    C’est une intrigue qui va démarrer un peu plus aux alentours de l’épisode 500, avec une découverte liée à Auguste ?

    Alors, non, ça c’est autre chose. Pour l’épisode 500, on a fait un petit truc avec Louis, Auguste, et les Armand qui va émouvoir pas mal les gens. Mais concernant le Cercle, je ne peux pas tellement en dire plus. J’ai vraiment envie que les gens le découvrent en regardant la série.

    C’est quelque chose d’assez vertigineux, on l’a vraiment construit comme quelque chose de vertigineux. On va découvrir un nouveau décor, et vous allez vite voir comment tout ça est relié à l’institut. Mais c’est assez énorme, vous verrez.

    Louis est devenu prof à l'institut en ce début de saison 3. C’était la suite logique selon vous ?

    Oui, c’est la suite logique de son personnage. C’est un peu l'âge de raison de Louis, on va travailler sur ça. Sa manière d'être prof va surprendre les gens. C’est un personnage fondamental de la série qu'on va continuer à travailler. Mais il a une trajectoire un peu différente cette année.

    Guillaume a récemment quitté la série, mais on va continuer à voir beaucoup Laetitia car toute l’histoire sur le père de Kelly va arriver…

    Oui, c’est une intrigue vraiment très belle. Hyper émouvante. C’est Kelly qui cherche son père, et Axelle Dodier est incroyable dans ces épisodes. Ce qu’elle fait est remarquable. Je pense que les gens vont être bouleversés. Ce n’est pas vraiment de la comédie, c'est assez juste, assez réaliste. On va suivre tout ça et ensuite on verra bien qui est le père (rires). C’est une arche qui va se développer dans le temps et qui va prendre une certaine ampleur à un moment donné.

    Il y a eu plusieurs épisodes catastrophe d'Ici tout commence, le dernier en date étant celui du bal de promo. Est-ce que l’idée est d’en proposer un chaque année, un peu comme sur Demain nous appartient ?

    Oui, c'est possible qu'on se dirige vers ça. Mais il faut se renouveler, on ne peut pas proposer éternellement le même truc. Il faut surprendre les gens. Mais si on y arrive, c’est possible qu’on propose un épisode événement chaque année.

    Malgré le succès de la série, un prime n'est toujours pas d'actualité ?

    Non, on est bien là (rires). On a beaucoup de travail. On a beaucoup à faire. Donc ce n’est pas d’actualité pour le moment.

    Propos recueillis dans le cadre du Festival de la Fiction TV de La Rochelle.

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