Anthony Quinn : parcours d'un géant

Anthony Quinn qui fut Barrabas, Quasimodo et Zapata à l'écran, est décédé le 3 juin à l'âge de 86 ans. Retour sur la vie d'un monstre sacré.

Grec, chicano, peau-rouge, rital, il était le "métèque" préféré d'Hollywood. Dans ses veines coulait du sang aztèque et irlandais, source d'un tempérament étonnamment vigoureux que l'on croyait indestructible. Anthony Rudolfo Oxaca Quinn laisse derrière lui 151 apparitions à l'écran, treize orphelins et trois veuves, tous témoins de son insatiable appétit de la vie.

Comme tant d'autres, Anthony Quinn est entré dans le métier un peu par hasard. Certains misent sur l'excellence du Conservatoire, Quinn choisit l'imperfection humaine, le défaut d'élocution qui le mènera à faire la bonne rencontre. Dix-huit ans après sa naissance, le 21 avril 1915 à Chihuahua (Mexique), il prend des cours de diction avec une enseignante d'art dramatique de l'école dont il est portier. Il a goûté aux plaisirs de la comédie, il n'en démordra plus jusqu'à la fin de sa vie.

Ses premiers pas sur les planches se font aux côtés d'une légende, Mae West, dans Clean beds (1933). Ses débuts, sur les plateaux de tournage, se feront grâce une autre légende, Cecil B. DeMille. Quinn bluffe, c'est le coup de poker. Il obtient un premier rôle dans Une aventure de Buffalo Bill (1936) et commence à poser les fondements de sa légende : l'image du courageux rebelle et la rencontre avec Katherine DeMille, fille adoptive du grand réalisateur, qu'il épouse en octobre 1937.

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