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    "Metropolis" au Forum des images
    19 déc. 2001 à 14:30

    Très attendu, "Metropolis" de Rintarô, présenté ce mardi 18 décembre au soir au Festival "Nouvelles images du Japon", a tenu toutes ses promesses.

    La foule se presse aux portes du Forum des images de Paris ce mardi soir. Bousculade en guise de file d'attente, puis les spectateurs se ruent vers la salle de projection. Normal, Metropolis de Rintarô, présenté dans le cadre du Festival "Nouvelles images du Japon", est, avec Le Voyage de Chihiro d'Hayao Miyazaki et Millenuim actress de Satoshi Kon, l'un des mangas les plus attendus du moment.

    Adapté de la bande dessinée d'Osamu Tezuka et inspiré du Metropolis de Fritz Lang, le film de Rintarô a tenu toutes ses promesses, tant au niveau de l'animation qu'à celui d'un scénario d'une intelligence et d'une vision rare, signé Katsuhiro Otomo, le père d'Akira. Tezuka, Ôtomo et Rintarô (réalisateur de Galaxy Express 999 en 1979), trois grands noms du dessin et de l'animation japonaise pour un film dont l'ambition est à l'image de sa véritable héroïne, la mégapole Metropolis : gigantesque.

    Au coeur de la cité

    Imaginé en 1949 par Osamu Tezuka, créateur d'Astro le petit robot, Metropolis est une immense ville qui s'est développée sur plusieurs niveaux, chacun d'entre eux correspondant de fait à une classe social. Une mégapole dirigée d'une main de fer par le baron Red et dont les tâches manuelles sont laissées à la charge des robots, aides nécessaires mais aussi souvent souffre-douleur des humains qui les ont assemblés. Une mégapole dont le futur sera confié à Tima, robot ultra-sophistiqué fabriqué illégalement selon les désirs du baron Red à l'image de sa défunte fille.

    Souvent directement référencé au Metropolis de Fritz Lang, le film de Rintarô possède le même génie visuel que son illustre prédécesseur, la même volonté d'utiliser toutes les technologies possibles pour repousser les limites de la caméra. Cette fois, ce sont les images numériques qui donnent vie à l'incroyable cité. Des créations informatiques qui permettent de visiter Metropolis de fond en comble, de naviguer à grande vitesse dans les entrailles de cette ville-état improbable et d'en saisir toute l'ambition démesurée et la complexité inhérente. Et si l'on est surpris en début de projection par la relative bonhomie physique des personnages (assez semblables à ceux du dessin animé Astro le petit robot), c'est pour mieux les redouter au fur et à mesure d'un scénario brassant bon nombre de thèmes chers à la production japonaise.

    Chaos et espoir

    Lutte sociale, peur de la technologie et de l'inconnu, danger d'un conflit dont les enjeux dépassent les humains et surtout quête de son identité, le tout regroupé dans une intrigue tout d'abord confuse pour ensuite dégager sa complexité et son intelligence au fur et à mesure du film. Brassant autant dans l'univers d'Osamu Tezuka (Tima n'est pas sans rappeler Astro), dans celui de Katsuhiro Ôtomo (le chaos social et le danger nucléaire d'Akira) et même dans la légende de la Tour de Babel, l'intrigue se révèle, les destins se croisent, pour culminer dans un final étourdissant de suspense et de qualité technique...

    Du chaos renaît l'espoir de jours meilleurs. De Metropolis subsiste le souvenir d'une oeuvre inclassable dont la lecture à plusieurs niveaux n'a pas fini de nous hanter. Déjà un classique.

    Thomas Colpaert

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