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Le clan Coppola
Roman Coppola : Il ne fait aucun doute que le cinéma est une tradition familiale, tout comme les arts en général. Mon grand-père était chef d'orchestre et compositeur de musiques de films. Certains oncles et cousins sont soit artistes soit musiciens. On peut dire que l'amour et la culture des arts sont innés dans notre famille. Cela paraît donc normal que nous soyons tous attirés par cet univers.
Passer au long métrage
Cela faisait quelque temps que j'avais envie de réaliser un long métrage, que l'idée me trottait dans la tête. Cela fait environ dix ans que je m'adonne à la profession de réalisateur, en touchant un peu à tout. J'ai surtout travaillé dans les secondes équipes. J'ai également réalisé des publicités, des vidéo clips... J'avais toujours souhaité réaliser un long métrage, mais je suis assez maniaque. Je voulais que mon premier film soit quelque chose d'unique et de personnel et dont je puisse être fier. Il a fallu du temps pour que mon film prenne forme. Par le passé, j'ai travaillé sur des projets de films, qui n'ont finalement jamais vu le jour. Je suis un fervent croyant du "heureux hasard", je pense que les choses ont lieu pour une raison. C'est pour cela que j'ai enfin réussi à accomplir la dure tâche d'écrire le scénario. Nous avons réuni les acteurs désirés et tout est rentré dans l'ordre. Je n'aurais pas rêvé mieux.
Une déclaration d'amour au cinéma
À mes yeux, c'est une déclaration d'amour au cinéma en général, et pas uniquement aux cinéastes, bien que le film raconte l'histoire d'un rédacteur qui souhaite se lancer dans la réalisation de films. J'ai cherché à aborder tous ou du moins une grande partie des éléments qui contribuent à la réalisation d'un film. Ceci dit, ce n'était pas un effort conscient. Le film a pris forme progressivement. J'avais une petite idée qui me trottait dans la tête, le fruit de mon imagination, un film que j'avais envie de faire. Le film a pris forme au fur et à mesure que j'accumulais des éléments. J'ai regardé un grand nombre de films, en quête de sources d'inspiration. Mon film est le regroupement et la fusion de mes recherches. Je n'avais donc pas une idée précise en tête, mais plutôt une vague idée d'un film que j'avais envie de faire et que j'ai progressivement scruté.
À la découverte des séries B
Je me souviens vaguement de ce genre de films, tel que Barbarella et Of Many People. Mais, j'étais trop jeune à l'époque, en 1969-70, pour garder des souvenirs concrets de ces films. En revanche, il y a environ six ans, j'ai vu Danger, Diabolik !, de Mario Bava, avec John Philip Law. Ce film a été une source considérable d'inspiration et a éveillé ma curiosité quant à ce genre de films. Je me suis renseigné et ai fouiné. C'est ainsi que j'ai trouvé La Dixième victime, Modesty Blaise et quelques autres films moins bons. Ces films sont gorgés d'imagination et d'espièglerie, sans oublier la musique, les couleurs, l'inventivité et l'enjouement. Ça m'a énormément plu. Ce sont des films que je n'ai découverts que récemment et qui ont servis de tremplin vers CQ.
La France, source d'inspiration
Je suis né en France. Bien que je n'y ai jamais vécu, je ne peux m'empêcher de me sentir attiré par ce pays, et en particulier, par Paris. Quand j'étais enfant, la Tour Eiffel me passionnait. Le fait de réaliser ce film a été pour moi le simple désir de vouloir assouvir ma curiosité. Cette culture, cet endroit et cette époque m'intéressent. Cela ne voulait pas pour autant dire que je possédais une vaste connaissance du cinéma français de cette époque, mais, cela m'intéressait. Faire un film, l'écrire, le préparer, le filmer ne sont rien d'autre que le désir de vouloir assouvir sa curiosité. C'est pour cette raison que je l'ai fait. Cela m'intéressait et je voulais en savoir plus.
Un nouveau montage
En réalité, les changements sont assez subtils. Un film évolue continuellement. On cherche toujours à le peaufiner. En ce qui concerne Cannes, nous avions été pressés par le temps. Nous avons donc fait de notre mieux pour terminer le film à temps. Nous l'avons projeté et j'étais satisfait. Cependant, après le Festival de Cannes, la date de sortie a été repoussée pour des raisons diverses. Alors, comme nous avions plusieurs mois à perdre, avec ce film sur les bras, nous nous sommes dits : "Pourquoi ne pas le peaufiner davantage et le compléter ?" En effet, nous avions été contraints de le raccourcir. Nous avons donc pris le temps de le peaufiner et de l'ajuster. À mes yeux, ce n'est pas une réédition, mais plutôt une évolution. Si vous comparez les deux versions, le changement est très subtil. Et, très souvent, ce sont ces changements subtils qui font la différence. Je trouve que le film a plus d'impact maintenant. Mais, cela reste le même film qui a tout simplement été revu et corrigé pour être plus clair et plus envoûtant.
Propos recueillis par Thomas Colpaert et traduits par Camille Joubert