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    Sundance 2022 : on a vu le héros de Stranger Things en star des réseaux sociaux
    25 janv. 2022 à 20:00
    Corentin Palanchini
    Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.

    AlloCiné suit la 38ème édition du Festival de Sundance en commençant par la première réalisation de Jesse Eisenberg avec Finn Wolfhard de Stranger Things, mais aussi un documentaire glaçant sur Bill Cosby et le retour de Lena Dunham.

    Le 38ème Festival du film indépendant américain de Sundance se déroule actuellement en ligne jusqu'au 30 janvier. AlloCiné participe à l'événement pour vous partager les films les plus marquants ou attendus de cette édition. Découvrez notre sélection du jour, faite de deux longs métrages de fiction et d'une série documentaire.

    When You Finish Saving The World

    A24

    Il s’agit de la première réalisation de l’acteur Jesse Eisenberg, révélé par son rôle de Mark Zuckerberg dans The Social Network. Pour cette tentative, il fait appel à Julianne Moore, avec qui il n’avait jamais travaillé et à deux jeunes comédiens : Finn Wolfhard de Stranger Things et Alisha Boe de 13 Reasons Why.

    Produit par Emma Stone, qui a côtoyé Eisenberg sur les tournages des Bienvenue à Zombieland, When You Finish Saving The World raconte la vie d’une mère et de son fils. Elle, active dans l’aide aux femmes battues, ancienne militante, lui musicien perçant sur un réseau social fictif rappelant TikTok et déconnecté des problèmes du monde.

    La rencontre de ce fils avec une jeune femme va l’initier aux problématiques actuelles telles que l’exploitation de la planète et des hommes et ce faisant, il va se rapprocher de sa mère, qui s’intéresse à un autre jeune homme en qui elle voit le fils qu’elle pense n’avoir pas eu et qu’elle encourage à faire de hautes études.

    Pour sa grande première, Jesse Eisenberg ne cherche pas à éblouir avec une mise en scène marquante et s’intéresse plutôt aux personnages, bien croqués et surtout bien joués par l’ensemble du casting. Ce sont eux qui portent cette histoire aux problématiques certes actuelles, mais relativement déjà vue.

    When You Finish Saving The World n’a pas de date de sortie française mais a tout à fait le profil pour se retrouver en Quinzaine des réalisateurs ou (plus probablement) à Un certain regard au prochain Festival de Cannes.

    Sharp Stick

    FilmNation Entertainment, Good Thing Going

    Après 12 ans d’absence au cinéma (Tiny Furniture) et cinq ans après la fin de sa série GirlsLena Dunham revient à la mise en scène d’un long métrage avec Sharp Stick, le portrait d’une jeune femme de 26 ans (Kristine Froseth), qui décide de perdre sa virginité avec le père de l’enfant handicapé dont elle s’occupe. Père qui s’avère être marié, et joué par Jon "Le Punisher" Bernthal.

    Il faut reconnaître que Lena Dunham (qui joue un rôle dans le film) a un ton qui n’appartient qu’à elle dans la façon dont elle aborde la sexualité de manière frontale et sans tabou. L’éveil à la sexualité que raconte Sharp Stick ne fait pas exception à la règle, en abordant également la question de la pornographie via un personnage positif et féministe joué par Scott Speedman.

    Il manque à Sharp Stick un point de vue, un sujet allant au-delà de l'envie de placer à l’écran des thématiques sur la sexualité sans réellement les creuser ou leur donner une épaisseur quelconque.

    Dès lors, le film devient un enchainement de situations pas toujours heureuses dont on devine qu’elles sont là pour dénoncer leur habituelle absence dans le cinéma hollywoodien, mais dont on souhaiterait qu’elles nourrissent l’histoire qui nous est présentée. Car si le film est éminemment actuel dans ses thématiques, son propos lui, manque encore à l’appel.

    We Need To Talk About Cosby

    Boardwalk Pictures, WKB Indust

    Au festival, les quatre épisodes de cette minisérie ont été diffusés en un film de quatre heures consacrées à l’acteur, comique et producteur Bill Cosby, qui en 2015 a été accusé d’agression sexuelle par des dizaines de femmes, menant à sa condamnation à "3 à 10 ans de réclusion", avant qu’il ne soit libéré le 30 juin 2021 pour vice de procédure.

    Chaque épisode mêle deux aspects : le premier revient sur la carrière incroyable de l’acteur, premier Afro-Américain à tenir le rôle principal d’une série télé (Les Espions), comique à l’humour familial au style inimitable, initiateur de programmes éducatifs à la télévision, héros du Cosby Show et l’une des stars américaines les mieux payées des années 70 et 80.

    Le second aspect met en parallèle cette carrière brillante avec les témoignages de ses accusatrices, qui pour chacune des grandes périodes de sa vie professionnelle, viennent rappeler que Bill Cosby est un prédateur sexuel. Les témoignages sont évidemment glaçants, tout comme certaines interviews données par Cosby ou certains extraits de ses séries dont les lignes de dialogues, rétrospectivement, font écho à son modus operandi.

    Quant à savoir s’il faut séparer l’homme de l’artiste, le documentaire de W. Kamau Bell laisse ses intervenants tenter d’y répondre… chacun a sa propre opinion, et le spectateur choisira celle qui lui correspond.

    We Need To Talk About Cosby est diffusée le 30 janvier sur Showtime, et à l'heure de ces lignes, n’a pas de diffuseur français.

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