Derniers Avis : Springsteen: Deliver Me From Nowhere - Page 3
Springsteen: Deliver Me From Nowhere
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Aurore GT
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4,0
Publiée le 11 novembre 2025
springsteen est un grand artiste très intéressant de comprendre et d'assister à la lutte de quelqu'un face à la dépression, face aux difficultés de la vie envie d'écouter ses musiques et de l'écouter parler davantage le film a des qualités au delà de l'histoire, le rythme, l'acteur principal, la tristesse, les paysages...
Revu hier soir « Deliver Me From Nowhere » au Rio de Capbreton avec une vingtaine de spectateurs (pas infamant pour cette jolie petite salle qui affiche rarement complet). Mon jugement sur le film : le fil narratif le plus fort est celui qui raconte la genèse de l'album « Nebraska » sur la base du livre de Warren Zanes. Les scènes avec la petite amie fictive Faye n'apportent rien, les flashbacks sont trop nombreux et pesants. Et le rôle clé d'Adele (la mère de Bruce), dont l'optimisme indéfectible et le goût pour la musique populaire lui ont tant apporté, faisant contrepoids à la sombritude du père, est réduit à la portion congrue. A quand un biopic sur Adele S. ?
Un film propre et bien fait mais qu’est ce qu’on s’ennuie. Difficile de faire un film sur la dépression certes mais même quand ça arrive au Boss c’est pénible.
Le peu connu Jeremy Allen WHITE est très crédible en chanteur et musicien. Parfois physiquement il ressemble à Springsteen, parfois non. (Dans ce dernier cas, je lui ai trouvé un air de Bébert, le chanteur du groupe Les Forbans...). Jeremy Strong, même sans égaler sa performance de The apprentice, est très bon aussi dans un autre style. Malheureusement, le film possède les défauts inhérents à beaucoup de biopics. Il y a toujours un certain malaise à voir les comportements de personnes réelles dans la situation de tous les jours, en dehors de leur cadre professionnel. Il s'agit toujours d'une vision des auteurs et non de la vérité. Cela est admissible, et normal, en ce qui concerne l'œuvre mais plus problématique sur la vie personnelle. A réserver donc aux amateurs du "Boss".
De façon assez original, ce biopic ne couvre pas toute ou une grande partie de la carrière, mais seulement la genèse d’un album : « Nebraska ». Sur le point de devenir une star mondial Bruce Springsteen lute contre ses démons intérieur et décide de sortir un album intimiste, enregistré sur une simple piste quatre bandes dans une chambre du New Jersey. Jeremy Allen White interprète le boss dans toute sa complexité. Auteur génial, bête de scène mais aussi et surtout un personnage complexe , à la limite de la dépression. La relation avec son père violent et alcoolique est bouleversante. Enfin, la BO est magistrale. Comment ne pas trembler quand les plus grands tubes sont interpetés. Qu’il s’agisse de titre très rock (BORN IN THE USA) ou plus acoustique (ATLANTIC CITY, NEBRASKA. Étant moi même un grand fan du Boss, je ne suis peu être pas objectif, mais ce film est parmi les meilleurs des dernières années
En 1982, après le succès mondial de "The River" et la tournée qui l’a accompagné, Bruce Springsteen (Jeremy Allen White) ressent le besoin de se resourcer. Il loue une maison dans le New Jersey près de sa ville natale. Sur un magnétophone à cassettes, muni seulement de sa guitare acoustique et de son harmonica, il enregistre les chansons qu’il a écrites à partir de ses recherches, notamment sur les meurtres en série commis par Charles Starkweather dans les années 1950 au Nebraska. Il enregistre même une première version de "Born in the USA" qui ne sera finalement pas retenue dans cet album. Son label Columbia est très inquiet de ses choix artistiques ; mais son manager Jon Landau (Jeremy Strong) lui apporte un soutien sans faille. Pendant la composition de cet album, Springsteen a une liaison avec la sœur d’un ancien camarade d’école ; mais cette bluette ne l’empêche pas de sombrer dans une profonde dépression.
Encore un nouveau biopic musical ? hélas oui. Après Bob Marley, après Elton John, après Elvis Presley, après Bob Dylan, et avant John Lennon, Mick Jagger et David Bowie auxquels finiront bien par être consacrés un biopic, il était inévitable que Bruce Springsteen, le « Boss », ait droit au sien.
Le parti retenu n’est pas de raconter sa vie depuis son enfance – même si des références y seront faites via des flashbacks en noir et blancs lourdingues – mais de se concentrer sur un épisode bien précis de sa vie. C’est le même parti qui avait été retenu dans Un parfait inconnu sur Bob Dylan. Ici, le réalisateur Scott Cooper utilise un livre éponyme de Warren Zanes consacré à la confection d’un album méconnu, coincé entre les deux méga-succès de "The River" (1980) et "Born in the USA" (1984).
Le sujet touchera-t-il les fans de Bruce ? Peut-être. Quant aux autres ? pas sûr. Parce qu’il est de la farine désormais insipide et répétitive dont sont faits tant de biopics vus et revus où l’on voit naître comme par miracle des morceaux d’anthologie – ainsi de l’enregistrement de Born in the USA sous les yeux (et les oreilles) ébahis de tout le studio.
Sans doute Jeremy Allen White, connu des amateurs de séries pour "Shameless" et pour "The Bear", habite-t-il le rôle, interprétant le chanteur, ses jeans serrés, ses cheveux gras, à la perfection. Mais cela ne suffit pas à faire un film. La romance bien terne qu’il noue avec une blonde peroxydée n’apporte rien à l’histoire. Sans surprise, trop classique, Springsteen est un mauvais service rendu au chanteur légendaire qui, à mes yeux, aurait plus mérité le Nobel de littérature que cet ours mal léché de Bob Dylan.
A s'attacher à une période très spécifique de la vie de Springsteen (quelques mois de dépression et de grande inspiration), le film de Scott Cooper se heurte très rapidement à sa propre limite : il n'est pas facile de maintenir l'intérêt du spectateur pendant deux heures, alors qu'il ne se passe pratiquement rien à l'écran.
Il aurait fallu approfondir les deux sujets intéressants du film : la prééminence de la vision d'artiste sur le diktat de l'industrie (celui-ci est assez bien traité, mais on aurait aimé en savoir encore plus) et les sources profondes de l'inspiration quand elle est d'une telle puissance (le sujet n'est abordé que par le biais d'anecdotes, comme le film Badlands, la musique d'Alan Vega ou les écrits de Flannery O'Connor).
A défaut d'explorer plus profondément ces sujets, le scénario, écrit laborieusement, se voit dans l'obligation d'inventer une histoire d'amour d'une pauvreté affligeante, qui gâte le film par l'accumulation de scènes à l'eau de rose qu'elle nous impose.
Parmi les points faibles du travail de Scott Cooper, il faut également signaler la superficialité des personnages secondaires : les membres du E Street Band sont inexistants, la mère (dont on sait qu'elle est solaire quand on a lu l'autobiographie de Springsteen, Born to run) est réduit à un personnage de souffrance, et la figure de Jon Landau, véritable saint au service de la création - on ne le soulignera jamais assez, n'est pas aussi développé qu'on aurait pu le souhaiter.
Mon avis, en tant que cinéphile ET en tant que connaisseur de la carrière du Boss est donc partagé : d'un côté je reconnais que le traitement lo-fi qu'a choisi le réalisateur est bien en phase avec le processus de création du chef d'oeuvre dépouillé qu'est Nebraska, de l'autre il me faut avouer que plusieurs passages (l'accélération en voiture, certains flashbacks, la scène de sexe) m'ont semblé beaucoup trop clichés.
Peut-être aurait-il fallu des parti-pris de mise en scène encore plus radicaux pour donner à sentir ce que le travail de Springsteen a eu de véritablement génial dans cette période, à l'image de ce qui reste pour moi le meilleur film inspiré par un musicien : le film Control, sur la courte vie de Ian Curtis.
Dernier point, Jeremy Allen White joue comme à son habitude avec une expressivité proche de la moule en fin de vie, ce qui en l'espèce n'est pas très gênant, puisque sur les photos de la période on voit bien que Bruce arbore en continu une moue boudeuse et figée, assez proche de celle que White possède naturellement.
A vous de voir, mais le plus important reste tout de même d'écouter ce classique intemporel qu'est le disque Nebraska.
un biopic très bien filmé bien fait et avec un jeu d'acteur incroyable...il cible une période particulière dans la vie du boss pendant laquelle il se remet en question et sa dépression lui permet néanmoins de créer plusieurs de ses chefs-d'oeuvre..
J'ai vu avec grand plaisir, le film de Scott Cooper racontant la genèse ~ gestation de l'album NEBRASKA (chant, guitare & harmonica) juste enregistré sur un magnéto-cassette Teac Tascam (4 pistes), durant un séjour dans une location du New Jersey, fin 1981, après la tournée de l'énorme succès de "The River". Le Film n'est pas une Bio mais bien un moment pivot dans la longue carrière du Boss, tout comme l'a fait récemment J. Mangold avec DYLAN (Un Parfait Inconnu). On suit l'écriture - la création - les idées qui germent, les mélodies & textes, après des lectures - des films vus à la TV (Mallick - FORD) et des musiques qui l'inspirent. Création en Solo, mais aussi avec le E Street Band, puisque CBS pousse pour une production Rock, afin de continuer à surfer sur leur succès d’Édition. On y voit aussi un Bruce Springsteen ébranlé - doutant - hanté par une jeunesse difficile, ne sachant pas se positionner dans une relation, irritable mais vraiment inflexible sur ses choix artistiques ! On évoque la relation fusionnelle de Springsteen avec son Agent Jon Landau qui perdure encore. Le Film est précis dans sa reconstitution (les musicos du E Street Band ;°) - Visuellement superbe et dans l'Univers visuel du Boss, même si certains grincheux critiqueront l'emploi du N&B sur les flashbacks... Le Casting est excellent, et moi, j'y ai cru sans aucun souci. Alors oui, on peut sans doute n'y voir qu'un gros Mélo, si on connait peu ou prou la discographie d'un des énormes Songwriters du dernier demi-siècle. C'est plus surement un joli cadeau pour les Fans de Bruce Springsteen et plus particulièrement de cet Album, peut-être charnière.
Appréciant Springsteen sans en être un inconditionnel, j'ai donc pu découvrir ce biopic sans attentes ni craintes particulières. Je n'avais pas connaissance de cette période trouble de son existence. Mais comme tous les artistes, ces étapes les façonnent et exaltent leur sensibilité. Alors, point question d'entrer dans un débat sur la véracité des faits. Je m'attache juste à la belle photographie et à l'interpétation soignée de l'acteur principal, pour un beau moment de cinéma. Et l'essentiel est bien là, vivre des émotions.
Un énorme coup de coeur, tout est juste ! Des acteurs incroyables et l'angle de la caméra parfait. Beaucoup d'émotions pour une histoire de vie jusqu'à lors inconnue pour ma part.
Et bien, personnellement, j’ai accroché ! Très académique, très classique sans sa forme, ce biopic sur le Boss s’attelle à raconter le processus créatif de l’artiste. On est loin (et Dieu merci) de ces biopics Wikipedia qui tentent de raconter toute la vie d’un artiste de sa naissance à sa mort. Comme Bob Marley récemment, on s’arrête à un moment précis de sa vie. C’est un film de musique, les comédiens sont excellents. Que demander de plus ?
C'est un film sur la création artistique contre vents et marées : Springsteen contre ce qui se fait ou qui ne se fait pas - en l'occurrence la sortie de l'album Nebraska en 1982 (contre l'avis de sa maison de disques, et un immense succès au final). Pour qui ne connaît pas sa vie, le film est évidemment une découverte du bonhomme, en plus de la genèse de l'album - une très longue dissection de la genèse.
Comme le dit la bande-annonce, Springsteen cherche à se "réparer" avec cet album et cherche à réparer le monde en même temps (magie de la création artistique), car il n'allait pas bien, à l'égal du monde qui ne va pas bien non plus.
Mais si rester "authentique" avant tout (et déléguer la "fureur" à son manager), c'est affaire d'obstination, en revanche, retrouver (et faire retrouver) le sens de la vie, c'est pas l'affaire d'un jour. Quant à déculpabiliser le succès lui-même (puisqu'il ressemble à un reniement de ses origines populaires)... Donc "réparation" pas facile (Springsteen a lutté). Et film ambitieux (on l'aurait peut-être souhaité moins ambitieux et plus musical, beaucoup plus musical).
Cette longue genèse ressasse (flashbacks en noir et blanc) les choses difficiles de son enfance, le mal-être de son père (et les conséquences), mais aussi d'autres mal-être, plutôt inattendus, qu'il semble comprendre (en tout cas, il les fait exister) - des tueurs en série mis en scène dans des films comme La Nuit du Chasseur avec Robert Mitchum (1955), vu avec son père, ou La Balade Sauvage de Terrence Malick (1973). Par contre, cette genèse (et sa propre vie) passe aussi par la lecture de Flannery O'Connor, qu'il semble découvrir, une romancière américaine du 20ème siècle, qu'on découvre nous-mêmes, pour avoir réfléchi sur la coexistence de l'imaginaire et du réel, sur l'éthique, et qui l'influencera pour s'en sortir autrement que par la vengeance - on l'entendra ainsi chanter "celui qui s'éloigne de sa famille n'est pas un homme bien".
Springsteen est incarné par un Jeremy White, cocktail réussi (physique, gestuel et voix) d'Adrien Brody et de Vincent Lindon ! Autant dire qu'il est absolument convaincant. Le personnage est pourtant difficile à cerner et son époustouflant succès était plutôt improbable, puisqu'on ne fait que pleurer avec lui, ses chansons étant de longues plaintes (mais qui mettent le feu). Sacré bonhomme en effet dans tous les sens du terme, d'où le titre du film (sortez-moi du néant), parce qu'il était littéralement "empoisonné" (selon ses propres mots) par les souvenirs d'enfance, et qu'il s'en sort pour devenir ce qu'on sait aujourd'hui (un milliardaire, signe de la réussite aux USA).