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Aurelie R
1 abonné
4 critiques
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1,0
Publiée le 12 août 2026
Creux, décousu, moralisateur, fin bâclée, mais puisqu’il faut 100 caractères, je dirai que le dessin animé Migration avec des canards qui parlent a été plus agréable à regarder
C’est un excellent film car… il fait réfléchir… ou devrait le faire. Le jeu des acteurs est très bon. Il y a peut-être un passage un peu plus abscons et critiquable sur le plan de la rigueur philosophique (scène évoquant Ulysse) mais même ce passage est peut-être utile car il invite à un certain niveau de réflexion.
Nouveau film de Luca Guadagnino, sorti directement en plateforme chez nous. Une filmographie en dent de scie pour moi, et il nous avait habitués à mieux. Le tout se laisse regarder malgré tout. Le propos est intéressant, forcément très bavard, dans un contexte post-MeToo, avec un beau portrait de femme, coincée entre ses convictions et ses responsabilités.
Julia Roberts est impeccable dans le rôle, nommée au Golden Globe, et sans doute dans l’un de ses plus beaux rôles de sa carrière. Le reste du casting suit bien.
C’est plutôt plaisant, malgré quelques longueurs, mais on en attendait clairement davantage du réalisateur italien.
Un film ambitieux, mais trop de dialogues abscons, pseudo philosophique , on est noyé sous ce verbiage. Et pourtant le thème était passionnant, traitant de l’effet , et de ses effets induits sur les rapports humains difficiles à maitriser. Cette prof de philo de Yale, très bonne Julia Roberts, intello « libéral » de gauche bienpensante, va être confrontée à une histoire de harcèlement, voire de viol sur une de ses élèves, mais ce sera parole contre parole, qui implique un de ses meilleurs amis, prof comme elle. Cela va déclencher des débats très intéressants, dans une sorte de jeu de quiproquos, de labyrinthes, de mensonges, de faux fuyants, entre les différents protagonistes, Le mari de Julia, un psychiatre renommé va jouer un rôle intéressant, ( très bon Michael Stuhlbarg ) . Il essayera à chaque étape de faire la synthèse entre les deux positions : les féministes cancel culture , et les néo féministes historiques. Le meilleur moment sera justement un débat captivant, très riche, non -manichéen sur la notion de consentement et d’empêchement, deux thèmes particulièrement d’actualité. Mais le film pêche par sa longueur, sa lenteur, et son verbiage constant. Heureusement la musique, la bande- son excellente, sauve le film, formidable musique originale de Trent Reznor , et quels morceaux insérés, dont un surprenant « Avec le temps » de Léo Férré, samplé , superbe .
Le film est trop long et on peut s'ennuyer par moments, mais c'est un vrai exercice d'équilibriste qui ne choisit jamais de camp. Tout le monde en prend pour son grade, la victime revendiquée, l'homme accusé ou le personnage joué par Julia Roberts, coincée entre les deux. Ça défend à parts égales les points de vue et les générations, en se gardant bien de conclure sur une morale bien propre : le film ne nous dit pas quoi penser, il montre surtout la complexité et le cynisme de ce type d'histoire. Les acteurs sont excellents, avec un faible pour Fred, le mari de Alma.