Il y a des films qui ne se livrent pas tout de suite. Vie privée en fait partie.
Rebecca Zlotowski installe un climat lent, feutré, presque hypnotique. On ne sait pas très bien où l’on met les pieds — entre le drame intime, la comédie douce-amère et le polar psychanalytique. C’est déroutant, parfois frustrant, mais il y a dans cette étrangeté quelque chose de sincère, presque fascinant.
Jodie Foster y trouve un rôle à contre-courant, et la voir s’exprimer tout du long en français, avec cette justesse tranquille, c’est un vrai plaisir. Elle apporte une forme de gravité, de pudeur aussi, qui tient le film à elle seule. Daniel Auteuil et Virginie Efira gravitent autour d’elle dans un ballet un peu théâtral, mais qui fonctionne étonnamment bien.
Le film ne cherche pas à plaire à tout prix. Il se tient à distance, assume son rythme, et parfois, oui, il s’égare un peu. On aimerait que certaines émotions aillent plus loin, que la tension prenne davantage. Mais il reste une vraie élégance dans cette retenue, une cohérence dans ce ton feutré où tout se joue dans les regards, les silences, les hésitations.
Vie privée, c’est un film sur le contrôle, sur la frontière fragile entre celui qui écoute et celui qui s’effondre. Pas un coup de cœur absolu, mais un film qui laisse une trace — un peu floue, un peu désordonnée, comme une pensée qu’on rumine longtemps après la séance.