"C’est le titre qui m’a d’abord obsédée : Vie Privée, volé au beau film sans rapport de Louis Malle. Comme ces figurines d’enfant qu’on peut projeter dans plusieurs costumes, je laissais depuis des années dérouler plusieurs films sous ce titre, persuadée qu’il détenait une vérité que je devais percer : l’intime, le contraste entre ce que l’on sait de soi et ce que les autres pensent de nous. Et bien sûr son contraire, la vie publique, professionnelle, dans laquelle se nouent une bonne part de nos contradictions."
Rebecca Zlotowski a ancré la genèse de Vie Privée dans une exploration des nuances de la communication et du silence, inspirée par sa propre passion pour les confrontations verbales et musicales. La réalisatrice désirait créer un film riche en dialogues, où le jeu des rôles entre celui qui parle et celui qui écoute est central.
Ainsi, le film se construit sur un dialogue cinématographique complexe, explorant les enjeux de la parole et du silence dans les espaces intimes et professionnels.
Le tournage de Vie Privée marque la rencontre entre Rebecca Zlotowski et Jodie Foster. Initialement, la cinéaste souhaitait déjà collaborer avec l'actrice pour son premier film, Belle épine, mais cela ne s'était pas concrétisé.
Vie Privée a été présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2025. Ce n'est pas la première fois que Rebecca Zlotowski foule le sol de la Croisette puisque Belle Épine, Grand Central et Une fille facile y ont été montrés.
Rebecca Zlotowski a cultivé une méthodique approche musicale pour le casting de Vie Privée, cherchant de façon presque orchestrale à confronter deux groupes d'acteurs. D'un côté, Virginie Efira, "un astre de lumière noire", fait face à la jeune et précoce Luàna Bajrami et à l'inénarrable Mathieu Amalric.
De l'autre, Jodie Foster mène la danse avec Vincent Lacoste incarnant un fils en tension humoristique, et Daniel Auteuil, dont la complicité avec Foster évoque une "douce alchimie continentale".
Rebecca Zlotowski, accompagnée par Anne Berest, a co-écrit le scénario de Vie Privée. Cette collaboration a permis de mêler les sensibilités de deux voix créatives pour donner naissance à un récit à la fois intime et complexe. "En tout cas, on peut mettre cela en corrélation avec mon personnage", résume Rebecca.
Sur le plateau, Daniel Auteuil a apporté une légèreté bienvenue grâce à son humour et sa sensibilité communicative. Jouant l'ex-mari de Lilian, son personnage tente de détendre l'atmosphère et de "la sortir d’elle-même, pour qu’elle cesse de prendre tout au sérieux".
Cette dynamique est illustrée par une scène clé où Auteuil improvise une fausse bagarre pour faire rire Foster. Cette alchimie entre les deux acteurs ajoute une profondeur inattendue à la relation entre leurs personnages, infusant le drame psychologique d'un humour délicat.
Si Rebecca Zlotowski n’a jamais caché son admiration pour Jodie Foster, cette dernière ne savait absolument rien de la réalisatrice. La tête d'affiche du Silence des agneaux se rappelle : "J’ai d’abord lu son scénario avant de me documenter, puis de la rencontrer. Je procède toujours comme ça : peu importe que le metteur en scène soit connu ou pas, la première chose que je regarde, c’est le scénario."
"C’est le plus important. Or là, j’ai vu d’emblée qu’il était très fort, qu’il y avait une vraie histoire. C’est ce qui compte le plus pour moi, l’histoire. Sans doute parce que mon grand amour, c’est les livres."