L'ancien film américain était sympathique, bien que ses gags étaient plus grotesques et que le couple se haïssait quasiment dès le départ, mais ajoutez à ça les nouveaux (excellents, comme d'habitude) Olivia Colman et Benedict Cumberbatch, et l'on termine de préférer ce remake british. Les dialogues sont plus travaillés (les punchlines font très mal), la vie quotidienne des deux époux est plus détaillée (on est assez friand du changement de mœurs sociétales : c'est Maman qui est le cliché du parent accaparé par le boulot, et Papa qui connaît tellement bien sa fille qu'il gère comme un chef sa panique de ses premières menstruations...), et l'on garde quand même le petit clin-d’œil au premier film à la fin (
le lustre tombe
, comme dans le final du premier). On préfère même cette fin, plus douce, moins catégorique quant à la haine que se voue ce couple, puisque
leur mort commune ne résulte non plus de leurs volonté de se détruire jusqu'au bout (en refusant de se secourir, accrochés sous un lustre qui tombe), mais d'un bête oubli de fermer le gaz, alors qu'ils rallument la flamme de leur amour (symboliquement) en demandant à la domotique de la maison de lancer le feu de cheminée (pour s'envoyer au septième ciel... Mais finalement ils se contenteront du Ciel tout court).
On a beaucoup aimé la première partie du film, dans laquelle on découvre la passion de ce jeune couple adorable, mais aussi les marqueurs soudains de ce qui va dysfonctionner, et la fin qui refuse de copier bêtement son original (ce que l'on validera toujours : de la création, pas une photocopie). L'entre-deux pêche un peu par mollesse, tandis que la majorité adore la scène du dîner, on l'a trouvée vite longue et redondante (mais peut-être sera-t-elle votre climax du film, alors jetez-vous avidement sur ce cake en forme de villa). La Guerre des Rose est certainement le remake que personne n'attendait (ne voulait ?), mais le résultat ultra-britannique (les gags tiennent plus des vannes acerbes que des chutes ou coups de poêle) fonctionne à mille pour cent, surclassant (à notre humble avis) l'original, ne serait-ce que par ce somptueux binôme Colman-Cumberbatch, dont le spectateur de bon goût ne demandera jamais le divorce.