Ce remake s’attaquait à un monument de la comédie américaine puisqu’il remplaçait Michael Douglas et Kathleen Turner par Benedict Cumberbatch et Olivia Colman, Danny DeVito par Jay Roach et la famille américaine moyenne par un couple d’expatriés britanniques. Contre toute attente, même si la vis comica ne semblait pas vraiment être leur atout majeur sur le papier, le couple Cumberbatch/Colman fonctionne très bien. Deuxième bon point à mettre au crédit de ce remake de ‘La guerre des Rose’, la mise à jour, à trois décennies d’intervalle, n’est pas gratuite : à l’époque, le couple très amoureux se déchirait suite au départ des enfants de la maison. Ici, le principal problème est que la carrière de madame décolle au moment où celle de monsieur s’écrase en flammes. Partant de là, Jay Roach a suffisamment de comédies réussies à son actif pour qu’on lui fasse confiance en matière de tempo humoristique. Effectivement, ‘La guerre des Rose’ cuvée 2025 est une comédie plutôt convaincante, avec son lot de moments forts, même si on est toujours un peu interloqué par le constat que deux-trois réflexions ordurières ou à connotation sexuelle semblent constituer un gag en tant que tel. Voilà donc quelque chose de bien écrit, bien interprété, et adapté avec suffisamment d’intelligence pour ne pas sembler hors-sol : la comédie parfaite, alors que ça fait très longtemps que je n’ai pas regardé une comédie simplement “bonne” en provenance des USA ? Hé bien, pas tout à fait…ou plutôt, l’appréciation dépendra du fait que vous ayez vu ou non la version originale…mais pas dans le sens habituel. Vierge de tout référence, vous profiterez certainement de cette version, effectivement sans grands reproches. Dans le cas contraire, vous constaterez avec surprise que ‘La guerre des Rose’, en 2025, s’est “moralisé” : oh, ils se font toujours des crasses…mais ils ont des envie de paix, de revenez-y, d’un temps où le monde était plus simple, comme si personne n’osait finalement aller trop loin dans l’ignominie…alors que la version originale, elle, était d’une cruauté invraisemblable au point où quelques attaques sous la ceinture de la part de Douglas et Turner me sont restés dans l’esprit comme une sorte de mètre-étalon du sadisme dans la comédie.