Bridget (plus très) Jeun's... Ce quatrième opus des Bridget Jones est un rendez-vous galant entre deux vieux amants (nous et la sympathique saga) qui commençait si bien, avec sa bonne humeur, son humour british si piquant et délicieux, le retour des anciennes vedettes (dont le personnage de Hugh Grant, puisque la scène post-générique du troisième film avait laissé entendre que Daniel n'était en réalité pas mort), un regard très féminin sur l'amour maintenant au début du troisième âge, avec de très jolies scènes sur le deuil, et une Renée Zellweger très rare au cinéma (on ne l'avait plus vue depuis Judy... il y a six ans). Mais voilà, à un moment du dîner romantique, un détail du partenaire attablé nous fait comprendre que la magie n'opère plus complètement, et que la soirée va être longue. Alors donc, ce quatrième film fait
revenir Hugh Grant
pour deux ou trois caméos rigolos avec les enfants de Bridget, mais pas plus, idem pour Colin Firth qui doit avoir trois minutes de temps d'écran (dont la moitié pourrait n'être qu'un doublage par un acteur ressemblant : de dos, très flou... On a comme un doute sur quelques scènes), les deux nouveaux choix possibles de Bridget n'ont pas le centième du charisme du précédent binôme (l'un est juste dépeint comme une tablette de chocolat abdominale à la coiffure rebelle - petite pensée cynique sur la caractérisation "Sois beau, et tais-toi" du jeune prétendant, regardé comme un objet par les femmes du film, si l'on avait inversé les genres... - , et l'autre comme le gars pénible
qui sera la surprise romantique de la fin
, ce cliché des comédies romantiques qu'on sature de revoir), une durée abusive de 2h05 (que c'est long), et une Renée Zellweger maintenant tellement tirée à quatre épingles (aiguilles, plutôt) qu'on ne comprend pas trop que son personnage se fasse des injections de Botox (il aurait fallu la maquiller pour lui redessiner des rides, car là, avec ce visage bombée et ultra-lisse, on ne saisi pas trop ce qu'il y a à "re-gonfler"...). Le choix final nous a déçu, on aurait carrément préféré un petit twist nostalgique (Hugh Grant ayant plus de charisme en cinq minutes que les deux autres réunis en deux heures, on espérait vainement que
Bridget tente sa chance avec lui, cette fois-ci
), mais comme le film s'efforce de nous couper l'herbe sous les pieds (le personnage est
étonnamment marié et heureux en ménage, on insiste sur l'appellation "tonton" par les enfants de Bridget...),
on capte l'idée assez vite : pas la peine d'espérer cette fin-là, ce qui ne laisse pas beaucoup de marge pour écrire une fin surprenante (alors on poireaute pour juger sur pièce, et l'attente est laborieuse). Dans cette conclusion pas désagréable mais très pantouflarde, on ne sauve que les moments de commémorations de Mark Darcy (avec des scènes émotions qui fonctionnent assez bien, et un petit pull "Renne" qu'on reconnaît tendrement...), que la bonhommie du personnage de Bridget (qu'on aime toujours retrouver, à tous les âges), qu'une ouverture très emballante avant la monotonie de la suite (avec un regard "qui n'aurait pas marché, dans l'autre sens" sur le premier jeune prétendant), et qu'une franche envie de parler de la vie sexuelle des femmes qui ont quelques pétales flétries, mais continuent de vouloir être rempotées.