Ce documentaire est le premier que je vois de Guillaume Brac, qui avait marqué certains esprits avec "À l'abordage" en 2020, et je dois dire que j'apprécie beaucoup. Enfin plus précisément ici un double-documentaire puisque nous avons dans un premier temps "Ce n'est qu'un au revoir" puis suivi de "Un pincement au cœur", le premier se déroulant dans le sud de la France et le second dans le nord. Tous deux ont le même thème, l'adolescence, mais plus précisément la sortie du lycée après le BAC, les au revoir ou adieux aux amis et surtout l'avenir incertain qui les attend ! Déjà le sujet mais c'est surtout l'ambiance qui m'a énormément plu dans ce documentaire. On a effectivement ce que j'appelle une ambiance à la "Strip-Tease", c'est-à-dire là où l'équipe s'efface pour laisser la place aux sujets. Le tout avec des cadres très parlants et surtout une mise en scène particulièrement réussie. De même que le montage d'ailleurs qui raconte beaucoup de choses sur les sujets qui deviennent, pour nous, des personnages. Réussi dans les deux parties mais pas tout à fait de la même manière. C'est-à-dire que dans le premier, le reportage sort quelques-fois du cadre du lycée pour s'intéresser à des manifs etc. (puisque nous suivons dans cette partie des babos militants), c'est peut-être là que le film m'a le plus perdu mais en même temps, ça permet de les cerner un peu plus, de comprendre leurs gestes, problématiques etc. Alors que dans le second, nous avons des ados plus "classiques", c'est-à-dire plus "connectés", qui parlent de garçons et de parents, qui font des danses sur TikTok, qui parlent de tout et de rien mais qui se font également la gueule pour des broutilles. Pas du tout les mêmes parcours ni contextes mais un énorme point commun : une jeunesse angoissée qui doute de tout ! D'un côté, une jeunesse militante rêvant d'un eldorado écologique et, de l'autre, des jeunes filles cherchant un avenir stable qui les empêcherai d'avoir des "pensées noires". Bref assez déprimant donc mais en même temps pas tellement car ces adolescents apportent également énormément de joie de vivre à travers leur spontanéité, comme l'illustre d'ailleurs très bien la fin du premier docu : même en leur absence, ces chambres vides sont plein de vie et les murs encore habités de cris, de pleurs, de joies et de peines.