Derniers Avis : Les Graines du figuier sauvage - Page 14
Les Graines du figuier sauvage
Note moyenne
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Kereon J
2 critiques
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2,0
Publiée le 20 octobre 2024
Le film commence plutôt bien,mais s'enlise rapidement dans cette histoire de pistolet disparu et se transforme en un interminable chemin de croix pour le spectateur.La "chute",presque ridicule,me fait penser aux meilleurs moments de l'inspecteur Clouseau s'affrontant avec son valet Cato!!!
Un film qui fait peur, quand on pense, et quand on voit ces images réelles incrustées dans le film, c’est incroyable de penser qu’à notre époque des femmes puissent vivre avec aussi peu de liberté. C’est donc un film qui fait réfléchir que j’ai apprécié malgré quelques longueurs, les acteurs sont excellents, le scénario bien que simple est intéressant.
Quelle déception que ce soi disant chef d'œuvre encensé par la bien pensante critique germano pratine, être un film iranien suffit il a déclencher des torrents de louanges ? pour ceux qui sont un peu au fait de la géopolitique on n'apprends strictement rien, c'est d'une longueur abyssale, la mise en scène n'a rien de folichon, beaucoup de mal à s'attacher aux personnages tellement caricaturaux ,bémol pour la mère ambigüe et incarnée...et une fin sans fin....très déçu
Drame réalisé par Mohammad Rasoulof, résolument éblouissant ! Formidable mise en scène, pas à pas, parfois lente mais cruellement déchirante. C'est toute la mécanique "rouleau compresseur" qui s'exprime par l'inexorable transformation du père de famille, Iman, interprété par Misagh Zare, tant envers son épouse Najmeh, soumise et elle-même dépassée, qu'envers ses deux filles adorables et entrant en adolescence...Etape par étape, l'intrigue devient insoutenable, montrant quels ressorts le pouvoir autoritaire utilise et ses manipulations perverses. Cette évocation nous plonge dans un monde noir et étrange, duquel on ne peut souhaiter que s'échapper au plus vite. La dernière partie du film devient un thriller physique oppressant, après une longue gestation psychologique. Un film qu'il faut voir absolument ..... !!**
Très beau, bien rythmé. Le film prend son temps de manière justifiée. Un excellente représentation des dynamiques familiales, et une mise en scène saisissante des interactions entre la sphère publique/numérique et l'intime domestique. La seconde partie est plus lente, un peu plus poussive, bien qu'il soit intéressant de pousser la logique à l'extrême.
Deux films en un. Une première grosse partie fort réussie, qui nous dresse le portrait d'une famille bourgeoise dont le père vient d'être nommé juge, sur fond d'évènements de révoltes de la jeunesse et des femmes en 2022. Très bien documenté et captivant. Puis vient un "fait divers" qui fait virer le film dans une sorte de thriller avec courses poursuites et fin grotesque. C'est dommage, on a bien compris qu'elle se voulait symbolique, mais cette dernière partie dessert l'ensemble du film.
mais il me manque certaines choses pour le faire passer dans la catégorie de "grand film"
en terme de proposition de cinéma, visuellement, le film pêche pour ma part dans sa première moitié On est face a un quasi huis clos qui manque de rythme. L'episode de l'amie qui revient défigurée m'a laissé croire à un changement de tempo, notamment visuel, mais retombe dans ses travers de lenteur dans un espace clos. Puis l'épisode du pistolet finit par faire passer le film dans une autre dimension
Via le conflit familial, le réal en fait un miroir de la société iranienne, tiraillée entre le patriarcat traditionnel et religieux proche du régime et la jeunesse féministe désireuse de changement. Le père, montré de manière nuancée non pas comme un horrible bourreau mais comme un personnage humain, pion dans un système pris dans un engrenage, s'oppose à ses filles représentantes la liberté.
2 choses sont symboliques d'une lueurs d'espoir : Sana qui prend les armes contre son père, contre la société patriarcale, symbolique de ce que doit faire la jeunesse i.e. prendre les choses en main. Et un dialogue furtif entre le père et la mère, celle ci disant " parle avec tes filles, prend le temps de les connaître"
Pour moi le coeur du film se résume sur ces 2 symboles. Pour sortir de ce marasme un changement radicial doit s'opérer dans les différentes couches de la société : Aux jeunes de se révolter quitte à recourir a la violence. Et aux pères de comprendre leurs filles et de ne pas les résumer à des objets bons à marier et à se voiler. Vision occidentale de l'émancipation féminine.
Le film finit par une prise de position sans équivoque, il faut tuer le père, enfin, la figure patriarcale. Scène finale suivie d'images d'archives de femmes célébrant les révoltes populaires. Clairement Rasoulof prend parti, quitte à flirter avec l'apologie de la violence, pour cette jeunesse iranienne qui se prend de plus en plus en main.
Donc petit bémol sur le manque d'ambition en terme de mise en scène sur la première partie du film, mais qui peut se comprendre dans la symbolique du concept de changement sociétal passant par le cadre privé et familial, avant même de s'étendre au cercle social et institutionnel.
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3,5
Publiée le 16 octobre 2024
spoiler: « Je ne me sens pas en sécurité dans ma propre maison. » Cette phrase, prononcée par la personne dont on s'attend le moins parmi les membres de cette famille, en dit long sur la situation dans laquelle ils se trouvent. Ce sentiment d'insécurité est partagé à la fois nationalement et dans ce foyer qui est donc gagné par la crise connue par le pays. Mohammad Rasoulof nous place en plein cœur de la situation brûlante traversée par l'Iran spoiler: suite à la mort de Mahsa Amini. Avec Iman, qui est en première ligne après avoir été nommé juge d'instruction, c'est toute sa famille qui est en première ligne. Manipulation des médias, oppression des femmes, brutalité policière, émancipation et remise en question d'un statu quo bien ancré, spoiler: le foyer est scindé en deux au point que tout le monde devient paranoïaque. Le réalisateur nous fait donc vivre cette crise de l'intérieur après l'avoir suivi de l'extérieur. Une situation tendue comme si chacun était prisonnier de quelque chose que ce soit d'un système, d'un confort ou d'un principe. De près de trois heures, "Danaye anjir-e moabad" n'est pas statique et passe du huis clos domestique claustrophobe au thriller politique de manière convaincante même si tout n'est pas réussi. Par exemple, je trouve que tout ce qui touche à l'arme va trop loin même spoiler: si la course-poursuite pour sortir de la maison donne une séquence très intense. Pour le coup, la dernière partie est moins ancrée dans la réalité. Une fausse note finale qui n'enlève rien à la qualité narrative et cinématographique de ce bon film.
Femme vie liberté ! Film politique haletant par l’immense Mohammad Rasoulof qui n’a eu de cesse de s’opposer à un régime violent en 7 films. Ici à la fin c’est la jeunesse qui gagne et c’est l’espoir de tout un peuple que porte à l’écran Rasoulof dans ces Graines du figuier sauvage. Ne ratez pas ce moment de cinéma exceptionnel !
une thématique prometteuse, un film au final assez insipide qui tourne meme au grotesque dans la derniere heure. Un rythme beaucoup trop lent, et facilement une heure de trop, les 2h48 se font très très longues. Le public applaudit en fin de séance, incompréhensible hormis pour soutenir la cause des jeunes qui ont osé se soulever..
Très bon film. On m'avait dit qu'il était "long" mais je ne me suis pas ennuyé une minute. Quand on pense qu'il a été tourné dans la clandestinité ! On comprend mal la mansuétude dont font preuve les organisations féministes vis à vis du régime des mollahs. Antiracisme mal placé ? Antiaméricanisme ? En tout cas un film à voir par ceux qui nous racontent que le voile est un symbole de liberté. Les personnages sont bien croqués, en finesse, surtout la mère écartelée entre les avantages matériels retirés de la position de son mari, la soumission aux traditions machistes et patriarcales, la religion, et ce qui va s'avérer le plus fort, c'est à dire son amour pour ses filles.
Les graines de figuier sauvage est un film qui ne laisse personne indifférent. Tourné clandestinement en Iran dans des conditions incroyablement dangereuses, il offre un regard poignant sur la condition des femmes dans une société où leur liberté est réprimée par un régime oppressif. Dès les premières images, on est happé par la puissance du récit, qui fait écho aux événements tragiques qui ont suivi la mort de Masha Amini, marquant un tournant dans la lutte pour la liberté en Iran. Ce qui rend ce film particulièrement bouleversant, c’est la façon dont il capte le courage inébranlable des femmes qui luttent pour leur droit de vivre et de s’exprimer librement, malgré une répression implacable. Le fait que les actrices et le cinéaste aient dû fuir leur pays, et que certaines d'entre elles n'ont toujours pas pu s'échapper, ajoute une dimension tragique à l'ensemble. On ressent tout au long du film le poids de l'oppression et l'urgence de cette quête de liberté, qu'il s'agisse du droit de s’habiller, de s’exprimer ou tout simplement d’exister en tant qu’individu dans une société dominée par une idéologie patriarcale. Même si le film est long et empreint de tristesse, il est impossible de détourner le regard. Il nous force à affronter une réalité douloureuse et à réfléchir sur la situation non seulement des femmes iraniennes, mais aussi de toutes celles qui, à travers le monde, continuent de souffrir sous des régimes répressifs. Ce film est un appel à la solidarité, un cri du cœur qui mérite d'être entendu par tous. Les graines de figuier sauvage est plus qu’un film, c’est un témoignage, un acte de résistance artistique qui nous rappelle l'importance de soutenir les luttes pour la liberté, où qu'elles aient lieu.
Beaucoup de monde sur la planète cinéma n’a pas compris le fait que ce film fleuve et monumental de l’iranien Mohammad Rasoulof n’ait pas eu davantage les faveurs du jury lors du dernier Festival de Cannes. Chouchou de la presse et des festivaliers, le long-métrage n’est reparti qu’avec un Prix spécial du Jury alors que beaucoup espéraient la Palme d’or ou, dans le pire des cas, le Grand Prix du Jury. Les aléas d’un festival et des sensibilités d’un jury donné... Mais une Palme étant le plus souvent politique et engagée et la présidente du jury Greta Gerwig ayant préféré l’histoire d’amour de son compatriote Sean Baker avec « Anora », beaucoup sont restés complètement dubitatifs face à ce choix. Cependant, le succès en salles de « Les graines du figuier sauvage » prouve l’intérêt du public pour une œuvre aux abords peut-être peu engageants mais qui vous scotche néanmoins à votre siège sans jamais vous lâcher. On ne peut donc que louer la science du cinématographe de Rasoulof qui parvient à nous captiver durant près de trois heures avec un presque huis-clos très bavard et quasiment circonscrit aux quatre personnages d’une famille.
Lentement mais surement, le script va semer les graines de son engrenage minutieux et parfaitement orchestré comme suit. Un père travaillant pour le régime iranien au sein de la justice et totalement en accord avec ses dirigeants. Ses deux filles plutôt progressistes et qui soutiennent les révoltes étudiantes durement réprimées. Une amie de l’une d’elles gravement blessée lors d’une attaque des forces de l’ordre. Une mère qui fait le tampon entre son mari qu’elle soutient et ses filles qu’elle aime. Un revolver de service qui disparaît. Une configuration familiale simple et efficace qui va tourner au règlement de comptes effrayant et dont le poison des délires totalitaires du régime s’immisce sournoisement. Petit à petit, des micro évènements vont venir chambouler la dynamique familiale jusqu’au point de non-retour par la grâce d’un scénario édifiant et magistralement écrit. La charge contre le régime et ses aberrations est claire, nette, précise et d’une puissance évidente. Rasoulof, interdit de tournage dans son pays, a dû filmer une partie de son long-métrage en Allemagne sans que cela se ressente. Il ajoute également et adroitement des images de vidéos amateur prises en Iran lors des manifestations pour appuyer son propos avec réalisme et sincérité. Et celles-ci font froid dans le dos, tout comme les méthodes employées par le régime pour semer la peur et forcer les suspects à parler. Des méthodes proches de celles de la Stasi ou de la Gestapo!
Si le fond et le propos sont coulés dans un fond extrêmement politique et nécessaire, montrant avec application - sans trop forcer la charge et par la simple entremise d’une histoire simple et d’images vidéo véridiques - les agissements de la presque dictature iranienne, l’aspect thriller de « Les graines du figuier sauvage » est tout aussi remarquable. Le début met en place les pions de cet échiquier familial, creuse la psychologie des ses personnages et le contexte dans lequel ils évoluent. Des personnages incarnés par des acteurs tous aussi investis envers la cause qu’ils défendent que leur art. Et le suspense et la tension vont aller crescendo jusqu’à un épilogue qui agit comme une catharsis même s’il peut apparaître un peu poussif sur certains aspects. Il y a aussi peut-être quelques longueurs mais les presque trois heures filent à une vitesse folle et nous happent, chaque situation et échanges entre les personnages nous passionnant sans aucun doute, remettant sans cesse en jeu les enjeux. On se demande comment tout cela va se terminer et on vibre pour les victimes de la bêtise et de cet obscurantisme religieux et politique rance.
Et, en plus de cela, Rasoulof ne néglige pas ses images nous gratifiant au passage de très belles séquences où il magnifie la vie de tous les jours. On a des mains s’afférant à cuisinier avec volupté, une femme qui rase son mari en douceur dans un moment d’apaisement ou encore les plombs retirés d’une blessure qui tombent dans un lavabo au ralenti laissant couler le sang des plaies. Des images magnifiques et parfaitement intégrées au reste. Il travaille avec une économie d’effets (et de budget on suppose) mais pour un résultat proche de la perfection dans sa démonstration. « Les graines du figuier sauvage » est sans aucun doute un film important qui marquera l’histoire et le cinéma. Une œuvre qui doit être montrée dans les écoles et clandestinement en Iran car elle ne peut que faire réagir en plus de divertir. Et probablement la Palme d’or du cœur.
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vous regardez les trois plans initiaux du film et vous savez que vous n'êtes pas encore devant une énième bouse-française-sociale-qui-prend-des-risques-et-dénonce mais devant un excellent film iranien, jouant constamment avec de VRAIS tabous, truffé d'allégories et de métaphores, d'idées et de plans bouleversants (je repense notamment à spoiler: la scène vers la fin dans la remise, où sana tombe sur des objets désuets, d'une autre époque, d'un autre iran même, et parmi lesquelles elle se réveillera un peu plus tard, telle un mannequin délaissé) et surtout faisant confiance à l'intelligence du spectateur.. et ça fait du bien ! des balles rebondissent en claquant sur une table : la violence couvera tout au long du film alors qu'un seul coup de feu sera tiré (hors images d'archives) un homme arpente un long couloirs parsemé de mannequins : le film sera littéralement hanté par le régime et ses sbires l'homme roule sur une route dotée de très longs murs, oppressante : il n'y aura pas d'échappatoire et ça sera étouffant Bref en trois plans on sait déjà qu'on va nous proposer un spectacle sensible et sans artifices, et les presque trois heures défilent, la tension monte, souvent insoutenable jusqu'à un dernier plan encore époustouflant (spoiler: et un régime que le réalisateur souhaite aussi voir s'effondrer ) à noter bien évidemment les contraintes qui ont pesé sur le film et qui transpercent l'écran et le scenario : les rideaux tirés pour permettre aux actrices de tourner sans voile, les scènes extérieures en voiture ou dans des villages déserts pour contourner la censure les acteurs et actrices sont au diapason, la sensibilité est le maître mot, personne n'en fait trop... chaque personnage (même le père !) a ses failles j'ai quand même préféré le premier film de rasoulof "un homme intègre" que je conseille vivement à ceux qui ont aimé celui-ci et veulent en découvrir un peu plus sur son travail