Le film résonnent et frappent fort sur notre réalité du monde. Il nous plonge au cœur d’une famille à Téhéran sous tension des répressions du régime. Une résonance directe et un hommage à l’étudiante Mahsa Amini. Une œuvre cinématographique remarquable, saisissante et courageuse, sous la forme de thriller politique, qui par les choix de la réalisation, la force des interprétations, crient une résistance face à la dictature et gravent une ode à la liberté. «Femme, vie, liberté» ✨
Décidément, le cinéma iranien est vraiment subjuguant. La force dont font preuve ses auteurs pour prendre le contre-pied des intentions du régime théocratique de la république islamique est véritablement impressionnante. Par ailleurs et pour ma part, j’y ai découvert que si l’on consent à se plier aux règles étatiques, on peut tout à fait vivre à l’occidentale lorsque que l’on habite Téhéran... Mais l’histoire de la famille que l’on suit tout au long des presque trois heures de projection nous montre que tout peut changer si l’on prend des distances avec le respect de ces règles et que la jeunesse iranienne en paie le prix fort.
Le cinéma iranien ne cesse de produire des films impactant, et Les Graines du figuier sauvage est dans cette lignée. Comme souvent, le septième art va être un outil afin de critiquer les dérives du régime théocratique. Tout démarre avec le mouvement « Femme, Vie, Liberté »... Dans ce contexte d’immersion tension en Iran, on accompagne Iman, proche du pouvoir en place, alors que ses filles soutiennent le mouvement. Ce film est donc une opposition entre deux générations. La génération des parents, qui sont fidèles aux valeurs portées par la République Islamique, et les jeunes, qui veulent du changement. Cela vient jusqu’à déchirer cette famille de l’intérieur. À l’image du pays, les deux camps s’opposent sans jamais réussir à dialoguer. Dans cette tourmente, l’arme d'Iman disparaît. Commence alors un jeu de mensonge. La tension monte en même temps que la paranoïa de ce père se sentant trahi. Il perd pied pour se laisser aveuglement guider par la haine. Ce film veut donc montrer les deux camps. D’un côté Iman dont l’arme disparaît. La situation dégénère à l’image d’un système se sentant trahi de l’intérieur et dont la seule réponse est la violence. Les scènes où il est sans sa famille essayent de nous faire entendre sa situation. Puis de l’autre, les filles qui veulent que les choses changent à l’image d’une partie du peuple iranien. Ils veulent plus de liberté, mais ils ne reçoivent que les coups d’un système ne voulant pas les écouter. L’interprétation de Misagh Zare est bouleversante. La relation de cette famille symbolise donc celle du peuple iranien avec son régime.
Rassoulof avait déjà planté de belles graines mais la il nous offre un chef d’œuvre un polar politique et un bel hommage à cette jeunesse iranienne face à cette théocratie
Lauréat du Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes 2024, ce brulot iranien est captivant et perturbant de bout en bout. Vu depuis la sphère familiale, il scrute les mécanismes d’un régime totalitaire qui parvient in fine à détruire la cellule la plus intime. Des images authentiques viennent s’insérer par moment dans le récit, provoquant parfois un réel malaise.
Ma note est strictement cinématographique. J'ai trouvé le film trop long pour les moyens que Mohammad Rasoulof a pu déployer pour sa mise en scène. En revanche bravo pour le jeu des acteurs et pour cette prise de risque de cinéma, pédagogique et politique.
J'ai vraiment beaucoup apprécié ce film. On est tenu en haleine et surpris du début à la fin. Outre l'intrigue suite à la disparition de l'arme du père et les évènements dramatiques qui se déroulent dans le pays, c'est l'évolution psychologique des personnages qui est très intéressante. On pourrait faire un parallèle entre ce qui se passe dans le pays et ce qui se passe au sein de cette famille: une rébellion contre l'ordre établi.
Un bijou de film qui pose avec justesse et sensibilité les termes d’un débat politique, sociétal qui divise la société Iranienne. Le parcours des femmes de plusieurs générations est exploré face à l’obscurantisme du pouvoir religieux fortement genré. La vie d’une famille confrontée aux événements du pays tels que la mort de mahsa jina Amani et son incidence sur la révolte des filles de la famille face au conformisme de la mère et au fascisme religieux du père.
Incroyable, on plonge au cœur de l’évolution de la société Iranienne. Le filme nous retourne, la fin est l’inverse de ce à quoi le m’attendais au début.
Le film commence plutôt bien,mais s'enlise rapidement dans cette histoire de pistolet disparu et se transforme en un interminable chemin de croix pour le spectateur.La "chute",presque ridicule,me fait penser aux meilleurs moments de l'inspecteur Clouseau s'affrontant avec son valet Cato!!!
Un film qui fait peur, quand on pense, et quand on voit ces images réelles incrustées dans le film, c’est incroyable de penser qu’à notre époque des femmes puissent vivre avec aussi peu de liberté. C’est donc un film qui fait réfléchir que j’ai apprécié malgré quelques longueurs, les acteurs sont excellents, le scénario bien que simple est intéressant.
Quelle déception que ce soi disant chef d'œuvre encensé par la bien pensante critique germano pratine, être un film iranien suffit il a déclencher des torrents de louanges ? pour ceux qui sont un peu au fait de la géopolitique on n'apprends strictement rien, c'est d'une longueur abyssale, la mise en scène n'a rien de folichon, beaucoup de mal à s'attacher aux personnages tellement caricaturaux ,bémol pour la mère ambigüe et incarnée...et une fin sans fin....très déçu
Drame réalisé par Mohammad Rasoulof, résolument éblouissant ! Formidable mise en scène, pas à pas, parfois lente mais cruellement déchirante. C'est toute la mécanique "rouleau compresseur" qui s'exprime par l'inexorable transformation du père de famille, Iman, interprété par Misagh Zare, tant envers son épouse Najmeh, soumise et elle-même dépassée, qu'envers ses deux filles adorables et entrant en adolescence...Etape par étape, l'intrigue devient insoutenable, montrant quels ressorts le pouvoir autoritaire utilise et ses manipulations perverses. Cette évocation nous plonge dans un monde noir et étrange, duquel on ne peut souhaiter que s'échapper au plus vite. La dernière partie du film devient un thriller physique oppressant, après une longue gestation psychologique. Un film qu'il faut voir absolument ..... !!**
Très beau, bien rythmé. Le film prend son temps de manière justifiée. Un excellente représentation des dynamiques familiales, et une mise en scène saisissante des interactions entre la sphère publique/numérique et l'intime domestique. La seconde partie est plus lente, un peu plus poussive, bien qu'il soit intéressant de pousser la logique à l'extrême.