Derniers Avis : Les Graines du figuier sauvage - Page 6
Les Graines du figuier sauvage
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arnaudg
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4,5
Publiée le 1 mars 2025
Même sans tenir compte du contexte autour, le film est magnifique. En connaissant l’histoire de son réalisateur, la manière donc il a été tournée, cela en fait un film encore plus beau. L’histoire est vraiment haletante du début à la fin, le cadre magnifique et les actrices particulièrement excellentes.
Film présenté au Festival de Cannes et qui a été tourné clandestinement à Téhéran alors que la ville se soulevait en soutien aux femmes iraniennes pour la défense de leur droit.
C'est avec les images prises par des vidéastes amateurs lors de ces événements que ce film est ponctué.
Pour illustrer cette période de tension, le film prend comme exemple une famille qui est déchirée entre le père, promu juge d'instruction, qui accepte petit à petit de fermer les yeux sur ses principes et de se conformer aux directives non fondées de ses supérieurs pour faire plier sa famille aux règles rétrogrades de respectabilité, pendant que ses filles sont heurtées par la violence des rues et qui ont soif de liberté et de révolte.
Ce film est clairement scindé en deux parties. Les deux tiers du récit sont plutôt lents et posent le contexte. Le réalisateur prend le temps de conter cette histoire, même si elle souffre de longueurs. On au coeur de cette famille partagée entre les traditions et la modernité.
Le final monte en tension et bascule dans le thriller psychologique. C'est intense et prenant on est happé par le rythme soutenu et crescendo jusqu'au final qui laisse sans voix.
Vous l'aurez compris, c'est un film fort et nécessaire qui doit être vu pour le message politique et social qu'il clame. Après, pour moi, il n'est pas destiné à tous les publics et il faut s'accrocher pendant la première partie qui est moins rythmée mais tout de même intéressante.
J’ai à peu près le même âge qu’Iman et deux filles qui ressemblent étrangement à Rezvan et Sana. J’ai reconnu ma femme chez Najmeh et son amour patient. J’ai un métier exigeant qui m’accapare et me met sous pression. Mais là s’arrête tout parallèle : pas d’oppression politique, pas de poids insupportable de la religion, pas de pression sociale et de patriarcat à la con ici. Mais comment ne pas se projeter dans cette famille iranienne, avec nos mêmes petites vies bourgeoises, nos envies de confort et d’ascension sociale (ou est-ce juste le besoin de mettre à l’abri ceux qu’on aime ?), mais aussi ce grand amour que l'on montre jamais pour nos enfants et notre conjoint ? Tout cela broyé par le régime irannien ! Ce film est porte une telle vérité, il nous étreint et nous emmène progressivement vers l’horreur, emporté par ce système infernal qui va broyer la famille d’Iman. Magnifique film. Et on pleure, on pleure pour ce beau pays.
Drame familial iranien avec comme toile de fond les manifestations après la mort de Mahsna Amini. Une sorte de huis clos domestique étouffant provoqué par une violence étatique totalitaire déshumanisante. La tension est croissante et vire carrément vers l’horreur dans la dernière heure .
Film intéressant pour le sujet et pour les probables difficultés à la tourner. Les actrices féminines sont géniales. J'aurais cependant aimé en savoir plus sur le régime iranien. Malheureusement, dans sa 2ème partie, l'intrigue devient "bizarre", je n'ai pas vraiment compris son utilité. Je ne dois pas être assez subtil :) Dernier point : le film est trop long. Il s'en dégage une sorte de torpeur et l'on est content lorsqu'il se termine.
Et dire que j’ai raté ce film au cinéma en 2024 ! Il faudrait qu’il soit vu par tout le monde . Film Tout simplement puissant bouleversant je n’ai même plus les mots tellement j’ai aimé . Film qui retrace l’état de l’Iran actuel ces fanatiques de dieu prêt à tout pour imposer leurs lois de fous ! On suit un homme qui doit devenir juge et sa famille . Sur la 3 eme partie j’étais en apnée tout le long ! CHEF D’ŒUVRE
Un film exceptionnel qui s’intensifie tout au long du récit pour nous offrir un acte final tendu comme jamais, irrespirable dans ce désert.
Étouffant, les personnages et nous spectateurs, nous sommes très peu libres de nos gestes, de nos mouvements, de nos regards et de nos respirations. Confinés dans des lieux clos pendant presque 3h, on attend avec patience, force et courage le moment de liberté. La liberté de ces jeunes femmes. Une nouvelle génération qui veut être libre et passer à une autre époque sans l’influence d’une autorité religieuse, d'une autorité paternelle. Que cela soit en Iran ou ailleurs, nous vivons peut-être dans une société en ruine, à “la chute“ d'un système et qu'il faut dorénavant bâtir autre chose.
La Palme d’Or aurait pu être donner sans hésitation, en tout cas de tout ce que j’ai pu voir de la sélection, pour le moment, c’est ma Palme !
Excellent film sur la révolte des femmes iraniennes. Beaucoup y ont laisser leur vie pour dire non à une théocratie qui étouffe en particulier les femmes. Un film a voir en particulier par une certaine gauche qui pense se servir d'une religion pour accéder au pouvoir mais qui semble ignorer c'est qu'après la révolution en Iran, dès 1984 la gauche était réduite à néant.
Très bon film avec de bons acteurs sur un sujet d’actualité. La jeunesse veut vivre comme tout le monde;‘opposition contre le père (juge travaillant pour les mollahs) et la société patriarcale et islamiste
Ce n'est pas tous les jours qu'on croise un chef d'oeuvre. Les graines en est un, d'autant plus quand on connait les conditions de tournage dantesques dans lesquelles le film s'est fait. Un témoignage fort sur la création d'un monstre, un homme rendu fou par le système qu'il sert. Magnifique.
Une grande claque Que c est bien fait et terrible On ressent tout : l ambiance, les contraintes, le poids des traditions. Quel voyage dans le monde caché
La femme iranienne occupe le terrain cinématographique de manière singulière. Bien souvent pour rappeler le combat qu’elle mène au cœur d’une société patriarcale, doublée d’une oligarchie misogyne . Voir "Une Femme Iranienne" de Negar Azarbayjani. Face à la contestation de mouvements féminins comme « Femmes, vie, liberté » sur lequel le film s’appuie, l’intimidation première du pouvoir fait place aux violences, aux séquestration, et à la mort parfois. A l’échelle d’une famille, Mohammad RASOULOF évoque de la même manière toutes ces déviances de la société iranienne. A travers la figure patriarcale d’Iman, renforcée par son accession au tribunal révolutionnaire en tant que juge d’instruction, le réalisateur met en garde contre l’absolutisme, qui conduit ,inexorablement au despotisme. L’incarnation de ce père de famille qui inéluctablement se sent lui-même pris au piège d’un système que l’épouse tente de réguler au sein d’un foyer désormais en crise lui aussi. Les deux enfants, deux grandes filles prennent le contre-pied de l’autorité parentale face à la révolte qui bat le pavé. Des images des manifestations de 2022 se mêlent judicieusement au regard scénique du réalisateur qui assume une fois encore son opposition au régime des mollahs. . Tous les interprètes de ce film hors-norme ( à la fois drame social et politique, il tend aussi vers le film policier psycho-affectif ) sont admirables. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Comme à chaque fois, le cinéma iranien est "engagé" et donne une bonne claque à nos esprits quelque peu... "Embourgeoisés". Et ces graines de figuier sauvage n'y font pas exception ! Si il apporte un certain éclairage sur la stratégie psychologique du régime iranien des mollah, qui, pour survivre et se maintenir en place, inocule dans chaque esprit de son peuple, la honte, le déshonneur, le "qu'en-dira-t'on" et la suspicion systématique, au point qu'au sein d'une même famille, une même fratrie, chaque individu peut être suspect par rapport à l'autre et inversement. Et c'est implacable ! Mais il souffre de trop de longueurs et de scènes particulièrement appuyées comme celle, interminable, spoiler: du soin apporté à cette jeune étudiante touchée au visage par de la chevrotine . C'est tellement long et démonstratif que ça finit par en devenir gore... À contrario, on ne verra jamais une seule scène du père, magistrat-enquêteur pour le gouvernement et accusé de torture par des opposants. Dommage, la force du propos du réalisateur en aurait été accrue. Mais peut-être a-t-il voulu rester au seul niveau de la soumission psychologique...
Tout comme dans "le diable n'existe pas, le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof parvient à dénoncer un système totalitaire impitoyable à travers une situation humaine. Ici, c'est à travers le prisme d'une famille dont la réputation du père est en jeu et dont le nouveau métier de Juge va lui faire perdre pied. La situation ubuesque dénonce avec force et intelligence toute l'absurdité qui entraine une paranoïa incessante. Tourné en cachette en Iran même, ce film puissant et réussi a l'intelligence de placer l'action au moment de la révolte durement réprimée survenue après la mort de cette jeune femme accusée de mal porter son foulard. Cette période fait écho auprès de ces trois femmes qui ne veulent plus subir cela. A ne pas manquer.
Ce film très réussi peut s’apparenter à un huis clos où l'on s'attache à comprendre les réactions et les humeurs des personnages dans un contexte de dictature répressive. Enfermé par crante dans ce lieu, nous ressentons les émotions des personnages magnifiquement interprété. Un film essentiel par son propos, parfois un peu long mais si utile pour faire comprendre au public, ce que peut avoir de destructeur la vie sous une répression. Une famille aimante qui subit les affres du régime et se délitent part peu ou par conviction. Alors que nos sociétés sombrent dans la lâcheté d'un populisme intéressé avec des relents nauséabonds, ce film est une fenêtre sur la réalité qui nous attend si l’on ne prend pas garde aux sirènes totalitaires.