Ce film est une satire glaçante et brillante de notre époque : chômage, délocalisation, machines qui remplacent l’humain, pression sociale permanente. Ce n’est pas seulement une critique de la société coréenne, c’est un miroir tendu à nous tous.
On suit un homme ordinaire, sans rêves démesurés, qui voulait simplement être un bon père, un bon mari, un chef de famille digne. Mais quand le travail disparaît, c’est toute son identité qui s’effondre. Et à force de perdre pied, il bascule.
Le film joue constamment avec nos nerfs : tension, malaise, rires nerveux, silences lourds. Le rythme est haletant, on se demande jusqu’où il ira, s’il existe vraiment « aucun autre choix ». Et ce qui rend le tout encore plus fort, c’est que derrière l’aspect presque théâtral, il y a une réalité terriblement actuelle.
Le casting est impeccable, chaque personnage existe pleinement à l’écran.
On ressort troublé, parce qu’au fond, ce n’est peut-être pas l’histoire d’un homme qui devient fou. C’est peut-être l’histoire d’un système qui fabrique des bombes à retardement.
La fin justifie-t-elle les moyens ? Le film tend à répondre par oui. C'est perturbant vu les moyens employés... Mais il y a ce truc en plus des films sud-coréens, cette ambiance, ces façons particulières, peu communes et hyper réussies de raconter des histoires communes. Et les maisons des différents protagonistes, modernes et dans la nature, donnent trop envie !
Vu à Stockholm, j'ai beaucoup aimé. Je n'aime pas commenter les films mais il faut faire 100 caractères minimum. Une note/un commentaire reste figé alors que l'idée que l'on peut concevoir d'un film peut évoluer.
"Le problème, ce n'est pas de perdre son emploi, c'est comment tu y fais face."
20 ans après la version française signée Costa-Gavras, le talentueux Park Chan-Wook adapte à son tour (et à sa manière) le roman «Le Couperet» de Donald E. Westlake.
Viré, un père de famille ne supporte pas de dégringoler de l'échelle sociale. Ce sentiment de culpabilité et de déshonneur a un impact direct sur la cellule familiale. Une seule solution, radicale, pour retrouver un emploi : se débarrasser de ses concurrents.
L'une de mes grosses attentes de l'année, mais qui ne m'a pas convaincu autant que je pouvais l'espérer.
Une satire sociale coréenne dotée d'une mise en scène au cordeau (notamment dans ses transitions visuelles), venant souligner une nouvelle fois la filiation de Chan-Wook avec le cinéma Hitchcockien.
Un nouveau film pouvant compter notamment sur la bonne interprétation de Lee Byung-Hun, dans le rôle (à contre-emploi) de ce "tueur malgré lui", pris dans un engrenage, et se retrouvant face à des victimes pas si différentes de lui, tout aussi désespérées que lui.
Malgré une identité formelle très soignée, un casting bien choisi et une fin assez ironique, je suis resté un peu trop en surface de cette nouvelle proposition, là où dans un genre similaire, «Parasite» s'avérait bien plus réussi et efficace.
Peut-être est-ce dû à un équilibre parfois mal dosé entre sérieux et burlesque, ou encore à un trop-plein dans son déroulé, qui aurait gagné à resserrer sa narration pour rendre son propos plus impactant.
Bref, pas un mauvais film évidemment, dépeignant plutôt justement les notions d'apparences, de pression sociale et de compétitivité au sein d'une société capitaliste à l'heure de la dématérialisation et de l'IA. Mais une petite déception pour moi, là où j'ai été plus convaincu par la version de Costa-Gavras, plus "simple", plus froide et plus percutante finalement. 6,5/10.
Boulimique Park Chan-Wook adapte à la sauce Sud Coréenne le roman « Le couperet » ; adapté par le passé par Costa Gavras. Le pitch est assez simple ; un père de famille bien installé dans la vie (enfants, femme, belle maison,…) va perdre son job victime de la mondialisation chez Costa-Gavras et de la mécanisation ici. Retrouver un emploi de même nature est compliqué, il identifie ses principaux concurrents sur le marché de l’emploi et se met en tête de les éliminer un à un. En mode thriller, c’est une satire acide du monde actuel dans lequel le capitalisme broie les hommes et où les hommes aussi ne sont pas prêts à renoncer à leur statut social fondement de leur propre identité. Contrairement à Costa-Gavras, Park Chan-Wook prend des chemins de traverse pour conter cette histoire dans une sorte de meli mélo de genre entre satire cinglante, comédie absurde, thriller drôle, et film de body horror. Et sa fable ironique tient assez bien la route tant elle incarne le présent. Toute la brutalité du monde fait fusion chez cet homme pour aboutir à une violence individuelle ; ce film est d’autant plus fort sur ce thème dans sa veine Coréenne tant on sait que cette société ultra capitalistique peut être violente avec ses concitoyens. Après pour donner un ton burlesque à son film, il multiplie les scènes rocambolesques ; mais, peut-être à cause du décalage culturelle, elles ne matchent pas forcement à chaque fois. Et puis, il étire son film parfois à outrance, pour donner corps aux victimes essentiellement qui font souvent écho à sa propre vie ; mais c’est parfois un peu longuet. Formellement ce film est un condensé d’effets de mise en scène, un cours de cinéma XXL. Park Chan Wook est un maitre en matière, chaque plan est un tableau, c’est magnifique de bout en bout : splendeur des fondus enchaînés, superpositions et juxtapositions des espaces, choix de placement de la caméra et des personnages, travellings,… Et puis au montage, il parvient ensuite à tout juxtaposer afin que d’un plan au suivant tout s’articule à merveille. Mais à ce point là on peut se dire : Est-ce trop ? Trop de cinéma ? Trop de détails ? Trop de construction ? Trop de plans qui interrogent et trop de références qui nous échappent ? Peut-être. Au bout d’un moment, j’ai fini par voir que cela. Un très beau film mais radicalement différent de celui de Costa-Gavras ; les amateurs de cinéma Sud Coréen adoreront la performance.
Si les acteurs sont géniaux notamment le couple avec un formidable Lee-Byung Hun dans un rôle totalement à contre-emploi pour lui et la sublime Ye-jin Son, que l'image est léchée et que la bande-son à base de solo de violoncelle est fort agréable, j'ai tout de même été un peu déçu par cette revisite asiatique de "Le couperet" de Costa-Gavras. Certes le monde du travail coréen et son côté impitoyable est bien rendu à l'écran, certaines scènes sont intéressantes (celle de la danse de salon), mais le film traîne un peu en longueur et ce n'est pas assez grinçant voire jusqu'au-boutiste connaissant le réalisateur nous ayant habitués à mieux !
You Man-su est un cadre heureux travaillant dans une usine de papier. Sa vie bascule lorsqu’il est licencié. Pour ne pas perdre son statut social, il prend alors une décision radicale : éliminer un à un ses concurrents sur le marché du travail.
Le film est l’adaptation du roman The Ax de Donald E. Westlake, déjà porté à l’écran par Costa-Gavras en 2005 avec Le Couperet, où José Garcia tenait le rôle principal. Même s’il en conserve la structure, Park Chan-wook se réapproprie clairement le matériau d’origine.
Comme souvent dans le cinéma coréen contemporain, il mélange les genres : le thriller bascule vers la satire sociale, puis glisse vers la comédie noire. Mais même en étant un immense admirateur du réalisateur, et malgré les nombreuses qualités du film, certains choix m’ont laissé à distance.
Aucun autre choix propose un récit relativement linéaire, là où le cinéaste affectionne habituellement les structures éclatées et les jeux de points de vue à la manière de « Rashomon ». Cela en fait sans doute son film le plus accessible pour un public découvrant son cinéma.
Comme toujours chez lui, la mise en scène impressionne. La maîtrise du montage, la précision des cadres, les transitions millimétrées, les mouvements de caméra permanents : tout est d’une virtuosité remarquable. C’est un vrai plaisir visuel. À tel point qu’à force d’admirer la technique, j’ai parfois eu du mal à rester concentré sur les sous-titres et l’intrigue.
Park Chan-wook fait également le choix d’injecter beaucoup d’humour dans son film. Son anti-héros, maladroit et dépassé, enchaîne les erreurs. L’humour noir est souvent jubilatoire, flirtant parfois avec le burlesque et offrant certaines scènes hilarantes. Mais ce ton comique a un revers : on est rarement inquiet pour le personnage principal et la tension s’en trouve amoindrie. L’humour finit par atténuer en partie la portée sociale du propos et le coté dérangeant de cette satire, même si la scène finale, glaçante, reste d’une puissance redoutable.
Le film accorde aussi une vraie attention aux seconds rôles, notamment aux victimes, auxquelles il donne suffisamment de profondeur pour créer un attachement. Mais à force de multiplier les arcs narratifs, le rythme en pâtit, d’autant que l’intrigue met du temps à réellement démarrer.
Au final, Aucun autre choix propose une satire sociale inventive et visuellement impressionnante, dénonçant avec intelligence les dérives du capitalisme contemporain. Mais à trop vouloir s’éparpiller, le film finit par diluer une partie de son impact.
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Vu parce que je n'avais pas le choix... mais finalement le film se laisse regarder sans ennui avec même de l'intérêt pour l'histoire et le devenir du personnage principal. J'ai été la première étonnée !!
L’année 2026 démarre par des très grands crus. Park Chan Wook est un maître absolu du cinéma. Le film est magistralement filmé et interprété. Ça va dans beaucoup de directions inattendues comme souvent dans le cinéma coréen. La photographie est sublime. Le début du film commence avec ces nuages qui viennent envahir cette famille, il y’a un jeu de lumière avec le soleil qui est juste magnifique. Il y’a plusieurs transitions phénoménales dans le long métrage. Le cinéaste délivre un message clair sur le chômage massif dans son pays, qui touche tout particulièrement les employés ayant beaucoup d’expériences. Et comme très souvent dans le cinéma asiatique, l’homme fera tout pour conserver son honneur auprès de sa famille et ce quoi qu’il en coûte, avec l’appui subtil et touchant de sa compagne. Le film est une immense comédie noire, tantôt hilarante, tantôt bouleversante, voir même terrifiante. Un chef d’œuvre absolu, que j’ai hâte de revoir en Blu-ray 4K, je l’espère
Le capitalisme et cette illusion qu'en perdant un statut social on peut tout perdre. Au-delà de ce point de départ conceptuel, le réalisateur déploie une narration surprenante qui joue de contorsions, de moments de folie pour ne pas rester dans un propos monolithique sans nuances. Même si n'avoir aucun autre choix enferme, c'est la manière de gérer cette "prison" qui est intéressante
impeccable comédie ou l'on tombe crescendo dans l'hystérie et le grotesque. belle photographie et belles couleurs a l'écran ce qui est assez rare pour le souligner.
Grosse déception pour ce film avec une histoire prometteuse. Le scénario devie toujours de son sujet pour aborder les infidélités de ses personnages... passez votre chemin