Aucun autre choix est adapté du roman "Le Couperet" de Donald Westlake, qui a inspiré Le Couperet de Costa-Gavras sorti en 2005. Park Chan-wook a mis plus de vingt ans à adapter cette œuvre. Dès sa première lecture, il a été fasciné par l'histoire et le dilemme interne du personnage principal. Le metteur en scène se rappelle :
"C’est une histoire qui traite à la fois du monde intérieur brûlant d’un individu et des grandes problématiques sociétales qui l’entourent. L’adapter me permettait d’explorer ces deux dimensions de façon totalement fluide, et c’est exactement le type de sujet cinématographique que recherchent les réalisateurs."
"J’ai aussi immédiatement eu des idées sur des choses que j’avais envie de modifier ou d’ajouter durant le processus d’adaptation. La tragédie du livre me fascinait, mais j’y voyais aussi un potentiel de comédie noire, ce qui pouvait donner un film à la fois dramatique et jubilatoire."
"J’ai aussi eu l’idée d’ajouter une couche supplémentaire : que la femme et le fils du protagoniste finissent par comprendre les choses terribles qu’il a faites. Souvent, quand quelqu’un se dit : « Je le fais pour ma famille », c’est précisément cette chose-là, ou la poursuite de celle-ci, qui finit par détruire ou abîmer sa famille. Quel paradoxe tragique."
Sur Aucun autre choix, Park Chan-Wook a à nouveau fait appel à Lee Byung-Hun. Les deux hommes ont par le passé collaboré sur Joint Security Area (2000) et Three… Extremes (2004).
Pour conception la visuelle du film, Park Chan-Wook a reconnu une source d'inspiration plutôt singulière : les dessins animés américains qu'il regardait en enfance. Le réalisateur explique : "Les gens évoquent souvent les influences « nobles » comme les films d’Hitchcock (rires). Mais je regardais énormément de dessins animés à la télévision quand j’étais enfant, et j’ai toujours adoré l’humour visuel incongru qu’on y trouve. Ces dessins animés m’ont certainement influencé."
Pour concevoir la maison de Man-su, la cheffe décoratrice Ryu Seong-hie a créé un espace mêlant le style "maison française", prisé par les Coréens aisés des années 70 et 80, avec des éléments brutalistes. Le tout devant symboliser la complexité du personnage. Par ailleurs, ce décor a été élaboré en consultation avec des experts en bonsaï et aménagement paysager.
Depuis Joint Security Area, Park Chan-Wook s'attache à réaliser des films qui ont une résonance sociale. Le cinéaste précise : "Eh bien, quand on regarde l’état du monde, il est effectivement difficile d’être optimiste. Mais je n’ai ni le courage, ni la carapace suffisante pour déclarer que tout est perdu."
"Avec la vitesse à laquelle la technologie évolue, sans oublier la menace du changement climatique, que nous ne traitons absolument pas, je pense que nous allons affronter des crises que l’humanité n’a encore jamais connues. J’ai peur, moi aussi. Mais il est encore trop tôt pour abandonner complètement."
Bien que Aucun autre choix soit une satire soit d’un noir glaçant, ce film est le plus ouvertement comique de tous ceux que Park Chan-Wook a réalisés : "Je dirais que j’utilise toujours les mêmes ingrédients ; je les ai simplement mélangés différemment pour cette recette. J’ai toujours aimé instiller de l’humour noir dans mes récits, mais dans ce film, l’humour ressort beaucoup plus."
"C’était très important dès le départ. Le livre n’est pas franchement comique, mais j’ai pensé qu’en exagérant la bêtise de Man-su, je pouvais renforcer le message. Je voulais vraiment mettre en valeur l’absurdité tragique de ses idées et la manière dont il les met en œuvre."
La musique de Aucun autre choix a été enregistrée avec le prestigieux London Contemporary Orchestra dans les studios Abbey Road. Cette collaboration, enrichie par la participation du violoncelliste de renommée internationale Jean-Guihen Queyras, avait pour but d'ajouter une couche émotionnelle unique au film.
Kim Woo-hyung, le directeur de la photographie, retrouve Park Chan-wook après leur collaboration sur la série The Little Drummer Girl. Le tandem a cherché, sur Aucun autre choix, à capturer l'expérience du personnage principal, Man-su, en jouant sur les perspectives visuelles. Certaines prises de vue ont ainsi été conçues pour placer le spectateur dans une position d'observateur neutre. Cette approche a pour but d'immerger le public dans l'esthétique spatiale et émotionnelle du récit.