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Corinne76100
87 abonnés
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4,0
Publiée le 2 novembre 2025
Le conte de Cendrillon version trash, c'est horrifique, c'est comique. Les 2 genres se marient très bien ensemble. Une belle réussite pour ce film norvégien
On est sur la même lignée que "the Substance" dans ce conte Cendrillon revisité ici du côté d'une des sœurs poussée par sa mère à se transformer pour conquérir le prince. Même pression à se conformer à une norme esthétique et même regard lubrique de certains hommes. Le gore ici ne va pas aussi loin: on est dans du classique un peu subverti.
« The Ugly Stepsister », s’est fait, au cours de l’année 2025, une petite réputation au sein du cercle fermé des films d’horreur. Venu tout droit des froides contrées de Norvège, le film propose une relecture du conte "Cendrillon" mais en abordant l’histoire par le versant d’une des demi-sœurs. Non content de proposer une version adulte, sombre et parfois gore, le film a aussi une approche narrative originale. La force du scénario est de renverser la situation des personnages et des antagonistes. spoiler: Le personnage qui deviendra « Cendrillon », est au début un personnage assez hautain et méprisant qui, par les différents événements, chutera de son statut, pour renaitre et finir par se lier au prince.
A l’inverse, le personnage de la demi-sœur, est assez pathétique et arrivera à s’élever dans la souffrance (morale et physique) jusqu’à la fin où elle finira dans la déchéance physique.
Chaque personnage féminin a un arc scénaristique intéressant et satisfaisant, ce qui est le signe d’un bon scénario. En termes de qualités techniques, la réussite est aussi là. Les décors, costumes et avant tout, les maquillages sont irréprochables et apportent une belle reconstitution de cette période historique fictive, secondé par un casting et un jeu d’acteurs (actrices en l’occurrence) au diapason. Le léger reproche que je formulerais est un léger manque de rythme, qui sans être ennuyeux, nuit un peu à l’efficacité du film. « The Ugly Stepsister » est donc une bonne surprise, avec cette relecture originale et pertinente, d’une histoire connue de tous. Note : 14/20
C’est une relecture macabre du conte de Cendrillon qui se plaît à déconstruire le mythe pour en faire une variation étrange et mutante qui ne renierait pas un Cronenberg. Le corps est ainsi au centre d’un récit dont la mise en scène jouant sur un tableau d’image saisissant plonge peu à peu dans une horreur glauque, perçant une société dans laquelle l’apparence règne en maitre. En refusant toute temporalité, le récit évoque son intemporalité et se veut en reflet de notre société contemporaine. C’est aussi étrange que dérangeant, malaisant et fascinant. Une œuvre aussi belle que cruelle.
Une revisite inattendue du conte de Cendrillon version body-horror, qui met à mal le culte de la beauté et de l'apparence. L'histoire est ici principalement axée sur le personnage de Javotte (Elvira dans cette version), sœur d'Anastasia (Alma), toutes deux filles de la méchante belle-mère Lady Trémaine (Rebekka). Dans cette version norvégienne, rien n'arrête la jeune Javotte pour modifier son apparence et tenter de devenir plus belle que sa belle-sœur Cendrillon (Agnès) pour séduire le prince qui, pour sa part, demeure aussi bête que dans le conte originel. Le casting est plutôt convaincant et la photographie impeccable. Grand coup de pied dans la bienveillance de nos contes de fées, ce petit film sans prétention n'a rien à envier au décevant "The Substance". Âmes sensibles s'abstenir.
Den stygge stesøsteren réécrit avec audace le conte Cendrillon, détourne malicieusement ses codes de façon à en tirer un potentiel horrifique : spoiler: la chaussure de vair conduit à une réflexion sur la nécessité d’avoir des petits pieds (critère de beauté asiatique par excellence), les vers à soi confectionnent une robe qui détruira une sororité telle la tunique magique de Créuse dans le mythe de Médée, le culte de la chirurgie esthétique trahit cette fâcheuse tendance, dans le cinéma occidental, à retoucher jusqu’à la déformation les actrices… En cela, la réalisatrice Emilie Blichfeldt, qui signe ici son premier long métrage, projette sur la femme toute une monstruosité contemporaine dans une époque faussement éloignée et désuète, qu’elle revivifie par une musique électronique et la composition de petits clips esthétisants qui viennent se heurter à l’académisme des manières et des postures. Le spoiler: jeu de massacre rappelle le récent The Favourite (Yórgos Lánthimos, 2019) et articule habilement dissection d’un corps et introspection de l’âme d’une femme mutant peu à peu en poupée ; son évolution est celle d’un enlaidissement intérieur, symbolisé par le ver qui lui-même constitue le symbole du masculin, au profit d’une beauté extérieure factice, résultat de l’application d’artifices onéreux et contre-nature. Si le film finit par accabler autant son héroïne que les instances familiales et sociales, il réussit à installer une atmosphère étrange spoiler: faite d’hallucinations, d’anachronismes pop dignes de Marie-Antoinette (Sofia Coppola, 2006) et de visions morbides . Un memento mori pertinent et très divertissant.
Un bon petit film de bodyhorror. Ca n'atteint pas l'excès de The substance, mais cela demeure une vision originale de Cendrillon avec un nouveau point de vue. L'actrice est troublante, touchante, géniale. La photographie est très belle. La musique est parfois un peu décalée pour l'époque. Une belle trouvaille.
Beurk... Je suis en général blindée ,mais là...J'ai eu du mal. Dans une certaine mesure, le film est réussi car le malaise est bien présent. Un peu trop pour moi,j'ai détourné les yeux quelque fois. Mais j'ai un problème avec le body horror ,je me souviens avoir été écoeurée par la mouche.. Sauf que Cronenberg est un cran au dessus. À voir toutefois si vous supportez le très glauque car le thème est intéressant,et l'interprétation très juste .
Réinterprétation sombre du conte de Cendrillon, The Ugly Stepsister mêle body horror et reconstitution médiévale avec une direction artistique d’une grande finesse. Ce contraste entre l’esthétique du XVIIe siècle et l’horreur corporelle crée une résonance étonnamment moderne. En plaçant la chirurgie plastique et l’obsession de la beauté au cœur de son récit, le film renvoie aux dérives esthétiques de notre société.
Synopsis : Dans un royaume où la beauté règne en maître,le jeune Élvira doit faire face à une redoutable concurrence pour espérer conquérir le coeur du les nombreuses prétendantes se trouve notamment Agnès sa demi-soeur à l'insolente beauté...Pour parvenir à ses fins dans cette impitoyable course au physique parfait, Élvira devra recourir aux méthodes les plus extrêmes... Réalisé par Emilie Blichfeldt et sorti dans nos salles en juillet 2025, Ugly Step sister figurera, à n’en point douter, dans la liste des films d’horreur marquant de cette année. Cette relecture « body horror » de Cendrillon n’est pas qu’une simple version sombre du conte : c’est surtout une œuvre féministe, qui porte un regard critique et sans concessions sur la noblesse et le culte de la beauté. Pour cela, les auteurs vont prendre à contre-pied de nombreux éléments emblématiques du récit original : Les belles sœurs, par exemple, que Disney s’est amusé à dépeindre comme des pestes, ne le sont pas plus que ne l’était Cendrillon du vivant de son père. Toutes apparaissent finalement comme des victimes d’un système violent qui les dépasse et les pousse à commettre l’irréparable. Ici, l’obsession de ces jeunes femmes pour leur statut social et l’argent prime largement sur un hypothétique amour idéalisé pour un Prince, lequel se révélera être assez inhumain. D’ailleurs, dans la société qui nous est présentée, l’argent et le statut social vont paraître bien plus déterminants pour accéder au Prince que « la beauté naturelle ». Ugly Stepsister porte un propos limpide : L’intention de la réalisatrice est d’illustrer la violence des injonctions faites aux jeunes femmes pour satisfaire aux attentes des hommes faiseurs de princesses. Pour le mettre en scène, Ugly Stepsister s’inscrit dans la lignée de l’elevated horror. Les séquences violentes ne sont jamais gratuites : elles sont pensées pour servir le discours. Aussi graphiques et réussies soient-elles, les scènes de « torture esthétique » ne sont pas là pour tester la résistance du spectateur, mais bien pour montrer l’atrocité de ce que cette jeune femme s’inflige pour plaire au Prince et, plus largement, aux hommes. D’ailleurs, et c’est là toute la force du film, les scènes strictement gores restent assez peu nombreuses pour un long métrage de deux heures estampillé « body horror ». La structure même du récit témoigne de cette retenue et participe à instaurer un malaise croissant sans tomber dans la surenchère. Dans une première partie, la tension monte progressivement, au rythme des transformations de l’héroïne, mal dans son corps, qui cherche désespérément à correspondre aux standards de beauté : cassage de nez sanguinolent, opération des yeux filmée en gros plan… Puis, dans la seconde moitié, le film plonge dans une véritable descente aux enfers, entre perte de cheveux, douleurs permanentes et amputation. Bien sûr, le film ne manque pas de générosité et les amateurs du genre y trouveront leur compte, mais ici, le visuel est toujours au service d’un propos : provoquer des émotions qui questionnent. Difficile de ne pas comparer Ugly stepsister à The Substance, sorti l’an dernier. Deux films de bodyhorror féministes traitant de la transformation corporelle d’une femme pour plaire à une société patriarcale destructrice. Mais là où The Substance offrait un film efficace et plaisant, Ugly Stepsister va plus loin : ses séquences gores sont diablement maîtrisées, mais c’est surtout la cohérence de l’ensemble, ce malaise constant sans excès, qui marque durablement le spectateur et l’invite à s’interroger sur notre société.
Très librement inspiré de Cendrillon, The Ugly Stepsister est un genre d’hybridation particulièrement réussie entre le conte de fées et le body horror, le tout saupoudré de visuels et d’une BO à la Nicolas Winding Refn. Éprouvante, dense et radicale, l’œuvre brasse de nombreux thèmes : le sacrifice, la quête éperdue de beauté qui dresse une parabole habile avec l’ère des réseaux sociaux, la défaite de la pureté de l’amour au regard d’un certain opportunisme, les désirs plaqués des mères sur leur fille pour vivre par procuration leur aspiration à la gloire et compenser leurs échecs propres, la discutable moralité des concours d’élégance, la misogynie des hommes, la cruauté des femmes qui s’exerce d’abord entre elles… Certaines scènes particulièrement graphiques promettent de rester longtemps dans l’esprit heurté du spectateur. Le film dans son ensemble est particulièrement bien réalisé ; le jeu des actrice atteint en certains points des niveaux de justesse stratosphérique.