The Ugly Stepsister
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Cinévore24

474 abonnés 992 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 novembre 2025
Un "Cendrillon" rappelant "The Substance", loin, très loin de l'ambiance Disneyenne.
Un premier long norvégien sans concession, nous plongeant dans cette course dépravée à la beauté extérieure, où quasiment personne n'est épargné.
Une œuvre frontale et (dés)enchantée, à ne pas mettre devant tous les yeux.
Cadreum
Cadreum

91 abonnés 853 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 novembre 2025
Qui est le film ?
Premier long métrage d’Emilie Blichfeldt, The Ugly Stepsister s’empare du conte de Cendrillon pour le moderniser et le retourner à l'aune des codes et obsessions actuelles. Sous ses atours de fable, le film promet un récit d’émancipation contrariée, une plongée dans les blessures que le culte de la beauté inflige aux corps marginalisés.

Que cherche-t-il à dire ?
En choisissant de raconter l’histoire depuis le point de vue d’Elvira, la belle-sœur « laide », le film démonte la mécanique du conte pour montrer ce que sa beauté cache : la violence sociale, la précarité corporelle, la haine de soi comme industrie. La laideur, ici, est une position sociale, un manque de capital esthétique dans un monde qui fait de l’apparence une économie. The Ugly Stepsister ne veut pas sauver le conte ; il veut montrer ce que sa magie dissimule. Là où le conte naturalise la bonté par l’apparence et légitime la richesse comme récompense morale, Blichfeldt montre que la laideur vécue est d’abord une condition matérielle qui impose des moyens pour tenter d’y échapper.

Par quels moyens ?
L’esthétique du film (lumière laiteuse, textures pastel, cadres symétriques) emprunte au merveilleux de Disney pour mieux en pervertir les codes. Sous le vernis pictural, la violence surgit brutalement. Ce contraste constant entre la douceur visuelle générale et la brutalité morale produit une fracture du regard : la beauté de l’image devient l’écran de la cruauté qu’elle dissimule. L’une des audaces formelles est son alliance de douceur visuelle et d’images crues. La beauté n’adoucit pas la cruauté, elle la met en exergue.

Le conte traditionnel opère par effacement (la magie gomme la misère). Ici la magie est esquissée, ironisée : la marraine, la citrouille, les animaux existent mais en périphérie et comme conventions formelles, jamais comme solution plausible. Pour Elvira, il n’y a pas d’intervention surnaturelle salvatrice : il y a des soins rudimentaires, des bricolages, des violences chirurgicales improvisées. Le film inscrit ainsi la « réparation » du corps dans la douleur : la transformation n’est jamais gratuite, elle coûte et elle mutille. La marraine n’est pas garante d’égalité ; la seule « magie » accessible aux pauvres et aux laids est la souffrance.

La figure maternelle d’Ane Dahl Torp incarne une violence différente de celle du patriarcat extérieur : elle est l’agent intérieur qui reproduit la logique de l’assignation. La mère ne protège pas ; elle instrumentalise sa fille pour tenter de grappiller de la valeur sociale. Blichfeldt montre la maternité dévoyée en dispositif d’exploitation : la mère façonne la haine de soi chez l’enfant, la rend complice de son propre effacement.

Les scènes chirurgicales (et surtout leur montage) sont au centre de la politique du film. L’option de ne pas couper la séquence, de prolonger le cadrage sur la douleur et les rires, est une tactique d’énervement éthique. Nous sommes placés en position d’observateur complice et impuissant : la durée montre la banalité de la violence infligée pour se conformer. Le gros plan sur les orteils coupés, le sang qui coule, les asticots qui gigotent, ces images visuelles n’ont pas d’effet « gratuit » d’horreur pour l’horreur.

En réintroduisant l’horreur des Grimm, Blichfeldt ne se contente pas d’exhumer du goût pour le macabre. Elle réenchante la matière primitive du conte pour la lire sociologiquement. L’horreur originelle devient symptôme : quelles conditions sociales rendent possible que des femmes s’auto-mutilent pour une pantoufle ? Le film propose une généalogie de la monstruosité : ce n’est pas la nature des belles-sœurs qui les rend monstrueuses, c’est le mécanisme social qui les réduit à une posture de concurrence pour des ressources symboliques (apparence, mariage, sécurité économique).

Où me situer ?
J’admire la cohérence entre la forme et l'intelligence du propos mais je reste attentif à certaines limites. Parfois l’économie narrative laisse des personnages sous-développés ; parfois l’outrance graphique peut sembler chercher le scandale. Mais ces limites tiennent pour partie à l’audace même du projet : il faut du corps et de l’insistance pour faire entendre la violence structurelle que le conte banalise. Si l’on devait demander davantage, ce serait peut-être une mise en rapport plus explicite des forces économiques qui poussent à l’auto-transformation (offrir, par exemple, quelques clés institutionnelles supplémentaires qui lient chirurgie, esthétique et marché matrimonial).

Quelle lecture en tirer ?
The Ugly Stepsister ne corrige pas Cendrillon, il la déprogramme. Il montre que derrière chaque promesse de beauté se cache une économie de la douleur, et que derrière chaque conte se profile une structure d’exploitation. En somme, le film propose une autre manière de lire nos contes.
Corinne76100
Corinne76100

89 abonnés 680 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 novembre 2025
Le conte de Cendrillon version trash, c'est horrifique, c'est comique. Les 2 genres se marient très bien ensemble. Une belle réussite pour ce film norvégien
Charles V.
Charles V.

11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 octobre 2025
Un film très intéressant. Les deux facettes de la beauté, superficielle et réelle.
Un film sans concession qui intéresse de bout en bout. Surprenant et complètement immersif, difficile de croire à la réalité de tout ce que l'ont voit mais point de surnaturel dans ce film, à mon sens.
On pourrait imaginer que nous avons là l'histoire vraie, la version adulte.
selenie

7 506 abonnés 6 755 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 octobre 2025
On est plongé dans une version gothique et baroque, dans une atmosphère lugubre et un environnement funeste qui est compensée tout aussi vite par des événements tantôt pathétiques tantôt malaisants comme le premier dîner en famille. Soudain, le sujet de la tolérance, de la morale très patriarcale autour du couple idéal ("trouver chaussure à son pied" !) ou du complexe de Cendrillon deviennent obsolètes pour des thématiques plus actuelles et plus modernes sur la solitude, le besoin de plaire, l'apologie de la beauté unique qui mène à des bêtises allant à l'anorexie ou la simple chirurgie esthétique. Se sachant hors des critères la pauvre Elvira/Myren va alors tout faire pour devenir la plus belle, acceptant la chirurgie la plus primaire (version Ambroise Paré plutôt que le 21ème siècle). Visuellement, outre les décors et les costumes, on apprécie le choix des effets spéciaux artisanaux plutôt que numériques ce qui accentue le côté viscéral et organique des "chocs" physiques, toujours sur la ligne tangente entre le grotesque et l'authentique. Cette fable horrifique tient ses promesses et est assez audacieuse pour mériter le détour.
Site : Selenie
Jen Djarin
Jen Djarin

12 abonnés 297 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 octobre 2025
Un petit peu déçu du film, car la BA et le concept m'avaient vraiment agrippé !
Quand le film fait du Body Horror, c'est vraiment très réussis spoiler: (notamment les séquence où Elvira se fait raboter le nez et se fait coudre des faux cils),
et provoque un sentiment dérangeant particulièrement prenant. Le problème, c'est que le film est finalement un peu trop soft dans le genre. Oui, il y a quelques séquences dégueulasses qui font leurs effets, mais globalement, c'est juste une version de Cendrillon centré sur une de ses belles-sœurs, qui en plus de ça, est un peu longue.
D'ailleurs, je trouve Agnès/Cendrillon un peu odieuse par moment (même s'il y a circonstances atténuantes de part la mort de son père), ce est cela dit intéressant car le prince en question est vraiment un sale coureur de jupons assumé, donc il est appréciable de voir les "gentils" sous un mauvais jours. Petite critique au passage : on ne comprend pas pourquoi Elvira se met à appeler Agnès, Cendrillon ! Dans le livre, Cinderella est un mélange de "Cendre" et "Ella", mais là, vu qu'elle s'appelle Agnès, on ne sait pas d'où sa sort.
En fait, j'adore le fait que les sacrifice constant que fait Elvira pour devenir belle finissent par produire l'effet inverse sur son corps, ce qui est à la fois ironique et triste. On est partagé entre la peine qu'on ressent pour Elvira qui sacrifie son corps pour satisfaire une mère toxique et le karma de voir le choix catastrophique de cette petite idiote se retourner contre elle.
Malheureusement, le film ne va pas vraiment assez loin et aussi jolis soient les décors et les maquillages, le film reste vraiment trop long et lent pour m'investir émotionnellement. Cela dit, j'aime bien la façon de relire le conte de Cendrillon avec des éléments plus dérangeants spoiler: (comme les vers à soie qui font la robe de Cendrillon)
et au moins, le film aura toujours ce mérite d'apporter une nouvelle lecture au conte de Cendrillon, même si je pense que les spectateurs ne connaissant pas le conte seront un peu paumé à ce niveau.
Les acteurs sont globalement corrects mais il y a 3 actrices qui vont vraiment briller dans le film : Thea Sofie Loch Næss, Ane Dahl Torp et évidemment Lea Myren qui est incroyable dans le rôle d'Elvira. Le moment où elle brille le plus, c'est ce final où spoiler: elle détruit son corp pour rejoindre le prince et tenter d'enfiler la chaussure. Un final particulièrement efficace qui aurait fait une fin assez forte qui met vraiment mal. Toutefois, le film fait le choix plutôt pertinent de finir le film sur Alma sauvant sa sœur, tel un ange venu du ciel. Certes, c'est une fin un peu plus optimiste, mais je trouve que cela permet de donner une vraie pertinence au rôle d'Alma, jusque là, très transparent et donner un moment très émouvant.
Gwen R
Gwen R

55 abonnés 588 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 octobre 2025
On est sur la même lignée que "the Substance" dans ce conte Cendrillon revisité ici du côté d'une des sœurs poussée par sa mère à se transformer pour conquérir le prince. Même pression à se conformer à une norme esthétique et même regard lubrique de certains hommes. Le gore ici ne va pas aussi loin: on est dans du classique un peu subverti.
Emywood
Emywood

3 abonnés 190 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 octobre 2025
The Ugly Stepsister est clairement LE film d’horreur de l’année !
Il se démarque par son esthétique et par son histoire innovante. Le message derrière ce film est poignant. Certaines scènes sont difficilement soutenables, surtout la scène finale. Sans spoiler, c’est la première fois qu’une scène de film m’est aussi éprouvante et à la limite du regardable…. C’est vraiment une belle réussite.
Soeur Marie Cruchotte

407 abonnés 3 669 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 20 octobre 2025
Une revisite du conte de fées de Cendrillon, aux sujets très actuels des dictates de le beauté et de la position dans la couche sociale. Si le cadre, les décors, la photographie sont d'un autre temps, des thèmes ou la bande son sont plus contemporains. Pour autant, le propos tel traité manque de finesse, l'obssession vire à la folie absurde et trash. Même si c'est le but recherché, le malaise indécent installé devient vite désagréable pour le spectateur.
Inglorious_Ben
Inglorious_Ben

94 abonnés 1 761 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2025
Une petite claque horrifique, qui n'est pas sans rappeler un certain "The Substance", tant sur le fond (société axée sur le jeunisme et la beauté à tous prix) que sur la forme (le trash monte en puissance au fur et a mesure du visionnage). The Ugly Stepsister assume son coté kitsh et constitue clairement un pied de nez aux histoires de princes et princesses habituelles. C'est gore, c'est très cru (a ne pas pas mettre devant tous les yeux) et ça monte crescendo. Bravo a la jeune actrice pour son 1er role principal, elle est juste parfaite.
eulisha
eulisha

2 abonnés 8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mars 2026
Très bonne adaptation contemporaine et horrifique du conte de Cendrillon où l'on nous narre cette fois l'histoire de sa demi-sœur Elvira. C'est une interprétation pas mal crue de l'oeuvre originale où le prince est davantage pervers que charmant et où l'aspect très brut de certaines scènes nous plonge dans une contemporanéité tant objective que superflue. Pour autant, le scénario a personnellement réussi l'exploit de me faire garder espoir pour notre protagoniste tout le long du métrage bien que l'on en connaisse tous la fin avant même de lancer le film. J'apprécie donc fortement les libertés qui ont été prises pour proposer cette version et je la recommande aux amateurs d'horreur non émétophobes.
elriad

534 abonnés 2 095 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 octobre 2025
Cette digression sur le conte déjà cruel de Cendrillon célébrée dans un langage gore et souvent d'un kitsch assumé fait mouche. Entre humour et horreur, l’obsessionnel canon de la beauté est distillé de façon obscène, dans des décors de Walt-Disney cauchemardés... L'atmosphère happe le spectateur prêt à plonger et tient le spectateur sans ennui de bout en bout.
Ruminish
Ruminish

2 abonnés 46 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 octobre 2025
Difficile de noter un film comme celui-ci. Je ne peux pas dire que j'ai aimé, j'ai été " dérangé " tout du long tellement l'univers est oppressant et malsain, et donc très réussi. Je salue l'audace et la performance de l'actrice principale. Je ne suis pas prêt d'oublier ce film mais c'est un one shot.
pfloyd1
pfloyd1

180 abonnés 2 335 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 octobre 2025
Voici la véritable histoire de Cendrillon revisitée à la norvégienne et ça dépote ! Sauf que cette fois l'histoire se tourne sur Elvira, l'une des deux filles de la belle maman de Cendrillon. Aussi vilaine que jalouse, Elvira se décide à tous les sacrifices pour être la plus belle du bal afin d'avoir le privilège de danser avec le Prince. Si, sur le papier, le conte a l'air beau, l'histoire est dingue, sombre et malaisante. Les acteurs, quoique sans réel charisme, interprètent admirablement les personnages tout en respectant l’époque et les lieux du conte. Quelques petites scenes slashers, d'autres très crues (sexes visibles sans ambiguïté), c'est une drôle d'histoire dotée d'une atmosphère sordide mais nouvelle.
77ciryll
77ciryll

8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 octobre 2025
Wow!
Je reste scotché par ce chef d'oeuvre du genre, incroyable, dérangeant,cruel et terriblement horrifique tout en étant magnifique.
Les mots me manquent ou peut être mon vocabulaire mais je suis assis devant mon écran depuis 20mn après la fin du générique et je n'en sort pas indemne.
Depuis longtemps,fan du genre, je pense n'avoir jamais vu un film aussi choquant mais terriblement jouissif.
Un sacré réalisateur,mon dieu quel film.
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