On est plongé dans une version gothique et baroque, dans une atmosphère lugubre et un environnement funeste qui est compensée tout aussi vite par des événements tantôt pathétiques tantôt malaisants comme le premier dîner en famille. Soudain, le sujet de la tolérance, de la morale très patriarcale autour du couple idéal ("trouver chaussure à son pied" !) ou du complexe de Cendrillon deviennent obsolètes pour des thématiques plus actuelles et plus modernes sur la solitude, le besoin de plaire, l'apologie de la beauté unique qui mène à des bêtises allant à l'anorexie ou la simple chirurgie esthétique. Se sachant hors des critères la pauvre Elvira/Myren va alors tout faire pour devenir la plus belle, acceptant la chirurgie la plus primaire (version Ambroise Paré plutôt que le 21ème siècle). Visuellement, outre les décors et les costumes, on apprécie le choix des effets spéciaux artisanaux plutôt que numériques ce qui accentue le côté viscéral et organique des "chocs" physiques, toujours sur la ligne tangente entre le grotesque et l'authentique. Cette fable horrifique tient ses promesses et est assez audacieuse pour mériter le détour. Site : Selenie
Un petit peu déçu du film, car la BA et le concept m'avaient vraiment agrippé ! Quand le film fait du Body Horror, c'est vraiment très réussis spoiler: (notamment les séquence où Elvira se fait raboter le nez et se fait coudre des faux cils), et provoque un sentiment dérangeant particulièrement prenant. Le problème, c'est que le film est finalement un peu trop soft dans le genre. Oui, il y a quelques séquences dégueulasses qui font leurs effets, mais globalement, c'est juste une version de Cendrillon centré sur une de ses belles-sœurs, qui en plus de ça, est un peu longue. D'ailleurs, je trouve Agnès/Cendrillon un peu odieuse par moment (même s'il y a circonstances atténuantes de part la mort de son père), ce est cela dit intéressant car le prince en question est vraiment un sale coureur de jupons assumé, donc il est appréciable de voir les "gentils" sous un mauvais jours. Petite critique au passage : on ne comprend pas pourquoi Elvira se met à appeler Agnès, Cendrillon ! Dans le livre, Cinderella est un mélange de "Cendre" et "Ella", mais là, vu qu'elle s'appelle Agnès, on ne sait pas d'où sa sort. En fait, j'adore le fait que les sacrifice constant que fait Elvira pour devenir belle finissent par produire l'effet inverse sur son corps, ce qui est à la fois ironique et triste. On est partagé entre la peine qu'on ressent pour Elvira qui sacrifie son corps pour satisfaire une mère toxique et le karma de voir le choix catastrophique de cette petite idiote se retourner contre elle. Malheureusement, le film ne va pas vraiment assez loin et aussi jolis soient les décors et les maquillages, le film reste vraiment trop long et lent pour m'investir émotionnellement. Cela dit, j'aime bien la façon de relire le conte de Cendrillon avec des éléments plus dérangeants spoiler: (comme les vers à soie qui font la robe de Cendrillon) et au moins, le film aura toujours ce mérite d'apporter une nouvelle lecture au conte de Cendrillon, même si je pense que les spectateurs ne connaissant pas le conte seront un peu paumé à ce niveau. Les acteurs sont globalement corrects mais il y a 3 actrices qui vont vraiment briller dans le film : Thea Sofie Loch Næss, Ane Dahl Torp et évidemment Lea Myren qui est incroyable dans le rôle d'Elvira. Le moment où elle brille le plus, c'est ce final où spoiler: elle détruit son corp pour rejoindre le prince et tenter d'enfiler la chaussure. Un final particulièrement efficace qui aurait fait une fin assez forte qui met vraiment mal. Toutefois, le film fait le choix plutôt pertinent de finir le film sur Alma sauvant sa sœur, tel un ange venu du ciel. Certes, c'est une fin un peu plus optimiste, mais je trouve que cela permet de donner une vraie pertinence au rôle d'Alma, jusque là, très transparent et donner un moment très émouvant.
On est sur la même lignée que "the Substance" dans ce conte Cendrillon revisité ici du côté d'une des sœurs poussée par sa mère à se transformer pour conquérir le prince. Même pression à se conformer à une norme esthétique et même regard lubrique de certains hommes. Le gore ici ne va pas aussi loin: on est dans du classique un peu subverti.
The Ugly Stepsister est clairement LE film d’horreur de l’année ! Il se démarque par son esthétique et par son histoire innovante. Le message derrière ce film est poignant. Certaines scènes sont difficilement soutenables, surtout la scène finale. Sans spoiler, c’est la première fois qu’une scène de film m’est aussi éprouvante et à la limite du regardable…. C’est vraiment une belle réussite.
Une revisite du conte de fées de Cendrillon, aux sujets très actuels des dictates de le beauté et de la position dans la couche sociale. Si le cadre, les décors, la photographie sont d'un autre temps, des thèmes ou la bande son sont plus contemporains. Pour autant, le propos tel traité manque de finesse, l'obssession vire à la folie absurde et trash. Même si c'est le but recherché, le malaise indécent installé devient vite désagréable pour le spectateur.
Une petite claque horrifique, qui n'est pas sans rappeler un certain "The Substance", tant sur le fond (société axée sur le jeunisme et la beauté à tous prix) que sur la forme (le trash monte en puissance au fur et a mesure du visionnage). The Ugly Stepsister assume son coté kitsh et constitue clairement un pied de nez aux histoires de princes et princesses habituelles. C'est gore, c'est très cru (a ne pas pas mettre devant tous les yeux) et ça monte crescendo. Bravo a la jeune actrice pour son 1er role principal, elle est juste parfaite.
Très bonne adaptation contemporaine et horrifique du conte de Cendrillon où l'on nous narre cette fois l'histoire de sa demi-sœur Elvira. C'est une interprétation pas mal crue de l'oeuvre originale où le prince est davantage pervers que charmant et où l'aspect très brut de certaines scènes nous plonge dans une contemporanéité tant objective que superflue. Pour autant, le scénario a personnellement réussi l'exploit de me faire garder espoir pour notre protagoniste tout le long du métrage bien que l'on en connaisse tous la fin avant même de lancer le film. J'apprécie donc fortement les libertés qui ont été prises pour proposer cette version et je la recommande aux amateurs d'horreur non émétophobes.
Cette digression sur le conte déjà cruel de Cendrillon célébrée dans un langage gore et souvent d'un kitsch assumé fait mouche. Entre humour et horreur, l’obsessionnel canon de la beauté est distillé de façon obscène, dans des décors de Walt-Disney cauchemardés... L'atmosphère happe le spectateur prêt à plonger et tient le spectateur sans ennui de bout en bout.
Difficile de noter un film comme celui-ci. Je ne peux pas dire que j'ai aimé, j'ai été " dérangé " tout du long tellement l'univers est oppressant et malsain, et donc très réussi. Je salue l'audace et la performance de l'actrice principale. Je ne suis pas prêt d'oublier ce film mais c'est un one shot.
Voici la véritable histoire de Cendrillon revisitée à la norvégienne et ça dépote ! Sauf que cette fois l'histoire se tourne sur Elvira, l'une des deux filles de la belle maman de Cendrillon. Aussi vilaine que jalouse, Elvira se décide à tous les sacrifices pour être la plus belle du bal afin d'avoir le privilège de danser avec le Prince. Si, sur le papier, le conte a l'air beau, l'histoire est dingue, sombre et malaisante. Les acteurs, quoique sans réel charisme, interprètent admirablement les personnages tout en respectant l’époque et les lieux du conte. Quelques petites scenes slashers, d'autres très crues (sexes visibles sans ambiguïté), c'est une drôle d'histoire dotée d'une atmosphère sordide mais nouvelle.
Wow! Je reste scotché par ce chef d'oeuvre du genre, incroyable, dérangeant,cruel et terriblement horrifique tout en étant magnifique. Les mots me manquent ou peut être mon vocabulaire mais je suis assis devant mon écran depuis 20mn après la fin du générique et je n'en sort pas indemne. Depuis longtemps,fan du genre, je pense n'avoir jamais vu un film aussi choquant mais terriblement jouissif. Un sacré réalisateur,mon dieu quel film.
Un petit bijou norvégien bien taillé, l'actrice est formidable dans une cendrillon torturée et je pèse mes mots. un 1er film de ce réal, bon ben bravo, c'est hyper bien réalisé. On y voit le principe du film The Substance en moins esthétique, encore que. Certaines scènes sont assez dures à regarder, ce n'est pas pour tous le monde. Moi j'ai beaucoup aimé.
Film osé, mais pas mal illustré ; il dénonce en effet le prix souvent exorbitant et les sacrifices que beaucoup de femmes (et d'hommes) allouent inconsciemment à leur apparence et à la notoriété. Contrairement à ce qui se dit dans les commentaires, le film ne se démarque pas trop du conte original des frères Grimm ; il est aussi violent, ex. : les orteils coupés, et à la fin, selon la légende, les deux corbeaux devraient normalement crever les yeux aux deux sœurs !
Relecture moderne du conte de cendrillon, c'est audacieux certe, mais c'est moue, remplie de longueur et mal rythmé. Souvent comparé à The Substance pour le côté body horror, le film de Coralie Fargeat était beaucoup mieux maîtriser, notamment dans son rytme et sa montée crescendo de la détérioration du corps, ici c'est relativement linéaire. Peu de tension, quelques scènes tout de même réussies, mais aucun moment de flamboyance. De l'idée mais pas exploité de manière toujours juste.