The Ugly Stepsister, c’est exactement ce genre de body horror qui dérange autant qu’il fascine : un conte de transformation qui devient un cauchemar organique. Là où beaucoup de films du genre misent juste sur le choc visuel, celui-ci réussit à rendre la mutilation presque intime, presque psychologique. Chaque modification du corps devient une violence sociale, une réponse à l’obsession du regard des autres, de la beauté imposée, de la perfection féminine impossible à atteindre.
C’est pour ça que le parallèle avec The Substance fonctionne si bien : les deux films parlent moins de chair que de pression sociale. Le gore n’est pas gratuit, il est symbolique. Dans les deux cas, le corps devient un champ de bataille entre identité et validation extérieure. Mais The Ugly Stepsister a quelque chose de plus sale, de plus cruel, presque de conte de fées empoisonné. On sent la sueur, la douleur, la honte, là où The Substance est parfois plus clinique et satirique.
Ce que j’ai aimé surtout, c’est cette sensation de malaise progressif : tu sais que ça va mal finir, mais tu regardes quand même, hypnotisé. Le film te force à contempler l’horreur de standards de beauté absurdes en les poussant jusqu’à la monstruosité pure. Ce n’est pas juste “beurk”, c’est tragique. On ne regarde pas un monstre naître, on regarde quelqu’un se détruire pour être aimé.
C’est un body horror intelligent, cruel, viscéral, qui reste dans la tête longtemps après le générique. Pas juste un film choquant : un film qui te fait réfléchir sur pourquoi certaines horreurs nous paraissent finalement si familières.
The Ugly Stepsister est un délicieux film qui nous vient du Danemark :) ce film d'abord dérivé de Cendrillon des Studios Disney met cette fois en avant l'une des belles-sœurs de Cendrillon : Elvira qui essaiera par tout les moyens de "devenir belle" pour plaire au prince de la contrée en tant qu'épouse. Ce résumé n'est rien par rapport au film qui m'a franchement fait vivre un rêve lucide ! j'avais pourtant des craintes avant de le voir peut-être parce que je n'avais pas envie une millième adaptation de Cendrillon de ce que j'avais entendu mais j'ai eu tort car le personnage n'est au final que secondaire. Il se dirige surtout sur Elvira et de sa volonté jusqu'à la beauté qui se verra très body horror, très gore et sec par certains moments mais tellement jouissif, au delà de ce récit principal les rôles issus du film original du moins ceux qui sont présents sont très bien retranscrits par le casting. Une belle-mère tout aussi détestable que l'originale, Rebekka et d'autres avec chacun leurs points bien plus sombres que dans le Disney. Une ambiance plutôt malsaine dans l'ensemble et tournée comme un film d'époque à certains temps, des décors idéales et des costumes en particulier pour Elvira sublime au couleurs enfantines. Excellent film tout bonnement que je conseille à des spectateurs qui veulent se diversifier dans le cinéma d'horreur mais moins au fans de Disney..
L'expression "il faut souffrir pour être belle" prend ici tout son sens ! Comme beaucoup l'on souligné, ce film d'horreur s'inscrit dans la lignée de "The Substance". Pas de tueur en série, pas d'esprit frappeur, juste l'obsession démente pour la beauté et la maltraitance du corps qui en découle.
Évidemment tiré du compte de Cendrillon, on s'intéresse cette fois aux "méchantes sœurs", enfin l'ainée en particulier qui ne rêve que d'une chose : épouser le prince "charmant" quel qu'en soit le prix. Contrairement au dessin animée, très caricatural, on se prend de pitié pour ce personnage superbement interprété par Lea Myren qui fait ici ses premiers pas en tant qu'actrice avec un bon casting dans l'ensemble.
Finalement cette adaptation est la plus fidèle au matériau d'origine, et autant le dire ça charcute, donc âmes sensibles faites gaffe. Quant aux hématophobes, le final est juste inregardable.
S'il prenait l'envie à Emilie Blichfeldt, qui signe ici aussi son premier film, de réaliser les autres contes classiques avec cette fidélité, ça promet !
Nous connaissons tous le conte de Cendrillon, cette jolie fable qui se termine évidemment bien. Oublions le fameux « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » et intéressons nous à la jeune Elvira, l’une des demie-sœurs de Cendrillon. Émilie Blichfeldt en fait son « héroïne » dans cette relecture ébouriffante et jusqu’au-boutiste qui appuie parfaitement sur le patriarcat putréfiait et le dictat de la beauté à tout prix. On y verra un certain lien avec The Substance sorti récemment et le film, très différent tout de même, est clairement porté par son casting et notamment l’actrice de la jeune Elvira, extrêmement talentueuse, au moins autant que dérangeante … Car c’est bien le but du métrage, déranger, secouer, faire réfléchir mais il est clair que tout le monde n’y prendra pas plaisir, certaines scènes étant difficilement supportables. Le but est atteint en tout cas, The Ugly Stepsister est perturbant et marque également une sorte de renouveau dans le domaine de l’horreur, disons même le body-horror que David Cronenberg devrait apprécier. C’est dur, c’est violent mais c’est aussi une bouffée d’air frais dans le genre, il fallait oser et miss Blichfeldt l’a réussi avec brio.
Excellemment interprété et réalisé, les scènes de "chirurgie" sont glaçantes et la proposition est gore et originale. La première partie est lente et peu intéressante mais l'histoire va crescendo et termine en apothéose. A voir une fois pour la qualité de la prestation de l'actrice principale et l'originalité de la relecture trash de l'histoire de Cendrillon (mais éviter de le faire après manger)
Un "Cendrillon" kitsch et gore, à la fois beau et dégoûtant. Le parcours, affreux, de cette demi-sœur est filmé avec le soucis du détail et accompagné d'une petite musique électro. Un film étrange, beau et cruel.
J'ai longtemps hésité avant de le voir, persuadée que ce film serait mauvais. Finalement, visionnage hier soir et quelle excellente surprise. J'ai été absorbée par cette excellente production et la mega performance de l actrice principale. Contrairement à beaucoup, aucune scène choquante pour moi, je n ai pas compris l interdit-16 ans. Tout était regardable à mon sens personnel. Mais bon, voilà un film où on ne s ennuie pas, j aurais aimé plus de trash justement. Le sujet s y prêté aisément. Belles images, sujet vraiment d'actualité. Une réussite et je recommande vivement
Un mix éblouissant, magistralement interprété et totalement détraqué, inspiration Kubrick, Dolan et Sofia Coppola tout mélangé avec une BO envoûtante... Rarement vu un tel bijou, un tel génie
Cette reprise de Cendrillon est un vrai conte moderne. Conte dans le sens très sombre du terme, moderne car il reprend l histoire connu de tous pour traiter de thèmes très actuels comme l injonction à être belle. Faisant le choix du Body Horror dans une ambiance gothique il soulèvera le cœur des spectateurs même les moins craintifs. Audacieux, déstabilisant alors que l on croit être en terrain connu c est une sacré proposition de cinéma porté par des actrices donnant le meilleur (et le plus sombre) d elles même.
Film brillant qui déconstruit avec brio le mythe éternel de Cendrillon. Intelligent car il place sous les feux de la rampe non pas Cendrillon mais la belle-soeur, plus sympathique que Cendrillon au départ. Sauf que la belle-soeur est remplie de bluettes qui la fait espérer à un mariage avec le prince Julian. Elle n'est pas belle ? tant pis, elle le deviendra à coups de bistouris, de ver solitaire, une quête insensée pour devenir la belle femme qu'elle n'est pas. Un conte cruel, dur, qui nous parle des diktats féminins et du désir masculin qui lui ne s'embarrasse guère de sentiments. En outre, la forme est au diapason. Certains plans sont superbes, la musique colle parfaitement à son sujet. Vraiment un beau film !
« The Ugly Stepsister », s’est fait, au cours de l’année 2025, une petite réputation au sein du cercle fermé des films d’horreur. Venu tout droit des froides contrées de Norvège, le film propose une relecture du conte "Cendrillon" mais en abordant l’histoire par le versant d’une des demi-sœurs. Non content de proposer une version adulte, sombre et parfois gore, le film a aussi une approche narrative originale. La force du scénario est de renverser la situation des personnages et des antagonistes. spoiler: Le personnage qui deviendra « Cendrillon », est au début un personnage assez hautain et méprisant qui, par les différents événements, chutera de son statut, pour renaitre et finir par se lier au prince.
A l’inverse, le personnage de la demi-sœur, est assez pathétique et arrivera à s’élever dans la souffrance (morale et physique) jusqu’à la fin où elle finira dans la déchéance physique.
Chaque personnage féminin a un arc scénaristique intéressant et satisfaisant, ce qui est le signe d’un bon scénario. En termes de qualités techniques, la réussite est aussi là. Les décors, costumes et avant tout, les maquillages sont irréprochables et apportent une belle reconstitution de cette période historique fictive, secondé par un casting et un jeu d’acteurs (actrices en l’occurrence) au diapason. Le léger reproche que je formulerais est un léger manque de rythme, qui sans être ennuyeux, nuit un peu à l’efficacité du film. « The Ugly Stepsister » est donc une bonne surprise, avec cette relecture originale et pertinente, d’une histoire connue de tous. Note : 14/20
Une revisite inattendue du conte de Cendrillon version body-horror, qui met à mal le culte de la beauté et de l'apparence. L'histoire est ici principalement axée sur le personnage de Javotte (Elvira dans cette version), sœur d'Anastasia (Alma), toutes deux filles de la méchante belle-mère Lady Trémaine (Rebekka). Dans cette version norvégienne, rien n'arrête la jeune Javotte pour modifier son apparence et tenter de devenir plus belle que sa belle-sœur Cendrillon (Agnès) pour séduire le prince qui, pour sa part, demeure aussi bête que dans le conte originel. Le casting est plutôt convaincant et la photographie impeccable. Grand coup de pied dans la bienveillance de nos contes de fées, ce petit film sans prétention n'a rien à envier au décevant "The Substance". Âmes sensibles s'abstenir.
Dans un royaume froid, à l'ambiance naturellement réaliste, où la beauté d'apparat règne en maître la jeune Elvira doit faire face à une redoutable concurrence. Toutes les jeunes vierges du pays veulent marier le Prince. Dans un environnement vénal entre sa mère exigeante animée d'une soif de reconnaissance pour renflouer son image sociale et sa jeune sœur délaissée parce que pas encore assez femme pour être intéressante à marier, c'est l'histoire de l'anti-Cendrillon qu'on nous donne. L' histoire de ces jeunes femmes d'un autre temps que l'on conditionne à l'image qu'en désirent les hommes. Celles qui n'auront jamais la chance d'embrasser un prince en essayant d'être ce qu'elles ne sont pas. Ça commence plutôt mal pour notre belle sœur laide. A peine arrivée dans sa nouvelle famille que le nouveau mari de sa mère meurt en ne laissant pas de riche héritage. Et le miroir, Ô mon beau miroir lui dit qu'elle est la plus moche. Il faut se rendre à l'évidence, Agnès, la fille du défunt mari qu'on laisse pourrir dans les sous sols de la propriété parce qu'on n'a pas les moyens de financer une sépulture, est d'une beauté à faire chavirer le cœur des princes. Être la plus belle pour aller danser est un exercice difficile, un vrai parcours de combattante. Les critères de beauté féminine sont strictes et sévères. Quels stratagèmes utiliser pour arriver jusqu'au grand bal et être choisie. La chirurgie esthétique … Dont on vous sert quelques scènes d'une cruauté de sévices pas faciles à supporter. C'est toute cette souffrance qu'aujourd'hui encore les femmes subissent qui nous est présentée. Pour plaire, être acceptées en société patriarcale, par quels sacrifices horribles sont-elles obligées de se soumettre ? Soumission, ridicule, humiliation, à cause d'une morphologie qui ne correspond pas aux normes de l'esthétisme, tel est le sort réservé à toutes ces femmes qui veulent briller dans la haute société. Et il y aura toujours une Cendrillon pour venir gâcher la fête. Tant de douleur et de temps perdu pour au final ne pas être l'élue et sombrer dans la déception. Si la bonne morale vous raconte que la beauté vient de l'intérieur, les critères de beauté machistes et leurs fidèles miroirs, eux, ne la voient pas.
Ce détournement de Cendrillon nous offre une fable d'une rare cruauté. Il s'inscrit dans le courant des films féministes qui dénoncent la dictature de l'apparence et évoque par certains aspects The substance. Les images sont suberbes, les comédien(ne)s parfait(e)s. Certaines scènes, telle celle du bal, méritent de figurer dans des ugly stepsister est un titre bizarre, car on se demande qui est vraiment la méchante et s'il y en a une car les deux femmes sont victimes de leur situation. Ce petit bijou de méchanceté et d'humour noir a été abusivement classé "film d'horreur". S'il comporte des scènes dérangeantes et horribles, il ne fait pas du tout appel aux ressorts habituels de cette catégorie. Ce serait donc dommage de s'en priver pour cette raison...