Après avoir tenté l'expérience de l'adaptation des Trois Mousquetaires, Martin Bourboulon revient avec "13 jours 13 nuits". Pourtant, le long-métrage est encore une adaptation, mais cette fois-ci d'un ouvrage écrit par le commandant Mohamed Bida, qui vient relater les 13 jours qui ont suivi la prise de Kaboul par les talibans. Le film promettait donc un moment assez intense, ce dernier ayant également bénéficié d'un gros budget. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat vaut le détour ! Via l'histoire qui est présentée, on remarque rapidement l'intention du film. Ici, le but n'est pas de faire dans le sensationnel, mais bien de relater les événements avec respect et gravité. Cette façon de faire a donc forcément des conséquences : des bonnes et des mauvaises. Par exemple, dans les aspects un peu négatifs, certains pourront reprocher le manque de développement de certains personnages. Forcément, le film veut avant tout développer l'ambiance et le contexte, il laisse donc beaucoup ses héros de côté. Cela se ressent surtout du côté de notre personnage principal, car on va très peu développer sa relation avec ses équipes ou avec Eva. Avec cette dernière, on voit tout de suite leur lien, mais on ne sait pas vraiment ce qui rapproche ces deux-là. Mais globalement, ce sacrifice n'est pas en vain, et ce choix permet au film de se concentrer sur l'essentiel. Dès le début, le ton est donné, via une photographie très stylisée et une mise en scène qui place la tension au cœur du récit, le but étant de nous faire ressentir la pression du moment. Si j'avais reproché la mise en scène de Martin Bourboulon sur ses précédents projets, car cela donnait un rendu un peu cliché sur les scènes d'actions, son style est parfaitement adapté pour ce projet. Grâce à sa bonne gestion des plans-séquences et des plans longs en général, il réussit à correctement installer une ambiance. Dans sa montée en pression, le film m'a beaucoup rappelé les techniques utilisées par Denis Villeneuve sur "Sicario". On a donc des longs plans au début pour instaurer un contexte, puis un montage qui s'accélère afin de faire sentir le danger, et une tension qui dure longtemps. Le seul objectif est de garder le spectateur accroché à son siège, ce dernier étant constamment dans l'attente du moment où tout va partir en vrille. Parfois, on évite la catastrophe. D'autres fois, il se passe quelque chose, mais c'est suffisamment minime pour que l'on puisse souffler. Et vers la fin, les choses partent vraiment loin. Cette gestion de la tension fait donc vraiment la force du film, le casting étant parfait pour faire ressentir la peur et la confusion de la situation. Pour interpréter Mohamed, je trouve que Roschdy Zem était le meilleur choix, et il impose un gros charisme à son personnage. De même pour Eva, interprétée par la sublime Lyna Khoudri, qui prouve encore qu'elle a énormément de talent. Et donc, grâce à cette tension, le film n'a jamais besoin d'en faire trop. Il n'explique pas énormément ce qui se passe, on a juste suffisamment de contexte pour comprendre la situation, mais il ne va pas s'empêtrer dans des explications à rallonge. On comprend rapidement le danger qui plane, notamment par la manière dont Martin Bourboulon filme la ville ou les habitants en fuite de Kaboul. Ces séquences-ci sont d'ailleurs les plus marquantes du long-métrage, par le nombre très important de figurants, mais aussi par la triste réalité qu'elle met sous nos yeux. Le film n'a jamais de mal à nous faire ressentir la détresse de ces gens et la complexité de la situation, ce qui lui permet de faire passer un message, certes attendu, mais très important. Nous ne sommes pas vraiment devant un film très émotionnel, mais bien plus face à un projet choc, et cela fonctionne. Ce long-métrage n'a donc pas eu besoin d'en faire trop pour me faire ressentir son ampleur, et l'immersion au sein de ces événements a donc été totale. Par conséquent, c'est une expérience que je vous recommande ! Pour conclure, un moment extrêmement puissant.