Mettre en images une romance gay avec en option le milieu du sadomasochisme et du bondage est un pari très risqué. Il faut à tout prix éviter d’être dans le jugement et surtout contourner toute forme de voyeurisme ou de graveleux. Harry Lighton s’en sort avec les honneurs en se jouant de la plupart des obstacles inhérents à un tel postulat, à une séquence trop crue et trop longue près. Pillion se révèle pourtant aussi touchant et parfois cocasse que son contexte est particulier et réservé à un public averti. Retrouvez ma critique complète sur le site spécialisé Le Mag du Ciné: /
Un gay soumis et un gay macho sui vont ensemble comme un mocassin rouge au pied droit et un haut talon vernis au pied gauche, et pourtant si claudiquant le film avance vers une résolution sans beaucoup de suspens : l’un quittera l’autre. Devinez lequel …
Étrange... Parfois limite... Mais il y a dans cette vision de la domination et de la soumission un pouvoir d'équilibre... Le plus drôle dans cette histoire c'est qu'il avait 3 spectateurs dans la salle... Une ambiance pour un cinéma d'art et essai proche des cinémas porno des années 70s... À voir open mind
Le sujet n'a rien de nouveau mais le réalisateur-scénariste britannique ajoute deux paramètres essentiels qui changent toute la dimension du film, la relation gay évidemment et l'univers de bikers. D'abord le fait que Colin/Melling a effectivement tout de la victime soumise et pas que dans une relation sexuelle SM mais on l'imagine bien "victime soumise" dans n'importe quelle situation du quotidien, ainsi le fait que Ray/Skarsgard le choisisse en fait un prédateur comme n'importe quel agresseur en ville qui choisit une cible facile. Mais le côté SM est un peu biaisé, généralement il est de notoriété tacite que c'est un milieu avec des règles alors qu'ici il n'y en a aucune, vraiment aucune, l'un n'a presque pas besoin d'expliquer, l'autre accepte tout sans broncher, à tel point qu'il n'y a aucun nuance et qu'on n'est plus dans l'esclavage moderne : on accepte notre labeur car pas le choix, comme Colin/Melling accepte sa position juste pour assouvir une frustration qu'il renferme depuis toujours. On a vite fait le tour. Mais finalement Colin s'éveille à autre chose, tente une alternative et enfin le récit devient plus intéressant, malheureusement on est déjà dans la dernière partie. Les deux acteurs forment un duo magnétique, à la fois en osmose et si différent qu'on devine la fin forcément au diapason de leur préférence. Site : Selenie
premier film risqué de part son sujet, il a le mérite passé une première partie un peu trop racoleuse de montrer une relation de domination entre mecs entre humour décalé et évolution complexe et intéressante. les deux acteurs sont excellents dans des rôles casse gueules. après, pas toujours évident pour le spectateur de comprendre les réelles motivations des personnages.
Prix du scénario à Festival de Cannes cette année dans la section Un Certain Regard, et on comprend assez vite pourquoi.
Dans Pillion, il y a un peu de tout : de l’humour, de la tendresse, du trash aussi. L’ensemble peut paraître parfois assez sec, presque dur, mais au fond c’est surtout un film plein de tendresse. Pour un premier long métrage, Harry Lighton s’en sort très bien : c’est bien mis en scène et surtout très bien écrit.
Le film est superbement interprété par le très beau et toujours très charismatique Alexander Skarsgård, accompagné de Harry Melling (qu’on connaissait surtout comme Dudley dans la saga Harry Potter). Les deux forment un duo assez étonnant.
Au fond, c’est presque une comédie romantique, mais une comédie romantique un peu à part. Les personnages sont très bien dessinés et l’intensité dramatique, parfois même érotique, monte petit à petit tout au long du récit.
On en sort un peu secoué, même un peu dérangé par moments, mais surtout très touché. Le sujet était casse-gueule, mais le film s’en sort haut la main. Une vision de l’homosexualité moderne assez frontale, clairement pas à mettre devant tous les yeux (interdit aux moins de 16 ans), mais pleine de sentiments et d’émotion. Une vraie réussite pour un premier film. Troublant.
Pillion a le mérite de traiter d'un sujet sulfureux avec audace et humour. Le film est cru mais évite le piège de la surenchère trash même dans certaines scènes qui flirtent pourtant avec la pornographie. L'alchimie de ce couple atypique formé par deux acteurs formidables rend crédible cette histoire d'amour naissante. Si dans sa dernière partie le film se mue en une très tendre romcom, son épilogue demeure néanmoins un poil destabilisant, réduisant presque le film, et son personnage principal, à la seule exploration d'une sexualité particulière. On aurait espéré que l'évolution de la relation représentée se conclue par un happy end permettant, comme dans le film La secrétaire, de montrer que le sadomasochiste (au sens large de son acception) n'empêche pas l'épanouissement d'une belle histoire d'amour. Malgré cette petite réserve Pillion est un film audacieux et assez original qui a le mérite de nous faire découvrir un jeune réalisateur prometteur.
Aussi touchant que complètement étonnant, LIGHTON fait d'un sujet qui pourrait sonner de niche, une œuvre évocatrice, provocatrice, parfois romantique, parfois juste tendu, mais toujours à la hauteur de deux personnages particulièrement sincères
Pillion s’impose comme l’un des meilleurs films de ce début d’année. Un premier long métrage audacieux qui ose s’aventurer sur un terrain rarement traité avec autant d’intelligence : le BDSM. Après Kika l’automne dernier, le cinéma continue d’explorer ces territoires intimes, avec une finesse d’écriture remarquable.
L’on aurait pu craindre un film de pure provocation, multipliant les images choc. Or Pillion avance comme un funambule sur un fil, toujours à deux doigts de basculer dans la caricature ou le jugement moral. Mais chaque fois que l'on croit qu'il va tomber dans la facilité en prenant la direction attendue, un regard, un sourire, un retournement scénaristique vient rebattre les cartes et complexifier la relation.
Le récit devient alors un véritable espace de réflexion pour le spectateur. Ce que vit le personnage principal est-il acceptable ? Faut-il respecter un choix qui semble destructeur ? Qui domine réellement dans une relation de pouvoir ? Et si le dominé n’était pas celui que l’on croit ? Le film ne tranche jamais, refusant toute morale facile. Le cinéaste laisse chacun face à ses propres interrogations, ce qui rend l’expérience particulièrement stimulante.
Le casting est parfait. Alexander Skarsgård, fascinant de beauté sculpturale, impose une présence magnétique. Face à lui, Harry Melling surprend par la complexité qu’il apporte à ce rôle d’amant soumis, oscillant entre fragilité et détermination. Et impossible de ne pas mentionner le personnage savoureux de la mère, qui apporte une touche de tendresse et d’humour inattendue.
Certaines scènes, très explicites bien que filmées avec respect, réservent Pillion à un public averti. Mais au-delà de cette dimension, le film se révèle être une comédie romantique transgressive d’une rare intelligence. Un premier film remarquable, qui aurait largement mérité la Caméra d’Or.
Des films comme celui-ci rappellent pourquoi l'on aime le cinéma : parce qu’ils nous emmènent explorer des territoires inconnus et nous invitent à sortir de la salle interpelés, nourris d'une réflexion complexe et sans doute un peu plus ouverts.
Colin chante dans une chorale, vit chez ses parents, n'occupe pas beaucoup d'espace. Puis Ray surgit en cuir blanc, avec son mètre quatre-vingt-dix et son regard qui toise. Ce qui commence comme une rencontre de Noël un peu brutale devient une initiation : Colin intègre le club de bikers gay BDSM de Ray et en devient le soumis. Harry Lighton, 33 ans, signe là un premier long métrage qui déjoue chaque piège du genre. On aurait pu redouter le sensationnalisme ou la leçon de morale, il choisit l'observation clinique et l'humour, filmant ce milieu très codifié avec une décontraction presque ethnographique, sans voyeurisme, sans complaisance. Le scénario, Prix Un Certain Regard à Cannes 2025, excelle à démêler la complexité du désir sans jamais l'expliquer jusqu'à l'os. Colin qui apprend, tâtonne, finit par poser ses propres limites : c'est un récit d'émancipation qui s'ignore. Melling et Skarsgård, formidablement dissemblables, font fonctionner l'alchimie.
Il faut beaucoup de talent pour aborder un sujet aussi délicat. Le scénario est effectivement excellent et les deux acteurs principaux brillants. Alexander S livre une partition tout en nuance. L’humour anglais permet de désamorcer certaines situations difficiles, mais la sensualité n’est pas écartée et les scènes hot sont très réussies. Le film est universel en ce qúil parle du Couple et de ses enjeux.