Comédie inspirée de faits réels qui remontent à plus de 30 ans, ayant la particularité de mettre en scène une petite équipe de 5 jeunes femmes, du sud de la France, qui ont défrayé la chronique par leur culot et leur désinvolture, sans participation masculine ! Melissa Drigeard a été fascinée par cette incroyable aventure, et nous propose à notre réflexion, une reconstitution très fouillée du contexte de difficulté sociale de ces jeunes amies d’ enfance, célibataires, dont certaines avec enfants, vivant dans une cité du Vaucluse, ces magnifiques décors naturels que nous apprécions pour nos vacances, qui sont ici plus des ghettos où la « débrouille » est la première source de revenus pour beaucoup. La réalisatrice nous tisse admirablement le berceau dans lequel, l’ idée de « s’ en sortir » via ces « actions » était la seule alternative à leurs yeux et à leur portée, repoussant les thématiques plus usitées telles la drogue ou la prostitution. Ce qui frappe avant tout, c’ est la simplicité et l’ absence de retenue qui les guident, autour de chez elles, avec des armes factices ( ou non chargées, on n’ est pas certain ), quelquefois leur propre véhicule (!) , avec quelques perruques et ajouts vestimentaires rudimentaires ! Ce climat d’ immaturité est prodigieusement mis en scène avec des interprétations efficaces, avec mention particulière à Izïa Higelin ( Hélène ) ou Laura Felpin ( Laurence ). Avec Lyna Khoudri ( Katy ), Kenza Fortas ( Malika ) et la jeune Mallory Wanecque ( Carole ), ce gang est rapidement repéré, au bout de 5 attaques tout de même, et finissent par être jugées. Plus que l’ amateurisme de ces 5 femmes, qui au passage n’ a pas dépassé le stade des effractions, d’ agressions et de peurs et bien entendu du vol - le butin estimé de l’ ordre de 300 KF – c’ est leur effort courageux de réinsertion avant leur procès, qui a adoucit les peines lourdes encourues ( perpétuité ) et aboutit à une libération de facto. Melissa Drigeard dresse un magnifique portrait richement documenté de ces jeunes femmes, perdues, et qui n’ ont pas replongé depuis l’ affaire. Outre le plaisir de retrouver ces ambiances et décors de fin des années 80-90, et la vie des quartiers chauds, y compris les imbrications familiales et relative pauvreté, on se laisse emporter par une empathie non feinte générée par cette comédie étonnante et instructive…..!!**