Eleonora Duse
Note moyenne
2,6
230 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

46 critiques spectateurs

5
3 critiques
4
6 critiques
3
11 critiques
2
18 critiques
1
8 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Thierry Delarue
Thierry Delarue

6 abonnés 390 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 septembre 2026
C'est l'horreur de la guerre, la Duse et l'immensité de son talent est bien impuissante face à tant de malheurs. C'est un pays en deuil qui saluait enfin la fin de la grande guerre. Ruinée, malade, est-ce aussi la fin de l'actrice ? N'y pensez pas trop vite. Quand on est sur scène avec la Duse on ne joue pas, on vit ses rôles. La bellissima préfère jouer que de se soigner. Le théâtre est vital pour elle, plus fort que sa santé, plus fort que sa famille.
spoiler: Sa première représentation d'après-guerre est un succès. Les admirateurs, les notables de Rome et de toute l'Italie sont venus la féliciter dans son interprétation de « La dame de la Mer ». Tous sauf une et pas des moindre, Sarah Bernhardt qui lui reproche de ne s'être pas dépoussiérée de son vieux théâtre italien malgré le bouleversement provoqué par cette guerre mondiale. Talentueuse mais usée la Divine.

Le théâtre est aussi à une époque charnière. Les temps ont changé. Même les vieux acteurs qui ont envie de changer et aller de l'avant sont dépassés par un redoutable concurrent : le cinéma. Dans le film de Marcello, la montée du fascisme constitue surtout le contexte politique qui entoure le retour sur scène de Duse : elle reprend son activité alors que l'Italie bascule progressivement vers la dictature. Le dossier de presse du film présente d'ailleurs explicitement cette période comme celle de la montée du fascisme et l'arrivée au pouvoir de Mussolini et ses chemises noires qui jouèrent un rôle déterminant dans son ascension. La Maestra a côtoyé le nouveau pouvoir fasciste, Mussolini l'a personnellement sollicitée, mais elle n'a jamais été une propagandiste du fascisme. Elle, elle ne croit qu'en son travail, celui de comédienne, qui est son poison, mais aussi son oxygène. Eleonora arrive en phase terminale de sa grave maladie. Duse sait qu'elle est tuberculeuse, mais elle refuse de laisser son corps décider de la fin de sa carrière. Elle ne veut vivre que sur scène. N'est ce pas la destinée de tous grands artistes ? Alors ce n'est pas en désespoir de cause qu'elle s'autorise la grande traversée et part pour l'Amérique. Elle est morte en 1924, à Pittsburgh (États-Unis), pendant une tournée théâtrale, à l'âge de 65 ans. Ma note sera de 3,21 sur 5. Parce que, cette grande dame du théâtre que je ne connaissait pas m'a attendri.

La Belle au Bois Dormant, Conteuse au « Pays Imaginaire » pour la page Facebook « Je fais mon Cinéma ». avec une note de 4 sur 5
ELEONORA DUSE — Pietro Marcello
Je crois que je suis profondément sensible aux artistes qui ont cette capacité rare de faire naître quelque chose en nous. Ceux qui inventent, qui osent, qui transmettent des émotions et qui, parfois, par leur seul talent, provoquent des passions. C’est sans doute pour cela que j’ai été autant charmée par Valeria Bruni Tedeschi dans le rôle d’Eleonora Duse. Elle ne se contente pas d’incarner une grande comédienne. Elle semble entrer en elle, dans ses silences, ses fragilités, ses colères, ses blessures et surtout dans cette formidable volonté de continuer à créer alors que le monde autour d’elle est en train de changer.
Et quel monde ! J’ai été très émue par cette grande époque finissante du théâtre italien. Une époque où la scène était encore un monde à part entière, où les comédiens étaient des figures presque mythologiques, où le théâtre pouvait devenir une affaire de vie, de passion et même de survie.
À travers Duse, j’ai eu le sentiment de regarder disparaître tout un monde. Et Eleonora Duse, pour moi, est bien davantage qu'une immense actrice. Elle est devenue une sorte de patrimoine mémoriel des arts du spectacle. Une mémoire vivante de ce que furent les comédiens, leurs tournées, leurs scènes, leurs passions, leurs blessures et cette relation presque sacrée qu’ils entretenaient avec leur public. J’ai aimé que Pietro Marcello ne cherche pas simplement à raconter une biographie. Il filme aussi le temps qui passe, les rêves qui s’effacent et les artistes qui tentent désespérément de retenir ce qui est en train de disparaître.
Et puis il y a Valeria Bruni Tedeschi… Quelle actrice ! Elle possède cette chose que j’aime tant chez les grands interprètes : on ne voit plus seulement le personnage. On ressent une vie derrière le visage, quelque chose d’indéfinissable qui nous atteint directement. Je suis sortie de ce film avec une étrange mélancolie, mais aussi avec une immense envie de défendre encore et toujours les artistes. Parce qu’au fond, que reste-t-il de nous lorsque les décors sont démontés, lorsque les lumières s’éteignent et que le rideau tombe ? Il reste la mémoire de l’émotion. Et c’est peut-être cela, le véritable héritage d’Eleonora Duse. Une femme, une actrice, une époque… et une mémoire du théâtre qui continue de nous parler.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse