Jean-Pierre Améris a eu l’idée du film en remplissant son dossier de retraite, craignant de ne plus pouvoir faire de cinéma. Cette peur existentielle est devenue le cœur du film : "En échangeant avec Marion autour de cette question, petit à petit, l’idée du film s’est formée. C’est un vrai postulat de comédie classique, c’est-à-dire que, d’un fait tragique, on fait une comédie. La comédie, c’est toujours un inversé de désespoir, c’est prendre des choses tragiques par le biais de l’humour."
"Cela permet de dire les choses sans pathos, tout en tordant le cou au tragique. C’est pour cela que j’aime les comédies. Elles permettent d’aborder des sujets graves tout en offrant aux spectateurs une espèce de joie qui les rend heureux. C’est ce que j’admire chez Billy Wilder par exemple. Dans ses films, le postulat est souvent sombre et mélancolique mais il réussit à nous faire rire."
Dès le début de l’écriture, l’idée de situer l’histoire principalement dans un train a émergé. Améris voulait inscrire son film dans la tradition du "road movie ferroviaire", un genre apprécié par François Truffaut. L’idée que le destin d’un personnage bascule au cours d’un voyage en train était un moteur narratif fort.
En plus de son potentiel dramatique et comique, le train symbolise ici la trajectoire de vie du personnage principal : un trajet vers la mort qui prend un détour inattendu.
Le choix du duo d’acteurs a été une évidence dès le début. Améris voulait un acteur qui soit aussi chanteur pour incarner Antoine Toussaint, et il a pensé immédiatement à Gérard Darmon. Pour le rôle de Victoire, son choix s’est porté sur Valérie Lemercier pour son humour et son excentricité. Le réalisateur a envoyé le scénario aux deux acteurs en même temps, et leur réaction a été immédiate.
Jean-Pierre Améris voulait une mise en scène qui contraste avec la mélancolie du personnage principal. Il a choisi des décors et des costumes vifs pour créer une atmosphère joyeuse et éclatante : "Je voulais un décor qui soit gai, coloré, que cela finisse par exploser aux yeux de ce chanteur revenu de tout qui n’a plus envie de regarder ce qui l’entoure". La direction artistique a été particulièrement travaillée pour accentuer l’effet de fable et éviter le naturalisme, renforçant ainsi la tonalité comique du film.
La chanson Mambo Italiano joue un rôle clé dans le film. Elle provient d’un album de Gérard Darmon sorti dans les années 2000. Le réalisateur, fan de Dean Martin (lequel a chanté ce morceau pour la première fois), a voulu intégrer cette chanson pour son énergie communicative : "J’adorais cette chanson à l’origine chantée par Dean Martin que j’adore. L’avantage, c’est que, dès le début, en le voyant l’interpréter, on sait qu’on entre en fantaisie."
Mais pour le personnage d’Antoine Toussaint, ce tube est un fardeau : il est constamment ramené à cette chanson, qui semble définir toute sa carrière.
Gérard Darmon et Valérie Lemercier avaient déjà tourné ensemble dans la comédie Bienvenue à bord en 2011. L'actrice se rappelle : "Ce qui est formidable avec lui c’est qu’il joue vraiment avec ses partenaires. Il est très poreux, on joue dans ses yeux. Il invente sans cesse, propose des choses différentes à chaque prise. Et puis il adore me faire rire, ce qui est une bonne base pour démarrer la journée. On répétait notre texte ensemble, j’arrivais dans sa loge avec ma théière, et on se faisait des « italiennes » jusqu’à ce qu’on puisse être vraiment à l’aise pour s’ébrouer dans les scènes."
Valérie Lemercier devait initialement porter une robe vintage uniquement pour une scène d’essayage, mais le réalisateur a trouvé qu’elle correspondait parfaitement au personnage. Finalement, elle l’a portée tout au long du film : "J’avais apporté une de mes robes vintage, qui devait apparaître brièvement dans une scène d’essayages, et finalement on a décidé que ce serait celle-là que je porterais dans tout le film", confie la comédienne.