L’Intérêt d’Adam
Note moyenne
3,3
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133 critiques spectateurs

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Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 septembre 2025
Lucie travaille dans le service pédiatrie d’un hôpital. Avec un nombre de tâches et de patients très important, elle accueille le jeune Adam, 4 ans, dans une chambre. Le garçon est en sous-alimentation et l’équipe soignante essaie de l’aider à manger. Alors que sa mère semble à la fois une aide et un obstacle dans le rétablissement d’Adam, Lucie tente de l’accompagner. En salle le 17 septembre.

spoiler: "l’intérêt d’adam" adopte un format intéressant et immersif. Le spectateur assiste aux événements en suivant le personnage de Lucie dans les couloirs impersonnels de l’hôpital en plan-séquence, ce qui lui offre un sentiment d’être vraiment là assez puissant. Toutefois, je trouve qu’il me manque quelque-chose pour pouvoir savourer le récit qui m’est fait. On nous donne volontairement bien peu d’éléments sur la vie de Lucie expliquant pourquoi elle décide d’aider aveuglément cette mère, alors que de toute évidence et dès le début on assiste au sabotage de l’alimentation d’Adam.


vu en avant-première à Lille
Critiques d un passionné
Critiques d un passionné

138 abonnés 263 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 septembre 2025
Avec son deuxième film, Laura Wandel confirme qu’elle est bien plus qu’une promesse du cinéma social belge. Après UN MONDE, qui observait le harcèlement scolaire littéralement à hauteur d’enfant, elle déplace ici son regard vers l’hôpital et raconte l’histoire d’Adam, 4 ans, hospitalisé pour malnutrition sur décision de justice. Dans les deux cas, elle montre comment des cadres censés protéger l’enfant peuvent paradoxalement l’écraser ou le mettre en danger.


La mise en scène, d’un naturalisme quasi documentaire, se transforme vite en véritable thriller. Collée à l’épaule de l’infirmière Lucy, caméra portée et plans-séquences plongent le spectateur dans une nuit étouffante, rythmée par des dilemmes moraux permanents : obéir au règlement ou tendre la main à une mère en détresse ? Cette immersion en quasi temps réel rend le récit oppressant et palpitant.

En toile de fond, le film dresse aussi un portrait glaçant d’un système hospitalier épuisé : manque de moyens, pression sur les soignants, défiance des patients, sexisme ordinaire. Wandel capte cette réalité sans didactisme, à travers le vécu intime de ses personnages.

Le récit repose entièrement sur le trio central. Léa Drucker impressionne dans le rôle de Lucy : sobre, précise, elle incarne une femme partagée entre le professionnalisme et l’élan de la compassion. Anamaria Vartolomei apporte toute la complexité nécessaire à cette mère fragile et obstinée, dont l’amour maternel se mêle au désespoir et à l’entêtement. Et comme dans UN MONDE, Wandel révèle un incroyable talent de direction d’acteurs enfants : le jeune Jules Delsart est bouleversant de naturel, rendant palpable l’innocence et la vulnérabilité de son personnage.

La cinéaste filme sans juger, refusant tout pathos, et c’est précisément cette retenue qui donne à l’émotion sa puissance. Certains spectateurs pourront reprocher au film son intensité suffocante et ses situations parfois attendues, mais son format court (1h13) en fait une œuvre tendue et profondément humaine.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 3 octobre 2025
Une gentille infirmière se rebelle contre sa méchante hiérarchie pour aider une mère instable psychologiquement et son enfant.

Oui, vous avez raison, c'est une situation qu'on a l'impression d'avoir vu mille fois et qu'on verra mille fois supplémentaires encore, probablement filmée avec le même "sentiment de temps réel en milieu hospitalier" qu'on a découvert il y a trente ans déjà dans la série Urgences, et qui n'a vraiment plus rien d'original.

Le film de la Belge Laura Wandel ne cherche pas vraiment à dépasser ce portrait de bonne samaritaine tourné comme il se doit avec la caméra à l'épaule : l'auréole de sainteté qui semble étinceler au-dessus de la tête le Léa Drucker aurait pourtant méritée d'être challengée.

Son attitude n'est en effet pas exempte de critiques potentielles. Ne protège-t-elle pas injustement une mère toxique qui constitue une véritable menace pour son enfant (elle a déjà failli le tuer, et semble tout à fait prête à recommencer) ? N'outrepasse-t-elle pas allègrement les limites déontologiques de son métier ? Ne consacre-t-elle pas trop de temps à une seule patiente alors que beaucoup d'autres ont besoin d'elle ? Pourquoi prend-elle toutes ces décisions irrationnelles ? Ne devrait-elle pas confronter son opinion à celles de ses collègues, comme cela est préconisé en milieu hospitalier ?

En bref, il y avait sûrement beaucoup de films intéressants à faire autour de ce sujet, mais aucun de ceux-ci n'existe dans L'intérêt d'Adam, pâle décalque sur grand écran d'une collection de clichés usuels sur l'hôpital, qui ne prend à aucun moment la peine de caractériser psychologiquement ses personnages, ni d'installer une vraie tension dramatique.
Mélany T
Mélany T

43 abonnés 799 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 septembre 2025
La mise en scène, la direction d' et l'ambiance sont excellents. Le récit est inégal. Mais l'ensemble reste puissant, intelligent et important.
HOORNAERT CAROLINE
HOORNAERT CAROLINE

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 octobre 2025
Film remarquable ! Poignant! Les deux actrices sont époustouflantes - quelle sensibilité ! J’ai adoré même si le film est dur
JEAN SM
JEAN SM

6 abonnés 178 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 décembre 2025
Dans le rayon des films totalement déprimants et surtout, très stériles, l'intérêt d'Adam nous confirme que les producteurs n'ont pas pensé une seule seconde à l'interêt du spectateur. L'histoire se traine à n'en plus finir, les réponses ne viennent jamais et cette tristissime descente aux enfers bigarrés des urgences a tôt fait de nous ennuyer au plus haut point. Seul vrai atout du film, sa durée n'excédant pas 1h15, le réalisateur ayant certainement du sentir un plus grand naufrage encore s'il devait durer plus longtemps.
FaRem

10 571 abonnés 11 461 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 décembre 2025
Après "Un monde", l'intérêt des enfants est toujours au centre de l'histoire de Laura Wandel sauf qu'elle remet les adultes face à leurs responsabilités. Elle délaisse donc le récit à hauteur d'enfant pour un style plus traditionnel avec une infirmière qui fait de son mieux pour aider une mère dépassée par la condition de son fils. Une histoire de négligence, dont j'ai eu du mal à saisir la portée. Je ne sais pas si j'ai manqué quelque chose, mais ça manque de détails ou d'informations médicales. Rebecca veut aider son fils, mais tout ce qu'elle fait prouve l'inverse. Quant à Lucy, elle est dans son rôle d'aide-soignante qui pense avant tout à la santé de son patient, mais certaines de ses décisions sont étranges. Même s'il porte le nom du petit, "L'intérêt d'Adam" est finalement un film sur Lucy et les nombreuses décisions qu'elle doit prendre. Ce n'est pas le même service, mais ça fait penser au très bon "Heldin" sorti quelques semaines avant celui-ci. La comparaison est inévitable et ne rend pas service à Laura Wandel qui, dans cet exercice précis, n'arrive pas à procurer autant d'émotions et de sensations que Petra Biondina Volpe. J'ai trouvé ça pas mal, mais encore une fois, il y a des choses qui m'ont échappé...
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 septembre 2025
On sent l'influence des frères Dardennes de "Rosetta" (1999) dans le côté docu-fiction, dans un grain appuyé, les émotions viscérales, et on pense logiquement au tout récent "En Première Ligne" (2025) mais Laura Wandel impose une vraie intrigue, ou plutôt un réel enjeu avec cette justice qui plane, qui semble inhumaine face à l'abnégation de l'infirmière. Mais très vite on constate que l'hôpital lui-même, dans tout ce qu'il représente ne peut faire autrement que de suivre les pas de cette justice ; en effet comment et pourquoi un service ferait du favoritisme d'un côté si c'est pour mettre en danger de l'autre ?! L'infirmière est montrée avec les mêmes défauts que dans le film belge de Petra Volpe sus-nommé... SPOILERS voir site... Il manque quelque chose pour nous faire croire qu'une infirmière aurait soudain la grâce et le temps pour un unique cas dans tout un service, mais oui, le milieu médical reste un milieu porté aux nues, donc l'empathie autant naturel et systématique font qu'on reste admiratif et ému, on aime la mise en scène où Laura Wandel use judicieusement des plans-séquence ce qui donne un rythme et une fluidité idéale. Un bon film qui reste à conseiller.
Site : Selenie
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 janvier 2026
Dès les premières minutes, "L’Intérêt d’Adam" s’inscrit dans une réalité tristement familière : celle d’hôpitaux français à bout de souffle, rongés par l’urgence permanente. Au centre du film, Léa Drucker incarne une infirmière en service pédiatrie avec une justesse saisissante. Elle habite son rôle sans jamais forcer l’émotion, faisant exister un personnage épuisé, mais encore profondément habité par le sens de son métier. Son jeu repose sur des gestes précis, des silences, des regards qui trahissent l’usure autant que l’obstination. Son personnage se retrouve confronté à Adam, un enfant dont la situation familiale pose question. Le film montre alors comment, dans ces institutions fragilisées, la frontière entre soin, protection et intrusion devient floue. Chaque décision prise « dans l’intérêt de l’enfant » semble à la fois nécessaire et violente, et pèse lourdement sur les soignants. Si le film peut parfois sembler austère et répétitif dans sa mécanique, il trouve sa force dans l’incarnation magistrale de Léa Drucker et dans sa capacité à faire ressentir la violence sourde d’un hôpital public sous pression.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 février 2026
Laura Wandel signe un film presque documentaire, une plongée avec une infirmière en pédiatrie (Léa Drucker) le temps de quelques heures. Celle-ci, elle-même mère célibataire, est touché par le cas d'un enfant de 4 ans qui ne s'alimente pas correctement, et de sa mère désespérée.
"L'intérêt d'Adam" prend aux tripes, avec une durée courte (à peine 1h13) qui donne l'impression d'un quasi temps réel, une caméra à l'épaule immersive, et de très bons acteurs. Léa Drucker en infirmière qui outrepasse largement ses fonctions pour faire du social plus que du médical. Anamaria Vartolomei en maman déboussolée, dangereuse pour son enfant. Même le petit Jules Delsart est convaincant en môme de 4 ans troublé !
Je suis en revanche gêné par le dévouement sans borne du personnage de Léa Drucker, qui tente tout pour ne pas séparer la mère et l'enfant... alors qu'il apparait assez vite que celle-ci est toxique pour lui ! En résulte plusieurs invraisemblances, dommage car "L'intérêt d'Adam" aurait pu constituer un très solide drame hospitalier.
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 septembre 2025
Pour son retour sur la Croisette, Laura Wandel nous plonge au cœur d’un service pédiatrique en ébullition. Son nouveau film, L’Intérêt d’Adam, présenté en un seul acte, donne à voir un enchaînement de crises, d’angoisses et de larmes, aussi bien du côté des patients que des soignants. En ouverture de la Semaine de la Critique 2025, le film place la barre très haut, pour le plus grand plaisir de la meute de cinéphiles réunie.

La protection de l’enfance est une lutte que Laura Wandel mène depuis Un Monde. À l’époque, sa caméra se plaçait à hauteur d’enfants livrés à eux-mêmes dans le microcosme d’une cour de récréation. Elle en tirait une force narrative basée sur la spontanéité des gestes et des dialogues. Les mots les plus simples, parfois, peuvent blesser plus qu’il n’y paraît. C’est dans cette même dynamique que la réalisatrice belge revient, cette fois dans un univers hospitalier : bruyant, hiérarchisé, labyrinthique. Elle prend d’assaut le département pédiatrique d’un hôpital public, caméra accrochée aux pas de ses protagonistes tourmentés.

Parmi eux, Adam (interprété par Jules Delsart), atteint d’une maladie rare qui rappelle celle d’Elijah Price dans Incassable. Sa constitution est si fragile que ses os peuvent se fracturer à la moindre chute. Seule une alimentation strictement adaptée lui permettrait de se stabiliser. Hélas, sa mère Rebecca, jouée par Anamaria Vartolomei, s’oppose à cette prescription. Le lien maternel est trop fort pour être rompu par une simple menace judiciaire. Dans un système social défaillant, où l’empathie fait souvent défaut, chaque hésitation parentale devient un risque juridique. Le film met en lumière cette tension entre attachement maternel et protocole médical, qui alourdit encore davantage la charge mentale des soignants.

Un soin intensif

Deux mères se font face, toutes deux guidées par l’amour de leur enfant. Y mettre de la distance les mettrait en danger, et cela se lit dans les yeux déterminés de Lucy, infirmière expérimentée incarnée avec intensité par Léa Drucker. Lucy projette ses angoisses sur Rebecca, tentant de l’accompagner sans la juger. Pour cela, elle se place souvent à hauteur de ses interlocuteurs – un geste simple mais essentiel, le fruit de longues années de pratique et de combats personnels. Toute la tension du film repose sur ce personnage central, toujours en mouvement, passant d’une pièce à l’autre sans jamais savoir ce qu’elle va y découvrir.

La mise en scène, concentrée sur Lucy, délaisse volontairement ses collègues pour mieux immerger le spectateur dans le chaos du quotidien hospitalier. Lucy est partout à la fois. Elle incarne les valeurs de son institution, quitte à prendre personnellement le cas d’Adam en charge. Vérifier qu’un enfant de quatre ans mange ce qu’on lui a prescrit ne devrait pas être sa priorité, quand des nourrissons malades et des enfants victimes de violences s’accumulent, des urgences jusqu’aux couloirs bondés de la pédiatrie. Pourtant, elle tient bon. Elle se rend imperméable à l’émotion, tout en restant profondément humaine – un paradoxe révélateur de la confusion intérieure du métier, où « soigner » ne rime pas toujours avec « sauver ». Vers la fin du film, cette tension éclate dans une phrase sèche : « Il faut vous faire soigner. » Des mots durs, attristants, et lourds de sens.

Le reste du casting réunit des visages connus, eux aussi engagés dans des récits liés à la protection de l’enfance : Charlotte De Bruyne (Débâcle), Claire Bosson (Julie se tait), Laurent Capelluto (On vous croit), l’une des grandes révélations de la dernière édition de Reims Polar.

Avec L’Intérêt d’Adam, Laura Wandel nous rappelle que les enfants ne sont pas les seuls patients du service pédiatrique. Les parents aussi sont surveillés, jugés et accompagnés, dans un environnement où les soignants bataillent sans relâche, souvent sans même avoir le temps de s’asseoir pour un vrai repas dans un espace calme, loin du tumulte.

La réalisatrice filme avec justesse et distance, sans pathos ni mise en scène appuyée. Les gestes sont mécaniques, les échanges spontanés, révélant l’épuisement général et les nerfs à vif d’un service censé résoudre des cas humains à coups de protocoles calibrés. Malgré quelques séquences qui s’essoufflent dans une forme de répétition, le film vise juste. Mais c’est aussi le reflet du sujet qu’il traite : un sujet cyclique, clinique, et profondément humain.

Retrouvez toutes mes critiques du festival de Cannes 2025 sur Le Mag du Ciné.
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 septembre 2025
Ce type de sujet est toujours pour le spectateur une immersion à l’intérieur des murs d’un domaine qu’il ne connait pas forcément très bien même s’il se doute des trames sociales qui s’y déroulent. Ici, un service de pédiatrie dans un hôpital (public) ou atterrissent des enfants en souffrance victimes de déshérence familiale, quand ce n’est pas de violence. Le petit Adam, 4 ans, dont c’est l’intérêt bien nommé qui est le fil conducteur ne s’alimente pas assez, a un retard de croissance, se brise les os facilement. Sa mère (solo) que les services sociaux tentent de maintenir à l’écart est aimante mais aussi maladroite car en rébellion avec le système et se heurtant au cadre qui lui est imposé (référente des services sociaux, juge). Dans la filmographie, c’est un registre spécifique. Limite documentaire, d’autant que la problématique sociale bien que posée spoiler: ne sera pas dénouée, laissant au générique de fin le spectateur là où il en est de sa propre réflexion
.
Joce2012
Joce2012

262 abonnés 750 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 septembre 2025
Ce film est touchant et éprouvant car il raconte la vie d'une maman atteinte du syndrome de Munchausen par procuration et dont le fils devient anorexique
Lea Drucker joue admirablement dans son rôle ainsi que la maman et son fils
Les manques des services sociaux et des hôpitaux sont aussi soulignés
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 831 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 septembre 2025
Une réalisation à la limite du documentaire, aucune musique (ni en fond, ni en générique), une intrigue déroulée sur quelques heures seulement, une unité de lieu, caméra à l’épaule, le film de Laura Wandel fait immédiatement penser à « En Première Ligne » sorti il y a quelques semaines. C’est vrai que les similitudes sont nombreuses. La caméra de Laura Wandel suit le personnage de Lucie, au sens strict du terme car beaucoup de scènes nous montre son dos en train de marcher ou de courir. Le film est ultra court, moins 1h20 ce qui est bien en dessous des standards du moment. Alors pourquoi semble-t-il si long ? Et bien c’est comme pour le film suisse susnommé, parce que l’intrigue est ultra ramassée et que la tension ne retombe jamais. Du coup, 1h15 sur le fil du rasoir, c’est long ! Je vais souligner le travail sur le son, qui pourrait paraitre anecdotique mais qui ne l’est pas tant que cela. Les porte coupe feu de l’hôpital assourdissent les sons, subitement quand on rentre dans une chambre le vacarme nous saute aux oreilles, pareil pour le service des urgences –adultes dont le son de fourmilière vous assomme dés la porte franchie. On passe du silence au bruit (et inversement) en un clin d’œil, ce qui mine de rien ajoute une certaine tension. Lorsque le film commence la situation est déjà bien enkystée. Rien n’est expliqué d’emblée, le tableau se dessine au fil des scènes. Le petit garçon a un bras dans le plâtre et une sonde gastrique et il refuse de s’alimenter en réclamant sa mère. Cette dernière est autorisée à lui donner ses repas deux fois par jour mais elle triche. Elle refuse qu’il mange les repas de l’hôpital pour le nourrir à sa façon, clairement mauvaise. Ce rapport à la nourriture n’est et ne sera jamais éclairci. C’est sur la nourriture que va se cristalliser le problème, spoiler: et on n’arrive pas à comprendre (et le personnel soignant pas tellement plus), pourquoi elle fait une fixation sur l’alimentation.
La jeune mère Rebecca veut rester, elle n’en a pas le droit, l’enfant la réclame, Lucie veut faire ce qu’il faut pour les aider. L’infirmière, dont l’empathie et le professionnalisme sont incontestables, est tiraillée entre une mère en roue libre qui semble agir en dépit du bon sens et une équipe soignante qui exige qu’elle parte. Le nœud de l’intrigue n’est pas plus compliqué que cela au fond. Tout le monde veut l’intérêt d’Adam, mais personne n’est d’accord sur la méthode à employer. Lucie dissimule, arrange, déploie des trésir de patience et de diplomatie, on la comprend sur la forme, mais sur le fond fait-elle au mieux pour l’enfant ? Il est très difficile de se faire une idée en tant que spectateur tant la situation est délicate. Les trois parties (mère, médecins et Lucie) s’affrontent sur l’intérêt d’un petit bout d’homme en souffrance, petit bonhomme qui déchire le cœur. Le cas d’Adam est le fil rouge du film mais de temps à autre on passe à un autre enfant, autant d’enfants, autant de souffrance : avortements clandestins, enfants battus, enfants épuisés, etc... Léa Drucker et Anamaria Vartolomei incarnent respectivement Lucie et Rebecca. Léa Drucker, merveilleuse comme toujours, donne corps à une infirmière très (trop ?) investie, d’une patience et d’une empathie admirable, spoiler: qui n’hésite pas à flirter avec les limites de ses fonctions, voire à les dépasser, dans l’intérêt de ses petits patients
. Nerveusement sur le fil de rasoir, elle tente de comprendre Rebecca. Anamara Vartolomei donne elle corps à une jeune mère qui a construit une relation exclusive et fusionnelle avec son enfant, spoiler: dont elle a plus ou moins exclu le père (ce dernier, qui a refait sa vie, semble à la fois responsable et victime de la situation). Elle l’aime son fils, elle ne l’aime pas trop, elle l’aime mal.
C’est très difficile de la cerner et de condamner son attitude tant elle semble sincère et convaincue. Elle a besoin d’aide mais ne semble pas ni le comprendre ni l’accepter. Ces deux comédiennes nous offre un affrontement nerveusement assez éprouvant et qui nous chamboule. La fin, abrupte (pour ne pas dire brutale) nous laisse un peu sonné. « L’intérêt Adam » est un film aride, sec qui peur déstabiliser. La souffrance des enfants étant encore moins supportable que celle des adultes, cette fiction filmée comme un documentaire n’est pas forcément taillé pour tous les publics. Cela n’enlève rien à ses qualités.
Guiciné
Guiciné

206 abonnés 1 340 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 septembre 2025
Un film au scénario bien construit, excellemment interprété, où les réflexions sur la condition humaine sont nombreuses.
Du très beau cinéma.
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