L’Intérêt d’Adam
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "L’Intérêt d’Adam" et de son tournage !

Naissance du projet

Contrairement à une approche classique qui part d’un personnage ou d’un thème, Laura Wandel explique que l’idée de son film est née d’un lieu : l’hôpital. La réalisatrice explique : "L’hôpital m’intéressait parce que j’y voyais un amoncellement de vies. On y trouve une belle représentation de la société, riche en tout cas. Quant à l’idée de filmer le quotidien d’une unité pédiatrique, elle est venue de mon attraction pour le monde de l’enfance."

"Mais je ne savais pas grand-chose de ce service au départ, sinon qu’il m’évoquait un monde complexe, où s’emboitaient plusieurs couches. J’ai donc commencé par m’informer auprès de mon pédiatre, qui est à la retraite aujourd’hui, et c’est lui qui m’a orientée vers l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles, un hôpital public très social, et connu pour ça en Belgique."

Un casting pensé sur mesure

Le rôle de Lucy a été écrit pour Léa Drucker, découverte par Laura Wandel dans le court métrage Avant que de tout perdre. Anamaria Vartolomei (L'Événement) a été choisie pour son mélange de vulnérabilité et de combativité. Quant à l’enfant, Jules Delsart, il n’avait jamais joué avant mais impressionnait par la force de son regard.

Immersion réelle à l’hôpital Saint-Pierre

Laura Wandel s’est fait passer pour une stagiaire pendant trois semaines dans le service pédiatrique de l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles pour observer et comprendre les dynamiques médicales, sociales et judiciaires propres à ce type d'établissement. Elle se rappelle : "Bien sûr, j’avais signé une clause de confidentialité au préalable. Je ne pouvais pas faire de photo sur place, encore moins filmer. En revanche, j’ai pris plein de notes à partir desquelles j’ai pu élaborer le récit de mon film, cette fois sous forme de fiction. Disons qu’elles m’ont servi d’inspiration."

"Je me suis aussi familiarisée avec le volet social de la prise en charge de ces enfants, par exemple lorsqu’ils sont en situation de maltraitance. J’ai ainsi beaucoup discuté avec une déléguée, l’équivalent d’une assistante sociale en France, et j’ai rencontré une juge pour enfants. L’une et l’autre ont lu mon scénario. Je suis tellement reconnaissante envers toutes ces personnes ! Pour finir, cette documentation en amont a duré près de deux ans."

40 prises par scène

Chaque scène a été tournée en plans-séquence avec parfois jusqu’à 40 prises pour capter l’émotion juste, créant un climat d’épuisement volontaire chez les acteurs, jugé bénéfique par la réalisatrice : "Autant dire que cela a été très dur, aussi bien au niveau de la chorégraphie des mouvements que du jeu des acteurs. A ce sujet, je dois tirer un coup de chapeau à mon directeur photo, Frédéric Noirhomme, avec lequel j'avais déjà travaillé sur Un monde : il a fait un travail extraordinaire. Notre méthode était de chercher et de répéter le matin et de tourner l'après-midi. Et j’ai bien dû faire 40 prises pour chaque scène !"

"Mais je dois reconnaitre qu’un truc se passait dans l’épuisement. Il me semblait devoir aller jusque-là pour que quelque chose d'inattendu apparaisse… Après, ça nous a un peu compliqué la vie au niveau du montage. D’ailleurs, on a dû retourner quelques scènes, sur une journée. Je l’avais déjà fait avec Un monde et cela me convient bien car il n’y a qu’au niveau du montage que l’on sent ce qui manque. Cela étant, j’ai eu la chance de travailler avec le même monteur sur mes deux films, Nicolas Rumpl. On ressent les mêmes choses. Pour l’un comme pour l’autre, le rythme est important, c’est même le souffle du film."

Cannes 2025

L’Intérêt d’Adam a été présenté à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2025 et en fait l'ouverture. Laura Wandel est une habituée de la croisette puisque son court métrage Les Corps étrangers y a été sélectionné en 2014 et son premier et précédent long métrage, Un monde, y a été présenté dans la section Un certain regard en 2021.

Une caméra portée inspirée des Dardenne

La mise en scène, caméra à l’épaule suivant Lucy de dos dans les couloirs de l’hôpital est un hommage assumé à Rosetta des frères Dardenne, et aussi inspirée du style de Chantal Akerman. La cinéaste précise : "Avec cette mise en scène, j’avais surtout envie que l’on sente le rythme effréné du personnel soignant. Et même que le spectateur soit aussi épuisé que Lucy ! Elle marche tout le temps, elle n’a presque pas le temps de penser."

"D’ailleurs, ce qu’elle demande pour Rebecca et pour elle, c’est justement un peu plus de temps ! Quant à la durée du film, je ne l’ai pas choisie, il s’est écrit comme ça. En fait, et c’est important pour moi, un film ne doit pas devenir ce que je veux mais ce qu’il doit être. J’essaie toujours d’être à son écoute."

Pas d’explication explicite : un choix radical

Le film est conçu pour éviter les explications : Laura Wandel préfère faire confiance au spectateur, refusant de sur-définir les personnages ou les enjeux pour laisser place à l’interprétation. La cinéaste raconte : "Plus l’on donne d’explications et moins l’on permet au spectateur d’accéder aux personnages. Faire confiance au spectateur, c’est le plus beau cadeau qu’on peut lui offrir il me semble. En outre, la situation que je décris dans mon film est très complexe, comme dans la vie."

"Raison pour laquelle, de toute façon, je ne voulais pas donner d’explication. Du coup, c’est sûr que j’ai bataillé au niveau de l’écriture ! Quoi dire, quoi montrer ? C’était un vrai casse-tête."

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