« Touchant » Dans ce film à la limite du documentaire nous suivons 5 adolescentes tout juste mamans dans une maison maternelle. Elles abordent leur statut de mère de façon bien différente en fonction de leur histoire, généralement dans la précarité mais avec toutes l’envie du mieux pour leur enfant. Sans pathos et touchant. Par les frères Dardenne, qui ont eu le prix du scénario à Cannes 2025 pour ce film
Les frères Dardenne ont eu la bonne idée de sortir leur film le même jour que la présentation à Cannes dans la sélection officielle. Et quel plaisir de pouvoir le voir dès le lendemain de la diffusion cannoise, et un plaisir renouvelé de le voir repartir avec un prix, celui du scénario ; qui fait de ce duo le plus primé de Cannes avec un 10ème film qui a reçu les faveurs de la sélection. Remporter ce prix est une gageure tant ce long métrage prend de sérieux accents de documentaire dans sa première moitié mais qui finit par nous emporter dans sa fiction chorale dans sa seconde moitié. Habitué avec les Belges d’être collé aux basques d’un individu devant relever de nombreux défis et obstacles pour vivre, survivre, exister ; là, c’est une première, ils décident de suivre le parcours de quatre jeunes mères ou de jeunes enceintes ,elle-même abandonnées où délaissées par leur propre génitrice. Tout en donnant naissance à un très jeune âge, elles se débattent avec leur propre histoire maternelle compliquée ou inexistante et avec une histoire à construire seule, à deux ou à trois. Plongé dans une maison maternelle hébergeant de jeunes mamans ou futures mamans, on suit une institution qui fonctionne bien, pour une fois chez les Dardenne. Elles y apprennent à devenir mères et travaillent leur projet de vie ; cette première partie, documentaire, pose un cadre qui se veut rassurant pour le spectateur mêmes si les histoires s’avéreront dures et compliquées. Et ces destins entrelacés dans un mode très concentré (90’ de film) nous font littéralement chavirer. Avec beaucoup de tact et d’intelligence, ils embrassent pleinement un sujet jamais traité au cinéma ; et surtout jamais comme ceci. Creusant leur sillon d’un cinéma documentaire et naturaliste, ils nous prennent à contre-pied avec des horizons possiblement heureux, chose rare dans leurs films ; un film lumineux. Le film fonctionne aussi, car comme souvent, ils ont la capacité à dénicher de jeunes talents plus vrais que nature ; la direction d’acteurs fait le reste, on a l’impression que ces jeunes filles pétries de talent jouent leurs propres rôles. Profitons-en pour rendre un hommage à une actrice belge que j’aimais beaucoup et qui nous a quitté il y a quelques mois ; Emilie Dequenne avait été découverte et révélée par les Dardenne avec « Rosetta », leur première Palme et le prix d’interprétation pour la jeune actrice d’alors. Julien Rousset : « Un sommet de simplicité et de profondeur. C’est un tort de réduire ce film, dont certains plans sont inoubliables, à sa dimension quasi documentaire. C’est bien par sa dramaturgie, son histoire ponctuée de rebondissements, et l’étoffe de ses personnages qu’il émeut. » Toujours un plaisir de voir un film des Dardenne ; mais là, après des films moins convaincants, ils frappent un grand coup.
Ariane, Perla, Jessica, Julie et Naima vivent dans un centre dédié aux jeunes mamans en difficultés et qui tentent de reprendre le contrôle de leurs vies. Avec Jeunes mères, les frères Dardenne sont de retour avec un film choral puissant. On y rencontre différents récits qui s’entremêlent. C’est fort, de par la multitude des histoires des protagonistes, et on est traversé par un torrent d’émotions.
Un grand Dardenne, un scénario implacable mêlant tragédie et lueur d’espoir. Une direction d’actrices toujours aussi parfaite. Les frères auraient pu avoir un prix plus important à Cannes.
Dans une maison familiale en Belgique de très jeunes mères sont accompagnées pour faire un choix. Conserver avec elles leur enfant ou le proposer a l'adoption. Le film nous présente quatre parcours c'est le principal point positif un film des frères Dardenne qui s'inscrit dans le réel l'aspect que l'on aime chez eux. Là le film respecte cet aspect mais frôle un peu trop peut être le documentaire. Les quatre récits ne sont pas véritablement liés entre eux.
A voir pour le thème pas comme une grande œuvre cinématographique.
Le traitement du sujet sur un mode choral est passionnant et inattendu chez les Dardenne, j'ai beaucoup aimé l'interprétation de deux des jeunes comédiennes : très justes, très impressionnantes . Celui de trois autres m'a semblé plus fragile. Même si le filmage est comme toujours gracieux, l'assemblage entre les segments n'est pas toujours très réussi, on a parfois la sensation que chaque histoire se succède de manière un peu scolaire.
Un beau film, sans concession, plein de pudeur, avec un regard attachant sur ces jeunes mères. J'ai apprécié la subtilité dans le traitement du sujet. Les jeunes actrices sont justes.
Une œuvre entre un format documentaire et un format film, où s arrête la réalité, où commence t elle ? Le film des frères Dardenne ne laisse pas indifférent ça c est certain . Particulièrement bien joué et bien scénarisé on ne sait jamais ce qui est de l’ordre de la comédie ou de la réalité crue ! Une véritable étude sociale où il est difficile de rester insensible aux problématiques de vies rencontrées et au rôle des acompagnants. Le final est une ode d’espoir à la différence de roseta qui laissait une impression de malaise profond .. un progrès sur l approche de la vie et sur l appréciation des chemins qu elle peut dessiner soit ils bien tortueux …
Bon film. Il laisse voir l'intimité de ces jeunes filles et leur réalité sociale. Jeunes mères aux pluriels, le film offre la marque de la singularité de ces jeunes filles, dans leur douleur, dans leur désir et dans leur principe de réalité qui vient les retoquer pour qu'elles puissent faire le choix de leur vie. Bon film sur un vécu souvent omis des médias, mis en scène en toute simplicité, avec pudeur et transparence. Un très bon moment de cinéma.
J'ai bien aimé ce Jeunes mères, bien qu'un peu misérabiliste par moments mais c'est une œuvre profondément humaniste avant tout, sans qu'il ne donne une bonne réponse sur ce que c'est que devenir une jeune mère. Et les choix que font les quatre protagonistes deviennent alors les bonnes réponses. Que ce soit de confier son enfant à une famille d'accueil, s'installer chez sa sœur etc. Ce n'est pas une conclusion en soi mais un nouveau départ pour construire sa vie, que l'enfant soit vécu comme un poids ou comme une réponse à un problème affectif. C'est ça qui rend le film touchant. Le film aborde plein de thématiques sociales autour de la maternité, même de façon assez inconsciente avec le personnage de Perla et sa vision hétéronormée de la stabilité avec un papa, une maman, un enfant. Le film est intelligent et souvent juste. Mon parcours préféré reste celui d'Ariane qui essaie d'échapper à la pression de sa mère, qui la force à avoir un enfant pour réparer ses erreurs à elle. C'est assez fort. D'autant que les deux actrices sont justes dans leur jeu respectif. Je dirais même que l'on sent quelque peu la misère et le poids du vécu transparaitre. Je ne sais pas comment les Dardennes choisissent leurs actrices mais elles savent véhiculer des choses fortes.
A la limite du documentaire, bonnes interpretations. Au vu du thème, le scenario n a pas un début et une fin mais une lente progression vers des choix ou des possibilités de vie. Pas trop de pathos. Aucun ennui
un film dur, mais réaliste, qui fait réfléchir. Quelle égalité des chances quand dès le démarrage les choses se passent si mal pour un enfant ? on en sort un peu plombés mais c est bien normal compte tenu du thème. Comment ne pas penser à tous les couples mamans/bébés perdus, qui n ont pas la chance d avoir une place dans ce genre de maison ?