Derniers Avis : La Femme la plus riche du Monde - Page 28
La Femme la plus riche du Monde
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Le_Général
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3,5
Publiée le 31 octobre 2025
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Il y a dans ce film quelque chose d’un mirage doré. Une lumière trop parfaite, qui éblouit avant de brûler. On croit regarder un conte sur la fortune, mais c’est une autopsie — celle d’une femme qui a tout, sauf un lieu où déposer son regard.
Isabelle Huppert avance comme une ombre dans le cristal. Elle incarne Marianne Farrère, héritière absolue, beauté impassible, silhouette découpée dans le luxe. Autour d’elle, tout n’est que velours, champagne, et sourires polis. Mais sous la soie, un vide. Sous les diamants, un manque ancien. Celui qu’on n’a jamais comblé, même en achetant le monde.
Thierry Klifa filme ce vide avec une élégance vénéneuse. Les miroirs, les escaliers, les gestes d’une main sur un verre de vin — tout respire l’ennui des grandes fortunes. Et puis vient lui : l’écrivain-photographe, l’homme du dehors. Laurent Lafitte, insolent, affamé, qui regarde Marianne non pas comme une légende mais comme une femme. Entre eux, ce n’est pas l’amour — c’est une collision. Deux mondes qui se frôlent et s’abîment.
La caméra s’attarde, jamais pressée. Elle caresse les visages comme on effleure une blessure. Il y a du Chabrol dans la manière dont Klifa observe la bourgeoisie : sans colère, mais avec une précision d’entomologiste. Les dialogues glissent, acérés, pleins de faux-semblants. Tout semble maîtrisé — et pourtant, quelque chose se fissure. Une larme qui ne tombe pas. Un rire trop bref. Un plan de trop, comme un aveu.
Ce film n’est pas une tragédie, c’est une danse macabre. Les salons sont des tombeaux, les dîners des champs de bataille. Isabelle Huppert règne sur ce royaume de velours avec une froideur sublime. Elle joue la richesse comme une malédiction, la puissance comme un chagrin déguisé. On pense à L’Adversaire de Nicole Garcia, à La Pianiste de Haneke — cette même façon de sonder la cruauté des apparences, l’amour comme instrument de domination.
Et pourtant, parfois, le film laisse passer un souffle d’humanité. Une brise à travers la verrière. Un éclat de rire, presque sincère. La caméra hésite alors entre voyeurisme et compassion. Ce sont les plus beaux instants — ceux où le masque se fissure, où la femme derrière la fortune tremble un peu.
La Femme la plus riche du monde n’est pas un film sur la richesse. C’est un film sur la solitude, sur l’épuisement du paraître. C’est le portrait d’une époque qui confond désir et possession, amour et mise en scène. On en sort à la fois fasciné et glacé, comme après avoir longé une falaise en talons aiguilles.
Un film où tout scintille — sauf la joie. Un film qui laisse dans la bouche un goût de métal froid, et cette question, lancinante : à quoi bon régner, si c’est pour dîner seule face au silence ?
2H03 pour évoquer l'affaire Bettencourt- François Marie Banier c'est un peu long ! Oui Marianne Farère s'ennuie dans son monde aseptisée, oui Pierre Alain Fantin est une sorte d'étoile filante dans sa vie. Mais ce photographe beau parleur bouscule ce petit monde avec ses manières grossières. Et cela va déchaîner les passions. Par contre petit holà puisque le rôle de Frédérique Speilman - censée représenter Françoise Bettencourt Meyer a été réellement "adouci". On lui donnerait presque l'absolution ! Ce qui correspond pas à la réalité . A voir à titre de curiosité, mais sans convaincre !
C’est la revanche à peine déguisée d’un individu très proche de la puissante communauté « gay » sur la famille Bettencourt et qui est passé à un doigt de mettre le grappin sur le N°1 mondial des cosmétiques via sa plus importante et âgée actionnaire. Tout y est, c’est tellement flagrant et grossier, mais comme dit l’adage «plus c’est gros, plus ça passe ». Le personnage interprété par Isabelle Huppert est tellement « Chabrolesque - Huppertien» que j’ai eu beaucoup de mal à adhérer au film. Alors que dire… On peut faire plus invraisemblable, mais c’est difficile. On peut faire plus vulgaire, mais c’est difficile. On peut faire plus abject, mais c’est difficile. Et pourtant… il est clair que la vérité dépasse bien souvent la fiction, mais cela n’autorise pas à dire et à faire n’importe quoi, mais bon … Le côté totalement fou, incontrôlable, manipulateur, fourbe au possible et machiavélique du talentueux photographe est très bien rendu. Et toute sa si chère communauté « gay » aura au final très bien profité de la manne financière absolument colossale reçue et finalement conservée bien au chaud et très largement exploitée. Sans surprise cet aspect là n’est absolument pas montré ! Dommage ça aurait interessé beaucoup de monde et rend ce film au final très superficiel et incomplet.
Ce film présente donc une version très orientée de celle qui aura été pendant des années « la femme la plus riche du monde » et dont le carnet de chèques était devenu l’obsession de personnes très intéressées qu’on pourrait dire littéralement obsédées par les pépettes de la Dadame puisqu’elle donnait à son ultime admirateur en chef des centaines millions d’euros. Mais c’était sa liberté et son droit.
La performance des acteurs vaut à elle seule le détour. Notamment celle de Laurent Laffite qui livre un numéro époustouflant, Isabelle Huppert est elle aussi excellente comme à son habitude. Une bonne comédie inspirée comme chacun sait de l'affaire Bettencourt- Bannier - Meyers. A voir.
« La femme la plus riche du monde » dépasse le simple portrait d’une réussite financière. C’est une réflexion lucide sur le prix du pouvoir, la place des femmes dans un univers dominé par les égos masculins et la quête d’identité derrière les apparences du succès. Un film qui pousse à repenser notre à l’ambition et la vulnérabilité. Je le recommande vivement !
Film très intéressant au niveau des relations humaines et le jeu des acteurs et remarquable ! Avec un grand kiffe pour le jeu et les dialogues de Laurent Laffitte !
Evidemment, avant même le film nous savons tous de quelle histoire il s'agit, logiquement le film débute donc avec un encart pour justifier le fait que tous les noms ont été modifiés et que ça reste bel et bien une fiction. Dans le récit rien ne choque sur le fond, les riches (surtout à ce niveau de milliards) sont hors sol, et beaucoup de ce qu'on voit dans le film est de notoriété publique ou nous paraît aisément plausible voir carrément crédible à l'exception peut-être d'une incroyable vulgarité souvent gratuite de Fantin/Lafitte, si agressif qu'on a du mal à y croire, à y adhérer mais finalement, pourquoi pas ?! Cette outrance reste gênante même si elle est plausible à la façon du "fou du roi", mais elle contraste surtout avec une qualité des dialogues qui est dans l'ensemble d'une qualité remarquable, entre joutes verbales et mots d'esprrit, demi-mots et propos suggestifs, la guerre des nerfs est aussi dans le verbe. Le scénario est rythmé, la tragédie des élites restent pourtant universelle malgré tout, avec un panel d'acteurs au diapason malgré un sans doute un peu trop en roue libre. Un très bon moment à défaut d'être dans l'émotion. Site : Selenie
L'affaire Bettencourt a déjà donné lieu à une série remarquable avec les vrais protagonistes. Ici c'est une oeuvre de fiction mais qui se veut au plus proche de la réalité. On marche d'autant mieux que dans le rôle du turbulent photographe Laurent Laffitte est prodigieux. Beaux décors, service stylé, argent à gogo, toiles de maitre et oeuvres d'art rien ne manque dans cet opus où chacun joue parfaitement son rôle et évolue dans ce décor luxueux comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. On apprécie particulièrement la composition du mari de la fille de Mme Bettencourt, remarquable de justesse. Evidemment comme on connait la fin de l'histoire on n'est pas surpris. Mais ce n'est pas bien grave. Isabelle Huppert joue d'une façon peut-être un peu trop hiératique, manquant parfois de faire valoir toutes les facettes d'une personnalité complexe. On reprochera quand même au film de manquer de liant. On a souvent l'impression d'une succession de tableaux et de sketches sans que se dégage réellement un fil conducteur. Mais enfin, du moment qu'on a Laurent Laffitte sur l'écran tout va !!
Très bonne surprise que ce film. On aurait pu s'attendre à une comédie de caractère ou de mœurs drolatique avec le ressort comique ordinaire d'une opposition de classe à la française, certes grinçante voire caustique. I II n'en est rien. C'est cela mais surtout beaucoup plus. Dès les premiers plans, si on ne boude pas notre plaisir dans les passes d'armes, le film se révèle intéressant. On assiste davantage à une tragi-comédie très intelligemment écrite où les personnages évoluent progressivement en se débattant pour sortir d'une vie vide de sens et d'affects mortellement ennuyeuse, chamboulée à coups de millions par un histrion hâbleur qui va précipiter l'alchimie dune subtile amitié. L'argent n'est qu'un prétexte pour apprendre à vivre enfin, à s'éprouver... Casting et réalisation épatants.
Le casting est top mais je m'attendais à une histoire plus corrosive et grinçante, le scénario reste un peu trop gentillet et les dialogues assez plat.