Même si je trouve que la dernière partie est beaucoup plus intéressante, celle de la chute du profiteur, j’ai trouvé ce film très moyen. Il ne m’as pas passionné du tout et j’ai trouvé Laffite totalement insupportable. Que dire de MF qui a un rôle effacé et mou. Décevant.
Avec La Femme la plus riche du monde, Thierry Klifa, ancien journaliste à Studio devenu réalisateur de plusieurs films remarqués, s’attaque à une histoire largement inspirée de l’affaire Bettencourt. Un sujet délicat qu’il traite avec intelligence, sans tomber dans la simple reconstitution des faits.
Comme souvent, Isabelle Huppert impressionne par la précision de son jeu et compose un personnage aussi fascinant que troublant. Mais celui qui crève véritablement l’écran est Laurent Lafitte. Charismatique, ambigu et magnétique, il livre une performance de très haut niveau qui justifie pleinement son César. À chacune de ses apparitions, il capte l’attention et donne toute sa complexité à cette relation hors norme.
Le scénario est particulièrement travaillé et pousse le spectateur à s’interroger : comment une telle situation a-t-elle pu aller aussi loin ? Entre manipulation, fascination et solitude, le film explore avec finesse les mécanismes qui ont conduit à cette affaire hors du commun.
Porté par un duo d’acteurs remarquable et une mise en scène maîtrisée, La Femme la plus riche du monde est un bon film, captivant de bout en bout, qui réussit à transformer un fait divers très médiatisé en véritable drame humain.
Librement inspiré de faits connus, « La Femme la plus Riche du Monde » cède peu à peu de son mordant en répétitions et en tentatives infructueuses à évoquer les troublants écrits et/ou agissements familiaux du passé. Il n’empêche, Thierry Klifa peut s’enorgueillir d’avoir réussi sa plongée dans les coulisses de l’affaire Banier-Bettencourt et surtout son casting. est parfaitement dans le ton de cette fantaisie bourgeoise : Isabelle Huppert, Marina Foïs, Raphaël Personnaz, André Marcon, Mathieu Demy et bien entendu Laurent Lafitte, flamboyant d’exubérance au verbe haut et fleuri, vers lequel tous les regards se portent. Ce dernier n’a d’ailleurs pas démérité son César pour ce rôle.
Film retranscrivant avec passion l'une des histoires les plus légendaires des grandes familles économiques de la France moderne. Même si certains passages peuvent être un peu long, même si on connaît l'histoire, les petits détails pimentent le film tout le long.
Le début est plutôt sympa, et Laurent Lafitte apporte tout de suite quelque chose, une présence, un charme, une vraie séduction. On entre assez facilement dans le film au départ. Mais très vite, ça tombe dans une forme de routine. Les scènes s’enchaînent, le temps passe, mais on n’en ressent jamais vraiment le poids. Et c’est peut-être ça le vrai problème : au fond, il ne se passe pas grand-chose. Le film avance, mais sans tension, sans vertige, sans vraie montée. Je suis resté assez extérieur à tout ça.
S’inspirant librement de l’affaire Betancourt, ce long-métrage fait craqueler le vernis de la haute bourgeoisie à la manière d’un Chabrol le cynisme en moins. L’écriture se fait très délicate et la réalisation aux détours des nombreuses scènes de dialogues met en exergue la déliquescence d’une femme de pouvoir. L’interprétation est également à la hauteur, outre l’excellente Isabelle Huppert c’est l’exubérance de Laurent Laffitte dans son rôle d’artiste profiteur de la richesse de sa victime qui apporte un relief singulier au long-métrage.
Excellente comédie aux répliques affûtées. Le duo Lafitte-Huppert fait des merveilles. Justement césarisé, il est aussi divertissant que détestable tandis quelle est parfaite en milliardaire qui s’ennuie. Le reste du casting ne démérite pas. Raphaël Personnaz en tête.
Une belle adaptation de l'affaire Liliane Bettencourt. les noms ont beau avoir été changé, on y retrouve tous les éléments clefs de l'affaire, c'est bien mené et le duo Isabelle Huppert - Laurent Lafitte fonctionne très bien. Une réussite.
Il y a dans La Femme la plus riche du monde quelque chose de fascinant : la manière dont le film dissèque la solitude derrière la puissance et l’argent. Le récit s’inspire d’une histoire très reconnaissable, mais choisit intelligemment de ne jamais tomber dans le simple film à scandale.
Le film fonctionne surtout grâce à son atmosphère et à la performance magnétique de Isabelle Huppert, impériale dans ce rôle de femme à la fois toute-puissante et étrangement fragile. Elle incarne avec une froideur presque clinique une milliardaire enfermée dans son propre système de contrôle, entourée de personnages qui gravitent autour de sa fortune comme des satellites intéressés.
La mise en scène reste assez sobre, parfois même un peu trop. Le film prend le temps d’observer les mécanismes d’influence, de manipulation et de dépendance qui se créent autour de l’argent, mais certains passages manquent de tension et donnent une impression de distance émotionnelle.
Ce qui reste après la projection, c’est surtout ce portrait glaçant d’un pouvoir qui isole plus qu’il ne libère. Un film élégant et bien joué, parfois un peu froid, mais suffisamment intrigant pour captiver jusqu’au bout.
Le film était vendu comme une comédie féroce sur la bourgeoisie avec Laurent Laffitte en pique assiette maniéré et irrésistible, seule la dernière idée est présente sauf que lorsqu'il disparaît de l'écran, le film est fade. Le réalisateur ne parvient à croquer la bourgeoisie. Pire, lorsqu'il laisse la comédie pour des motifs plus sérieux, le film perd son équilibre et vogue vers l'ennui. Oui le casting est étincelant, mais le film est désespérément plat au bout d'une heure.
C’est un film dont les images sont cadrées quasiment exclusivement sur Isabelle Huppert et et ses partenaires de jeux. Les scènes sont quasiment toutes en cercles intimes (petits déjeuner par exemple). Il y a très peu de scènes en « public », il n’y a pas de scène où l’on verrait les personnages dans la foule, par exemple : il y a au moins une scène dans un restaurant, et bien on ne voit quasiment que les personnages principaux de la scène, volontairement la réalisation ne montre pas les autres clients. C’est très théâtral et ça donne une impression étrange et on comprend que c’est un point de vue du réalisateur de placer l’action du film dans l’intimité stricte du personnage principal et on n’en sort pas. (Mais jamais on a l’impression de regarder une adaptation d’une pièce de théâtre)
Sinon : Je me demande un peu ce qu’Isabelle Huppert est venue faire dans ce projet qui n’est pas à la hauteur de son talent ; je la préfère dans des rôles plus torturés par ses émotions et des dilemmes émotionnels. Ceci dit le casting est bon, les archétypes d’Isabelle Huppert enrichissent merveilleusement bien son personnage. Laurent Lafitte est professionnel et égal à lui-même, il donne un visage finement et profondément haïssable à son personnage. Et son talent s’est totalement exprimé. J’aime le détester comme ça. Marina Foïs donne vit à un personnage dont le rôle est en dessous de ses compétences. C’est un peu dommage de la voir ici, et je me demande si une autre comédienne n’aurait pas été plus indiquée, à moins que sa notoriété était nécessaire au film, et ça aurait été encore plus regrettable pour elle…
Encore un Laurent Lafitte royal ! Il est juste extraordinaire dans son rôle. Cette histoire vraie est hallucinante et nous laisse nous poser des questions à la limite du : "Après tout elle faisait ce qu'elle voulait de son argent si ça la randait heureuse!" ou bien "Il profite sans vergogne en manipulant une femme en perte de capacités cognitives". On comprend les suites judiciaires et les plaintes de la famille. Ce qui est sûr c'est que le film est, malgré une lenteur parfois dommage, est une vraie réussite contant une histoire qui a défraillée la chronique.
Les remplacements par des noms fictifs camouflent à peine que le film traite frontalement de l’affaire Banier-Bettencourt. Ou l’abus de faiblesse commis le photographe François-Marie Banier. Qui parvint à infiltrer l’entourage très proche de Liliane Bettencourt, la femme la plus riche du monde, et à lui soutirer d’énormes sommes d’argent (pas loin d’un milliard d’euros !). Le film peut surtout s’appuyer sur ses comédiens. Isabelle Huppert, en ersatz de Liliane Bettencourt, femme à poigne mais qui s’isole facilement, et qui va peu à peu verser dans la sénilité. Le majordome énigmatique et charismatique, au passé douloureux, incarné par un troublant Raphaël Personnaz. Et bien sûr Laurent Lafitte dans le rôle de ce photographie maniéré, provocateur, vulgaire, fantasque… L’acteur s’amuse en cabotinant avec ce personnage qui prend plaisir à secouer l’entourage de la riche héritière, et semble éprouver de sincères sentiments à son égard… avant de peu à peu lorgner vers l’escroquerie pure et dure. Un rôle qui bascule parfois carrément dans la comédie, alors que l’ambiance est plutôt dramatique. Sur le reste, la plongée dans l’univers des ultra-riches est intéressante sans être particulièrement originale ni mordante. Et je reste sur ma faim au niveau du scénario. Si le film enchaîne les confrontations croquignolesques entre le photographe et l’entourage de la riche dame, plusieurs d’entre elles débarquent comme un cheveu sur la soupe pour repartir aussitôt, sans grand intérêt narratif. Cela se traîne un peu, jusqu’au dernier acte qui évacue très vite le volet policier et judiciaire. Un peu dommage.
Dans une mise en scène élégante, symbolique, explicite, se trame l'opposition entre une mère et sa fille dont un opportuniste fantasque servira de prétexte. Reprenant avec fidélité l'affaire Banier-Bettencourt, l'intrigue évite tout manichéisme, chacun des intervenants portant ses failles, ses forces, ses ombres, aidé par des jeux nuancés, au premier rang desquels celui d'un stupéfiant Laurent Laffitte ainsi que de délectables dialogues, sarcastiques, efficaces, ludiques. Même si les interventions des protagonistes face caméra peuvent sembler redondantes, elles servent en réalité le propos sur la puissance de l'image publique tout en interrogeant les assertions de personnages pris par leurs convictions, leurs biais, leurs objectifs. Maîtrisé.