Débutant sur les chapeaux de roue, entre la séquence de générique suivant un spermatozoide (!) et le rythme imposé par une réalisation dynamique, notamment lors des séquences de ping-pong, le récit initiatique de Marty ronronne en seconde partie, lesté par des digressions inintéressantes, autour des deux femmes qu'il désire ou exploite. Car cet anti-héros dont l'ambition première, la détermination, l'abnégation pouvaient le rendre respectable, dévie rapidement vers la malhonnêteté, la brutalité (verbale), la mégalomanie, l'égoïsme, le déni de réalité, l'hypocrisie. Prétendant vouloir réussir par ses talent et ténacité, le pongiste (antagoniste absolu du Japonais) ne cesse de demander l'aide, le temps, l'argent des autres, sans songer à leurs sentiments ou propres responsabilités. Cependant, son entourage ne l'aide guère, menteur, geignard ou assisté, notamment la détestable amie d'enfance mariée enceinte qui cumule les vices. Ainsi, marquée par des scènes humiliantes, outrancières ou invraisemblables, l'histoire ennuie sans aviver d'émotion, en dépit de la prestation époustouflante de Timothée Chalamet (qui se moque de lui-même au détour d'une amusante mise en abîme) et d'un ancrage sociétal pertinent, malheureusement relégué à l'arrière-plan des relations humaines redondantes. Et que dire de cette fin désolante de simplisme bien-pensant?! Dommage...