D'abord on se désintéresse... Ces scènes brouillons, cette absence d'enjeu. Beaucoup de bruits (et de mots) pour rien. On s'ennuie et ça dure (ça étonne).
Ce film naît clairement d'une mouvance du cinéma américain à laquelle on n'est pas habitué. Le style peut rebuter (mais enchanter d'autres) : nerveux, un peu dingue, voire absurde (dans la mise en scène, dans le jeu des acteurs, dans leurs dialogues). New York, ville agitée jusqu'à la folie, en est d'ailleurs le cadre pour l'essentiel (ce n'est pas par hasard). C'est là qu'est né ce Marty, où il a passé (et risqué) sa jeunesse, où il serait devenu une sorte d'animal sauvage (pas forcément méchant) s'il ne s'était pas découvert un don (le ping-pong).
Donc, une fois habitué au style (c'est plus que nécessaire), à la nervosité du film, à ses nombreuses absurdités surtout (cocasses parfois fort heureusement), on s'intéresse. On s'attache à ce personnage, pas si simple à cerner (son air fragile, sa responsabilité, une facette antipathique). On ne s'intéressera d'ailleurs pas vraiment à d'autres personnages. Le film joue tout sur Marty. Il a beau être dans la précarité, le mensonge, les embrouilles, il veut, avec rage, sa part de bonheur sur cette planète -et c'est là que le spectateur (qu'il soit pongiste ou pas) peut sentir une proximité. La révélation du personnage doit évidemment beaucoup à l'acteur (Timothée Chalamet) qui l'interprète -et qu'il faut de nouveau applaudir (plus fort que pour ses derniers rôles, dont Dune).
Que dire d'autre sur ce que peut apporter ce film ? On avait déjà entendu dans la bande-annonce la formidable chanson "Everybody Wants To Rule The World" de Tears for Fears (1985). On la retrouve évidemment dans le film, avec émotion, dans le générique de fin. Elle représente bien l'ossature profonde du film (Dream Big). Et ce final "welcome to your life"... En revanche, tout est moins incisif, démontré, côté sport, côté politique (capitalisme), côté historique (Japon USA des années 50).