Les Rayons et les Ombres
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709 critiques spectateurs

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Le Suisse
Le Suisse

4 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 avril 2026
Dans l'ensemble, le film est bon, autant au niveau des acteurs que de la qualité de l'écriture et de l'image. Mais de manière objective, le film est trop long pour ce qu'il raconte. On sent que le film veut trop en dire en accumulant les courtes scènes pour sans doute donner du rythme malgré les 3h, et finalement c'est l'effet inverse, le film manque de rythme.
Je me suis un peu perdu dans le film, il y aurait fallu faire des scènes plus longues pour mieux s'y retrouver et mieux comprendre l'histoire. Le film multiplie les scènes inutiles comme les soirées, les banquets, les scène de débauches... On comprend qu'ils veulent nous immerger dans une ambiance et une atmosphère mais cela ne prend pas totalement.
Ce film est comme une dissertation dans laquelle un étudiant va bourrer des exemples car il hésite et ne sait pas quels exemples choisir.
Niveau décor, rien à dire comme de l'image.
Côté acteur, Jean Dujardin est assez bon dans son rôle et l'actrice qui joue Corinne est aussi bonne mais l'alchimie entre les deux personnages n'est pas encore totale selon moi, il manque un peu de profondeur dans leur écriture. De même, l'amitié entre les deux amis n'est pas assez poussé, on a plus en tête une collaboration et des arrangements entre deux hommes plutôt qu'une amitié.

Conclusion, bon film dans l'ensemble mais le besoin des 3h15 n'est pas justifié au vue de l'histoire. Un film plus court avec moins de scènes inutiles aurait sans doute mieux fonctionné.
gran “grandula” dula
gran “grandula” dula

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 avril 2026
spoiler: Ce film m’a profondément marqué, justement parce qu’il prend le contrepied du récit simpliste qu’on entend souvent sur cette période. Comme beaucoup, j’ai grandi avec une vision très héroïsée de l’Occupation : une France globalement résistante, des nazis clairement identifiables comme le mal absolu, et l’idée rassurante que, placés dans ce contexte, nous aurions naturellement choisi le bon camp. Ce film vient fissurer cette certitude. Là où il me semble très fort, c’est qu’il ne montre pas la collaboration comme le fait de monstres radicalement différents de nous, mais comme le produit de mécanismes humains beaucoup plus ordinaires : la lâcheté, l’aveuglement, le confort, l’ambition, le besoin de ne pas voir. En humanisant ses personnages, il ne les excuse pas ; au contraire, il rend leur trajectoire plus troublante, parce qu’elle devient crédible. Et c’est précisément ce qui dérange. Le parallèle avec notre époque m’a aussi paru très juste. Le film rappelle à quel point certaines logiques politiques et certaines rhétoriques reviennent sous d’autres formes, avec d’autres mots, mais une structure semblable. C’est en cela qu’il est précieux : il ne parle pas seulement du passé, il interroge notre présent. Il nous oblige à reconsidérer cette question que l’on pose si facilement : “Qu’aurions-nous fait à leur place ?” La réponse est sans doute beaucoup moins flatteuse qu’on aimerait le croire. J’ai également trouvé très forte la manière dont le film démonte les justifications classiques du type “je ne savais pas”. La dernière partie, notamment, montre bien que l’ignorance est souvent moins une absence d’information qu’un refus de chercher à comprendre. Cette idée donne au film une portée morale et politique très puissante. Pour moi, c’est un grand film, courageux, intelligent, profondément politique, et même profondément de gauche dans ce qu’il dit du réel : non pas en distribuant de bons et de mauvais points de manière confortable, mais en rappelant que les pires basculements historiques se nourrissent aussi de l’aveuglement de gens ordinaires. Un film important, dérangeant, et à mon sens très réussi.
Polcorvi
Polcorvi

19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 avril 2026
Comment un homme peut-il, au nom du pacifisme, glisser progressivement vers la collaboration avec l’ennemi ?

C’est toute la question que pose Les Rayons et les Ombres, le nouveau film de Xavier Giannoli. Un projet qu’il portait depuis près de sept ans, dans la continuité de Illusions perdues, et qui trouve ici une résonance encore plus sombre et intime.

Pour incarner cette trajectoire trouble, Giannoli fait appel à Jean Dujardin, qui avouera avoir longtemps hésité avant d’accepter le rôle. Et on comprend pourquoi. Jean Duchaire est un personnage complexe, ambigu, presque insaisissable. Patron de presse influent, il entretient une relation étroite avec Otto Abetz, diplomate allemand chargé de faciliter les relations entre la France et l’Allemagne pendant l’Occupation, sous le régime de Régime de Vichy.

À travers cette amitié, le film explore une ligne de fracture extrêmement fine : celle qui sépare le compromis de la compromission, puis de la trahison. Duchaire n’est pas présenté comme un monstre, ni comme une victime. Il est un homme pris dans un contexte, dans une époque, dans un enchaînement de décisions qui, mises bout à bout, deviennent irréversibles. Le film ne cherche jamais à l’excuser, ni à le condamner frontalement. Il cherche plutôt à comprendre comment une pensée pacifiste peut, lentement, dériver vers une collaboration assumée.

Cette évolution passe notamment par la question de la presse. À la tête d’un journal inspiré de titres collaborationnistes comme Les Nouveaux Temps, Duchaire se retrouve confronté à une réalité brutale : sans financement, il n’y a plus de journal. Et sans journal, il n’est plus rien. Lorsqu’il affirme que tout ce qu’il veut, c’est continuer à publier, on comprend que derrière cette volonté se cache déjà une forme de renoncement. Accepter certaines lignes, certains discours, certaines compromissions, devient alors le prix à payer pour exister.

Mais le film ne se limite pas à cette trajectoire politique. Il prend une dimension plus intime à travers le personnage de Corinne Duchaire, interprétée par Nastya Golubeva. C’est elle qui, à travers des enregistrements, nous replonge dans cette période. Ce choix narratif donne au récit une tonalité presque confessionnelle, comme si l’histoire se reconstruisait à distance, avec lucidité mais aussi avec une part de déni.

Enfant, elle entend son père lui promettre qu’elle ne grandira pas dans une Europe en guerre. Pourtant, elle devient le témoin direct de ses choix. À plusieurs reprises, elle affirme ne pas savoir. Mais le film laisse planer un doute plus troublant : ne pas savoir, est-ce vraiment ne pas vouloir voir ?

Sa carrière d’actrice, notamment dans un film intitulé Prison sans barreaux, agit comme une métaphore assez évidente. Elle semble libre, mais évolue en réalité dans un cadre qu’elle ne remet jamais en question. Elle suit une trajectoire, comme héritée, sans véritable rupture.

La maladie qui frappe le père et la fille vient renforcer cette idée. La pneumonie, souvent mortelle à l’époque, apparaît presque comme une matérialisation du mal qui les ronge. Elle agit comme un miroir de leurs choix, comme si la dégradation physique répondait à une dégradation morale. Le fait qu’elle touche les deux personnages donne à cette dimension une portée presque héréditaire : Corinne hérite autant de la maladie que du poids des décisions de son père.

Le film s’inscrit dans une tradition du cinéma français qui a déjà abordé la collaboration, à travers des œuvres comme Lacombe Lucien, Monsieur Batignole ou encore Monsieur Klein. Mais là où ces films prennent parfois une position plus marquée, Les Rayons et les Ombres choisit une approche plus nuancée, presque silencieuse.

Une question résume parfaitement cette ambiguïté : à quel moment devient-on un collaborateur ? Est-ce un basculement clair, ou une succession de petits choix anodins ? Une présence à un dîner, un silence, un compromis de plus ?

C’est sans doute là que le film est le plus fort. Il montre que les grandes trahisons ne sont pas toujours spectaculaires. Elles naissent souvent dans des zones grises, dans des décisions que l’on justifie, que l’on reporte, que l’on minimise.

Avec ce film, Xavier Giannoli signe une œuvre dense, exigeante, parfois inconfortable, mais profondément humaine. Un film qui ne cherche pas à juger, mais à éclairer. Et qui, pour cette raison, continue de résonner bien après la projection.
Guillaume Vincenti
Guillaume Vincenti

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 avril 2026
Très bon film.
Belle scène historique sur cette partie de l’histoire, avec une vision qui tend à bouleverser, ou du moins bousculer le téléspectateur.
Film transversal et immergeant.
Beau travail de plan et de réalisation.
Le film n’est au final jamais long.
Yann Gaspard
Yann Gaspard

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1,0
Publiée le 6 avril 2026
Tenté de quitter bien avant la fin, dégouté par la complaisance faite aux scènes d'orgies, toux et crachats, et la lourde insistance sur l'ambiguïté morale de collaboration. Un film dégoulinant de poncifs. Je suis tres déçu car j’avais bien aimé les illusions perdues.
Mouais55
Mouais55

1 abonné 18 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 avril 2026
Le sujet est bien traité et la dynamique entre les deux héros masculins est le cœur du film. Le réalisateur aurait dû s’en tenir à cette seule histoire, et ne pas se perdre en longueur s’agissant de Corinne. Et évidemment, cela est long, long, beaucoup trop long. C’est vraiment dommage…
Carolinelorcy
Carolinelorcy

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 avril 2026
Un film puissant. Voire le mal s’installer insidieusement. La question du pardon est centrale. L’actrice principale est incroyable.
Marie Gallois
Marie Gallois

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 avril 2026
Très très bien.
Film qui dure plus de 3h mais on ne voit pas le temps passé.
Très bons jeux d’acteurs des trois personnages principaux
À aller voir au cinéma
au-dela-des-nuages
au-dela-des-nuages

54 abonnés 91 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 avril 2026
Si ce film est l'occasion de voir des comédiens exceller dans leur métier, il est malheureusement beaucoup trop long et ne contextualise pas l'époque et rend bien incompréhensible la portée de certains propos aux jeunes générations... qui pourraient se dire : que leur reproche-t-on finalement ? Et mis à part quelques scènes qui montrent la dégueulasserie de ses personnages on est bien loin d'imaginer l'étendue des désastres qui ont accompagné ces dégueulasseries.
Mphilippe Ndg
Mphilippe Ndg

2 abonnés 44 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2026
Une performance d'acteurs . On voit une version différente de l'occupation avec en aparté spoiler: la tuberculose . Merci aux progrés de la médecine
. La longueur ne pose pas de problème car le film se suit bien
Olivier Malgrain
Olivier Malgrain

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 avril 2026
Même si le film est très long, il n’en demeure pas moins vraiment excellent avec une interprétation magistrale.
illusionperdue
illusionperdue

3 abonnés 180 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 avril 2026
Une grande fresque historique et tragique, qui brasse avec intensité et densité cette période troublante et glaçante, mais hautement éclairante sur les engrenages qui transforment la moralité et la responsabilité en monstruosité.

On retrouve les thématiques chères aux réalisateurs, avec ce goût de l'argent et du pouvoir, la luxure et la débauche, la promesse d'un avenir déchu et perdu en se voilant la face, une voix off, et la presse avec ces jeux de manipulation et de désinformation, une résonance évidente avec notre époque actuelle.

Il est dans la parfaite continuité de son précédent film, qui rendait déjà un hommage marquant à l'art et au cinéma. Entre perception/illusion, son titre hautement symbolique, révèle et recèle différentes couches de lecture, sans parler de son rapport à Victor Hugo.

Pédagogique et didactique, c'est une œuvre qui interroge le spectateur sur sa propre condition, et pourrait susciter l'envie d'approfondir les personnages, que ce soit Otto Abbetz qui mériterait à lui seul son propre film, ou de découvrir que Jean Luchaire a eu plusieurs enfants, qui pourrait là encore, changer la perception des événements racontés et romancés du film, par la fille de Jean.

D'un autre côté, on s'étend trop en longueur, en répétition, et en insistance presque à outrance sur des situations déjà très claires, cherchant absolument à ce que le spectateur ait de l'empathie pour ces deux personnages principaux, mais à force d'ambiguïté, de dissimulation de leur intention, et d'une chronologie pas toujours suivie, cela finit par ne plus être crédible, altérant une forme d'authenticité, et d'émotion, cherchant finalement la démonstration. Et si tout le film cherchait à nous interroger sur ce que nous aurions nous-mêmes fait ? Il aurait déjà fallu se trouver dans une situation de privilège, côtoyant les cercles privés, les VIP, et la haute société dans la profusion, et l'aliénation.. Comment s'identifier à ça ?!
Philippe
Philippe

3 abonnés 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 avril 2026
on ne voit même pas passer les 3h40, on est happé par ce magistral chef d'oeuvre. Du très grand cinéma
V Lamoureux
V Lamoureux

4 abonnés 54 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 avril 2026
Il y a d'abord Jean (dujardin/Luchaire) un journaliste idéaliste persuadé, après les horreurs de la 1ère guerre mondiale, que seule la communication entre les pays est le garant de la paix. Il se lie d'amitié avec un professeur de dessin allemand qui partage ses convictions. Leur sincérité est d'autant plus forte que sera insidieux le changement de cap. Le film décrit avec finesse le lent dérapage des protagonistes, dont l'un est devenu ambassadeur d'Allemagne en France, qui passent de la communication à la collaboration. Au delà de l'honneur, ainsi que le terrible réquisitoire du procureur le souligne, il y a l'argent. L'appât du gain et la maladie semble être in fine ce qui a converti ce journaliste ambitieux en executant sans état d'âme.
Le récit nous est conté par la voix de sa fille Corinne, actrice déchue, malade elle aussi, et qui a suivi son père sur le chemin risqué de la compromission, sans jamais réaliser que le fait même de ne pas chercher à comprendre constituait un choix, dont elle se retrouve responsable. Jean Luchaire avait 5 enfants et son lien privilégié avec sa fille est ici un habile fil conducteur, même si le film, étiré dans un souci de véracité et de nuances, aurait gagné à être un peu plus concis. Quelques belles phrases concluent le film comme "il nous reste le cinéma", mais c'est surtout dans le réquisitoire lors du procès que l'on prend la mesure du personnage, lorsque Philippe Torreton, au terme de son intervention rappelle avec force que pendant que certains mourraient de faim ou partaient vers la mort "Jean Luchaire allait déjeuner tous les jours, chez Maxim ou, quand il était lassé, à la Tour d'Argent" C'est factuel, la phrase est saisissante de vérité. Elle nous assomme.
L'interprétation est excellente, Jean Dujardin est à son meilleur.
Un film fort, témoignage d'une époque.
philhag
philhag

33 abonnés 397 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 avril 2026
Vous avez lu le résumé.
Honnêtement c’est un film très très long.
Et le personnage de Jean Dujardin est un type guidé par l’appât du gain, pour profiter de l’argent, alors qu’il est incapable d’en gagner et lorsque c’est un ami par hasard allemand, puis ambassadeur du Reich à Paris, cela ne le gêne pas d’être soutenu par cet homme qui devient nazi pour avoir encore encore encore de l’argent.
Écœurant
 Pour le reste, c’est remarquablement bien joué, les décors sont magnifiques, absolument magnifiques ! C’est un film de très grande qualité.
Mais que c’est long
À la télé on peut s’absenter 15 minutes sans ne rien rater
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