Notre salut
Note moyenne
3,7
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106 critiques spectateurs

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Totoscope
Totoscope

12 abonnés 141 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 septembre 2026
Avec Notre Salut, Emmanuel Marre nous raconte l’histoire de son arrière- grand-père collabo dans un geste de cinéma complètement dingue, plein d’audace et absolument inédit, qui nous fait rire de la banalité du mal. Un film particulièrement moderne, aussi fort sur le fond que sur la forme.

Car il n’étudie pas ce sujet avec hauteur ou depuis la distance confortable de notre époque. Au contraire, il nous colle physiquement au cœur de la machine administrative collaborationniste et la filme comme si nous y étions, en temps réel. Il offre une représentation inédite de l’époque, loin de la reconstitution historique fictionnalisée. C’est un film historique qui réussit la prouesse, quasiment jamais vue, de filmer le passé au présent et au quotidien.

Il dépeint un loser opportuniste persuadé de pouvoir changer les choses et qui profite surtout de ce nouveau régime pour grappiller un minimum de pouvoir et d’importance. Swann Arlaud est exceptionnel dans le rôle de ce petit cadre administratif dont on conserve en grande partie le mystère sur les convictions réelles. A travers lui, Marre évoque ces “bons� employés qui ont travaillé pour le régime de Vichy avant tout par intérêt personnel et par lâcheté, préférant se voiler la face dans un aveuglement volontaire qu’on observe à travers une succession de pastilles du quotidien.

Notre Salut filme le fascime non pas comme une pure violence mais comme langage administratif et managérial : une novlangue qui euphémisme, rationalise et finit par déshumaniser l’horreur. C’est toute la médiocrité procédurière de Vichy qui apparaît, avec ses technocrates arrivistes et ivres d’un pouvoir qu’en réalité ils ne possèdent pas. Et alors que chacun cherche sa petite place à la lumière à coups de compromissions, Marre les filme comme un troupeau uniforme, transformé en rouages consentants d’une machine totalitaire.

On y parle de management, de productivité, de redressement productif, on s’attend presque à entendre parler de “start-up nation�. Le lien entre les logiques du monde du travail, du capital et celles de l'idéologie fasciste sont évidentes, dans la lignée des travaux de l’historien Johann Chapoutot. Le film fait donc résonner très fort le régime de Vichy avec le libéralisme contemporain, le macronisme, avec cet abandon des valeurs politiques et humaines au profit de l’économie, cette gestion comptable privilégiée à la gestion humaine. Et il devient clair que le film parle autant de notre époque que du régime de Vichy.

Cet aveuglement, associé à la rationalité bureaucratique, rappelle La Zone d’Intérêt. Il montre comment l’horreur est soutenue, voire produite, par de toutes petites gens aux toutes petites ambitions personnelles, interrogeant alors la notion de responsabilité.

Et sa mise en scène décalée est complètement en adéquation avec son propos. C’est filmé en mode mockumentaire, avec des dialogues semi-improvisés et une caméra flottante comme un reportage en direct. Ce côté The Office appuie à la fois le réalisme et le ridicule des situations. Cette modernité se retrouve aussi dans le phrasé et le vocabulaire très contemporains tandis que les rares musiques utilisées sont complètement anachroniques. Pourtant, on y croit constamment et ce dispositif permet de souligner ce qui peut se cacher derrière ce vocabulaire aujourd’hui redevenu à la mode.

Enfin malgré la gravité du sujet, c’est extrêmement drôle sans jamais être complaisant, bien au contraire. Le tempo comique est tout simplement parfait et permet de mettre en évidence tout ce que ce régime avait de pathétique et de ridicule.

Un immense film qui ne ressemble à aucun autre, passionnant et profondément politique, d’une façon autant historique que contemporaine, à travers cette étude de la résignation et de l’abandon du politique au profit d’une novlangue managériale.
laura_enya
laura_enya

1 abonné 8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2026
Pour reprendre les mots du réalisateur à l'acteur principal, Swann Arlaud : "On va faire The Office à Vichy !". Et c'est plutôt réussi selon moi : un film au style documentaire parodique qui décrit avec réalisme et humour l'absurdité des fonctionnaires de Vichy qui se cachaient derrière des chiffres et des réflexions logistiques pour ne pas se poser de question sur les actions inhumaines et discriminatoires du gouvernement.
Arthur Brondy

310 abonnés 1 537 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 septembre 2026
Swann Arlaud est brillant dans ce rôle de haut fonctionnaire du régime de Pétain. Cet homme brillant parvient à trouver opportunément une fonction à la hauteur de ses attentes. Il souhaite servir le Maréchal et sa politique de collaboration. Le film réussit à restituer cette époque là, et ce qu’était le régime politique de cette époque. L’ambiance est lourde, les dialogues sont par moment terrifiants. Le réalisateur qui livre là une histoire très personnelle, nous offre un film à la réalisation exceptionnelle. La mise en scène est d’une très grande modernité. Très réussi.
zwaryszczuk felix
zwaryszczuk felix

12 abonnés 234 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 septembre 2026
Film sur l'occupation et la déshérence d'une catégorie de citoyens qui pensent que Pétain protège le pays
Swann Arlaud est remarquable dans le rôle d'un fonctionnaire du régime de Vichy.
On note la difficulté de trouver ses marques dans un pays en proie au doute et mortifié par la défaite.
Le scénario est excellent
En revanche la caméra un peu nerveuse finit par fatiguer.
Les sorties de Philippe
Les sorties de Philippe

78 abonnés 109 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 septembre 2026
Mais quel ratage, je suis parti après une heure tellement c’était insupportable (vu en avant-première le 8 août à Toulouse). C’est un peu la méthode Lelouch, les acteurs n’ont pas de dialogues écrits mais doivent improviser à partir d’un canevas donné par le réalisateur. Sauf qu’ici on a l’impression qu’Emmanuel Marre sélectionne à chaque fois la moins bonne prise. Parfois on n’entend même pas les personnages ! Tout d’un coup une musique rock des années 80 surgit, quel rapport ? On ne croit absolument pas aux acteurs. Ce n’est pas un film, juste un essai tourné en Super 8 par le dernier de la classe. À fuir.
> Plus d’infos culture sur mon Instagram "Les sorties de Philippe"
Michaël C.
Michaël C.

13 abonnés 19 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 septembre 2026
Dans la continuité de cette année 2026 riche en films traitant de la seconde guerre mondiale, l’angle choisi est plus rare, vichy et la collaboration
JEBU
JEBU

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 septembre 2026
Film vu en avant-première. L’ascension d’un sans grade au sein de la collaboration filmée comme un documentaire: un parti pris très réussi !
Edith Sanchez
Edith Sanchez

4 abonnés 26 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 septembre 2026
J’ai beaucoup aimé la mise en scène, musique, éclairages, filmé de façon très moderne. Mais c’est long tout de même !
Le personnage principal garde tout ses mystères meme après 2h30…
Leniod
Leniod

16 abonnés 45 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 25 septembre 2026
"Notre salut" est basé sur les lettres que s'envoyaient les arrières-grands-parents du réalisateur pendant la guerre de 1940, principalement celles de son arrière-grand-mère, jouée par une Sandrine Blancke particulièrement joliment mise en valeur (coiffure, vêtements d'époque et elle dévoile son téton gauche.)

Cette femme est censée être amoureuse pendant des décennies, à travers les épreuves, d'un petit escroc un peu terne (même si il est tiré à quatre épingles) qui a dilapidé l'héritage de sa femme avant de faire faillite et tente de rebondir grâce à ses contacts politiques.

Cela n'a aucun sens ; c'est le monde à l'envers ! Même au début des années 1940, une femme de cette valeur ne se sacrifierait pas si longtemps pour un tel personnage. Rien n'explique cette attirance. Je sais que certaines femmes sont prêtes à tout pour de prétendus Brad Pitt, mais choisir l'élégante Sandrine Blancke pour ce rôle est une impardonnable erreur de casting.

Vers la fin, spoiler: elle le quitte définitivement
brusquement, soudainement. Encore une fois, le spectateur ne comprend pas pourquoi. Rien n'explique cette décision surprenante. Il faut l'accepter, parce que c'est comme ça que ça s'est passé. Ce n'est pas clair. Et frustrant.

Il y a plein d'anachronismes, notamment dans la façon de parler avec des « du coup » et des accents de banlieue. Et c'est très bavard, assommant.

Cependant, la seule bonne séquence du produit est une scène de danse (sur "Pop corn" de Hot Butter ; la chorégraphie originale est disponible sur le compte Youtube de l'ina) absolument magistrale, avec Sandrine Blancke éblouissante, magnétique.
Cela m'a rappelé le navet de Lucas Belvaux "Pas son genre" (2014) qui contenait le meilleur moment de la carrière d'Émilie Dequenne : son émouvante reprise de "I Will Survive".

Les accessoires sont de premier choix avec des meubles art déco et un splendide papier peint.

Il y a plein d'inutilités improvisées. C'est beaucoup trop long.
Attention : Sandrine Blancke n'apparaît qu'après une heure.
Julien Loeki
Julien Loeki

157 abonnés 57 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 septembre 2026
Un peu déçu par ce film long (2h39), bavard, et aussi un peu "cheap". Tourné en partie à Limoges, « Notre salut » s'inspire de la correspondance entre les arrière-grands-parents du cinéaste. En découvrant ces lettres, il y a découvert que son aïeul avait réellement servi le régime de Vichy ! La relecture des événements par ce prisme familial peut avoir un certain intérêt, et Swann Arlaud est absolument impeccable dans cet exercice.
Leoj
Leoj

4 abonnés 41 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 septembre 2026
J'ai eu la chance de découvrir le film en avant-première à Liège (merci et vive les Grignoux !), en présence du réalisateur Emmanuel Marre, avec lequel les spectateurs ont pu échanger pendant près d'une heure après la projection. Cet échange était extrêmement enrichissant et a permis de répondre à de nombreuses questions par rapport à la réalisation et à la photographie très particulières dont le film est empreint. J'ai mis 3 étoiles 1/2 seulement, même s'il est clair que ce film en mérite 5. J'étais bien conscient, pendant la projection, que j'étais face à un véritable chef d'œuvre. Mais malheureusement j'ai ressenti un peu d'ennui, ce qui n'a pas été le cas des 2 personnes qui m'accompagnaient, qui elles étaient véritablement subjuguées et enthousiastes, allant jusqu'à parler du meilleur film de l'année. Je ne doute pas que ça soit le cas, mais je suis un peu passé à côté, c'est juste une question de ressenti. Un film à voir absolument !
Kilian V.
Kilian V.

29 abonnés 49 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 septembre 2026
Je suis vraiment mitigé.

On ne peut pas passer à côté de la prestation de Swann Arlaud, qui porte le film. Il y a une façon d’aborder la collaboration différemment qui est intéressante, surtout en mettant en avant le côté loser pathétique d’un homme qui souhaite rendre fière sa famille, pensant être celui qui gère, alors qu’il n’est finalement qu’un pantin.

De l’autre, c’est long, parfois vraiment long. Ça m’a fait sortir du film à certains moments, L’idée de filmer cela comme un documentaire est intéressante, mais il faut aller au bout de l’idée, car certains choix m’ont justement sorti de ce que je voyais. C’est évidemment quelque chose de très personnel, que le réalisateur a présenté avant la séance, mais qui ne m’a pas totalement convaincu.

Certaines scènes sont très bien écrites, provoquant un parallèle immédiat avec aujourd’hui, avant de basculer presque immédiatement vers quelque chose de plus brouillon, où l’on est moins saisi par la narration.
capirex
capirex

201 abonnés 858 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 septembre 2026
Emmanuel Marre réalise là un film choc sur la Collaboration inspirées de ses propres archives familiales puisqu'il a exhumé les lettres de son arrière-grand-père, fonctionnaire à Vichy . Il montre là la Bureaucratie dans toute son horreur ! L’utilisation d’une lumière tantôt crue, tantôt naturelle confère au récit une texture documentaire perturbante. La bande-son anachronique surprenante octroie des cassures de rythme audacieuses. Sous les traits d’un Swann Arlaud d’une précision chirurgicale, toujours tiré à quatre épingles, mais dévoré par l’ambition .
Tumtumtree
Tumtumtree

206 abonnés 587 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 septembre 2026
Amer chef-d'œuvre que cette chronique du passé, annonçant potentiellement un avenir proche... Notre Salut, vu en avant-première, est le récit détaillé de l'itinéraire d'un collabo vichiste dans la France de l’Occupation. Tiré du parcours de l'arrière-grand-père du réalisateur, documenté par les courriers qu'il échangeait avec son épouse, le film échappe à la grammaire convenue d'un certain cinéma français, pour préférer explorer des pistes innovantes. Filmé sur les lieux mêmes des événements, en lumière naturelle, il met en scène des comédiens qui improvisent l'essentiel de leurs dialogues, seulement cadrés par la description de la situation. Cette méthode, qui n'est pas sans évoquer un certain Albert Serra, réserve quelques beaux plans et beaux moments décalés. Les choix musicaux totalement tonitruants et résolument anachroniques ajoutent à la singularité de la chose.
Tous les comédiens et comédiennes sont remarquables, Swann Arlaud en tête.
Reste que le film est un petit peu malaisant. D'abord, car malgré tous les efforts pour dynamiser le récit, il nous convie parfois à une douce monotonie (peu marquée). Et puis surtout car le passé qu'il décrit annonce potentiellement un avenir prochain ce qui pèse involontairement sur l'expérience cinématographique qu'on en fait. Cela n'a pas lieu d'être une critique, d'autant que c'est précisément pour dénoncer les dangers de l'extrême droite qu'un tel film est conçu. L'alerte est donnée ici avec bien plus de subtilité que dans Les Rayons et les ombres, tant par la trajectoire des personnages que par le vocabulaire formel bien plus original.
Sylvie F
Sylvie F

2 abonnés 23 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2026
J ai vu ce film en avant première au cinéma Mourguet et je l ai trouvé très prenant, avec de belles scènes poétiques et une analyse très éclairante des événements et des comportements de cette époque, qui éclaire également notre actualité. Passionnant
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