Danse avec une louve
Jusqu’à ce film, Camille Ponsin n’avait réalisé que des documentaires. Avec ces 100 minutes, il se lance dans la fiction, bien que le scénario soit basé sur des faits réels. Au cœur des Cévennes, Anja décide de vivre à l'écart des autres, au milieu des bois. Insaisissable et sauvage, elle bouleverse peu à peu l'équilibre de la vallée et de ses habitants. Sa mère reste son seul lien avec le monde extérieur... On pourra reprocher au film, son début un peu lent et répétitif jsuqu’à que, heureusement, tout s’emballe et que les tensions s’exacerbent. Là, ça devien fort et passionnant. Et puis, les Cévennes sont magnifiques !
Le film s’inspire d’une véritable histoire à laquelle le réalisateur, Camille Ponsin, a été confronté. Comme raconté dans ce film, tout s’est déroulé dans Les Cévennes, région que le cinéaste connaît bien puisqu’une partie de sa famille y vit et qu’il y a passé beaucoup de temps dans son enfance. Au cœur de cette vallée où se sont installés des néo-ruraux dans les années 1970, tout le monde connaissait l’histoire de Nana et de sa fille, une jeune femme que beaucoup ont vu grandir avant qu’elle ne bascule totalement, passant du stade d’enfant de la vallée à celui de problème de la vallée, selon les propos du cinéaste. Même si le point de vue de la mère est mis en avant, le cinéaste tenu à faire entendre ceux des élus, médecins, habitants qui ont été confrontés à ce drame. Au final, la vallée s'est une nouvelle fois scindée en deux clans : les partisans de la réalisation du film et ceux, qui ont été réticents. Le sujet a le mérite d'être traité délicatement, sans jugement ni prêt-à-penser, écueil pourtant prévisible. Une chose est certaine, après la dernière – et magnifique – dernière image du film, je ne suis pas sûr que vous ayez une position très tranchée sur ce qu'il aurait fallu faire et où se situe la frontière entre ce qui acceptable et ce qui ne l’est pas. Et c’est bien le point le plus fort de ce film.
Les autres points forts résident dans les choix esthétiques et l’impeccable prestation du casting. On le sait, Céline Sallette excelle dans ce genre de rôle de passionaria et elle est encore une fois bouleversante. La jeune – bien qu’elle est 24 ans -, Lou Lampros confirme une présence étonnante après Ma nuit ou Vivre, mourir, renaître. Parmi les très nombreux comédiens et comédiennes crédités dans ce film, on notera la présence juste et forte de Bertrand Belin. Ce sont bien les liens indéfectibles entre une mère, elle-même éprise d'indépendance et vivant en communauté, et sa fille, dont elle ne comprend pas la radicalité sans pour autant la condamner, qui prennent toute la place dans un film bien équilibré sur une aventure humaine aussi exaltante que folle. A voir.