Thriller psychologique d'anticipation, coécrit et réalisé par Yann Gozlan, Dalloway est un très bon film malgré ses quelques tares. L'histoire se déroule en 2028, à Paris, dans un monde frappé par une nouvelle pandémie, et nous fait suivre Clarissa Katsef, une autrice qui habite dans une résidence artistique afin d'écrire un nouveau roman après six ans d'inactivité. L'appartement qu'elle occupe est géré par Dalloway, une intelligence artificielle servant également d'assistant personnelle. Alors qu'elle peine à avancer dans l'écriture de son projet de biographie de Virginia Woolf, une série d'événements et de rencontres vont l'amener à travailler sur un projet plus personnel. Dans le même temps, un autre résident, méfiant vis-à-vis de la place prise par l'., va amener Clarissa à s'interroger sur les véritables projets d'Anne Dewinter, la directrice de la résidence. Ce scénario, adapté du roman Les Fleurs De L'Ombre de l'écrivaine Tatiana de Rosnay, s'avère prenant à visionner tout du long de sa durée de près de deux heures, même si son dernier acte baisse un peu en niveau et que le raccourcir d'un quart d'heure aurait été judicieux. Le récit nous immerge dès les premières secondes dans cet univers de science-fiction plus vrai que nature, fortement intrigant et intéressant, tant il est proche de notre monde actuel. Puis, au fil des minutes, la narration fait basculer ce mode de vie idéalisé en cauchemar pour la protagoniste principale. L'atmosphère semant le doute sur les intentions de l'entreprise derrière cette intelligence artificielle s’immisçant dans la vie et les pensées des résidents fonctionne bien en jouant sur le fait que ce soit un complot ou non de bout en bout. Les sujets traités questionnent mais sont vraiment trop nombreux, ce qui fait qu'ils ne sont pas tous exploités comme il le faudrait. Les thématiques abordent ainsi la domotique, l'intelligence artificielle, le contrôle technologique, la crise sanitaire, le réchauffement climatique et le drame personnel. Hélas, ils ne sont pas tous logés à la même enseigne et la narration souffre de quelques petits problèmes d'écriture. L'ambiance est pour sa part assez étrange. D'un côté il en manque clairement avec cet univers aseptisé, très calme. Mais de l'autre, c'est justement cela qui créer l'atmosphère. L'ensemble est porté par des personnages suffisamment développés et bien interprétés, notamment la principale concernée jouée par une Cécile de France qui porte à elle toute seule le métrage tant elle est omniprésente à l'écran. Elle est entourée par une distribution resserrée comportant également Anna Mouglalis, Lars Mikkelsen, Frédéric Pierrot et Freya Mavor, alors que Mylène Farmer, malgré son absence physique, est constamment présente puisqu'elle est la voix de l'. Tous ces individus entretiennent des rapports suspicieux qui créent quelques émotions. Des échanges soutenus par des dialogues inquiétants lors des discussions entre l'autrice et son assistante personnelle. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français se veut de bonne facture. Sa mise en scène fait le boulot en faisant monter la crainte. Surtout, elle évolue au sein d'un univers très bien représenté et bien pensé avec tout l'aspect technologique superbement intégré, en plus de faire se dérouler une très grande partie de son action dans un bâtiment singulier, devenant un personnage à part entière. Ce visuel honorable est accompagné par une bande originale signée Philippe Rombi, dont les compositions collent bien à l'atmosphère, sans pour autant être impactantes. Reste une dernière partie ayant trop tendance à s'étirer inutilement en longueur, accouchant d'une fin plutôt prévisible mais tout de même réussie, venant ainsi mettre un terme à Dalloway qui, en conclusion, est un long-métrage méritant d'être découvert.